Ô pauvres mamans innocentes…..

Ô   pauvres mamans innocentes…..

franceC’est un vendredi pas comme les autres. Alors que je m’apprêtais à regagner mon domicile, un événement que je ne suis pas prêt d’oublier vient de se passer. Je suis resté impuissant sans rien faire, traumatisé par l’explosion des grenades. Je n’ai pas eu le courage d’aller voir, mais je savais que cette sonorité amère,n’apportait rien de positif. Des vies humaines étaient en jeux.

Le sang coule sur le lieu de l’explosion en plein coeur de la ville de Bujumbura© France 24
Le sang coule sur le lieu de l’explosion en plein coeur de la ville de Bujumbura© France 24

Au moment où vous lisez ces lignes, des gens sont allongés sur des lits d’hôpital. Elles avaient commencé la journée, dans l’espoir de pouvoir la clôturer en bonne et due forme. Elles reçoivent les soins intensifs aux différents hôpitaux de la ville.

Je n ai pas eu le courage de compter. Mais à première vue , le bilan des blessés sera lourd. Elles, ce sont ces braves mamans, sœurs, venues de différents coins de la capitale Bujumbura, dans l’unique espoir de gagner un peu d’argent, afin de nourrir leurs progénitures. Ce sont des mamans qui se battent bec et ogres, au nom des siens.

Aujourd’hui, certains enfants ne verront pas leurs mamans rentrer. Elles ont ramassé les écrans de grenades, lancées à trois endroits au centre-ville dans un rayon de 50 mètres, au sein des mères vendeuses de legumes. Pourquoi elles ? Qu’estce qu’elles ont fait à cette nation, à part leur routine : Acheter des légumes très tôt le matin et les détailler le long de la journée.

Le sang des innocents a été versé. Elles nene savent pas interpréter dans le détail les accords d’Arusha, encore moins la constitution. Leur préoccupation c’est la survie, gagner la bataille jour pour jour, à savoir rentrer avec un petit bénéfice pour pouvoir redémarrer au petit matin.

Ces mamans apportent peu d’intérêt à la situation actuel au pays. Leur préoccupationmajeure c’est entretenir leurs familles. Ces mamans avaient franchi les barricades, parce qu’ils n’ont pas d’autres cartes à jouer que se battre au nom des leurs. Ces mamans en dépit de la conjonctureéconomique, osent venir en centre-ville, en gardant l’espoir que le client viendra. Ces mamans après une journée ensoleillée pensaient s’en aller retrouver leurs familles pour qu’enfin elles comblent par leurprésence, l’absence marqué depuis le petit matin.

En écrivant ces lignes, avec un cœur meurtri, je pense à ces mamans parties en ambulance entachées de sang. Une pensée spéciale va également à l’ endroit de ces bons samaritains, qui sans réfléchir ont secouru ces inconnues. Les ambulanciers qui ont fait des allers et venues pour s’assurer que personne d’autre n’a besoin d’être évacué.

Au nom du peuple Murundi, j’ose demander la paix, la tranquillité. La barbarie n’honore personne. Chers décideurs, acteurs, toutes tendances confondues, un blessé de plus est un blessé de trop, un mort de plus est un mort de trop. Agissez dans l’immédiat.

Armand NISABWE

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