Nouvel an nouvel élan ! Le slam burundais se veut être un bon cercle familial !

Nouvel an nouvel élan ! Le slam burundais se veut être un bon cercle familial !

Ce jeudi 09 janvier 2020, comme d’habitude, le collectif Jewe Slam a organisé une scène slam à l’Institut Français du Burundi. Première scène de l’année 2020, elle avait comme thème « Discussion parents-enfants ». Des parents, certains accompagnés de leurs enfants,  étaient venus goûter aux délices de cet art de «la parole libre».

Malgré la menace de la pluie, cette scène slam a vu la participation d’un grand public. C’était une soirée spéciale pour les amoureux de belles lettres et surtout  du « spoken word ». En solo ou en duo, autant que les slameurs se succédaient sur scène, l’ambiance s’amplifiait.  Le public s’émerveillait de la magie des mots des jeunes férus de la poésie chantée en différentes langues notamment le kirundi, le français et l’anglais.

Prosper Kambilo alias Slameur Pro chargé des projets et scènes slam dans le collectif Jewe Slam explique le choix du thème : « Nous avons choisi ce thème pour intéresser tout le monde». Prince Charmant Iradukunda, chargé de la communication dans ledit collectif, le complète : « Nous avons remarqué que rares sont les enfants qui dialoguent avec leurs parents, d’où le choix de ce thème. Nous voulons donc inspirer et les enfants et les parents afin de les inculquer cette habitude de dialogue quotidien».

 

Le slam dépeint le dialogue familial !

Huguette Izobimpa, la championne de slam burundais en 2018 dépeint en quelques mots la discussion entre parents-enfants. « Bienvenu dans nos familles là où tout se résume à tu as mangé? Tu as bien  étudié ? Fais-moi voir tes notes ! Trouve un boulot !  Tu as grandi, pense donc à tes sœurs et frères ! Pense aussi un peu à toi, à ton futur et dis donc quand vas-tu nous  présenter  quelqu’un », slame-t-elle.

 

Sous un tonnerre d’applaudissements, Idrissa Landry Ntirampeba, un enfant de 7 ans et élève de la troisième année primaire à l’école les Pépins de Ngagara monte sur scène et remercie ses parents. « Merci beaucoup mes parents. Vous qui vous êtes sacrifiés pour que je ne manque de rien, vous qui vous êtes privés du vin pour que j’aie tout, votre bonheur sera mon bonheur », déclame le petit Landry.

 

Kerry Gladys Ntirampeba, heureuse de voir ses parents venus la voir sur scène, déclame un slam pour magnifier l’amour intime de ses parents. A la fin de la scène, elle s’enthousiasme : « Déjà que cela faisait une année sans monter sur scène, j’ai été fière de voir mes parents venir me soutenir. Je leur ai adressé mon slam car j’aime la façon dont ils s’aiment ».

 

Karell Bella Mpawenimana, une mère de trois enfants, représentera les parents pour prodiguer des conseils aux parents et aux enfants. « Chers parents, les enfants sont des  cadeaux du ciel. Ne les laissons pas regarder seulement la télévision ni surfer sur internet seulement. Prenons un peu de temps et discutons! Et vous chers enfants, écoutez nos conseils et ne vous fourvoyez pas dans la modernité », conseille Madame Karell Bella.

 

Avec 2020, le slam fleurit

Prince Charmant Iradukunda, chargé de la communication du collectif Jewe Slam, promet de bonnes choses pour le slam burundais dans ce nouvel an 2020. « Tout d’abord, le slam avance bien! Nous en sommes fiers. Avec 2020, nous allons prouver que faire du slam, ce n’est pas que s’amuser », confie-t-il.

Et de renchérir que le championnat national de slam commence bientôt. Il ajoute que d’autres compétitions sont prévues dans quelques mois à venir. Ce sont notamment la compétition interscolaire organisée par le groupe Yetu Slam qui se déroule aux mois de février et mars et  le « Slam Contest » organisé par le groupe « Slam for New Generation » (S4NewG).

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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