New Generation préconise un leadership serviteur pour un Burundi prospère

New Generation préconise un leadership serviteur pour un Burundi prospère

Dieudonné Nahimana, fondateur et Président de l’association New Generation ©Akeza.net

De nos jours, lorsque l’on parle des clés du développement du continent africain, l’on cite très souvent le leadership. Une qualité que les jeunes africains en général et burundais en particulier sont appelé à incarner coûte que coûte. Cependant, il s’avère que la compréhension ou même l’application de ce leadership prend différentes formes. Et l’une des formes jugées efficace est celle qui se tourne vers le service. En d’autres termes, le leader se positionne plus en serviteur qu’en meneur incontesté.

C’est du moins ce qui ressort des discussions et échanges organisées dans le cadre d’une  conférence initiée par l’association New Generation, le 19 octobre dernier, au cours de laquelle différents intervenant ont exposé leur position sur l’importance d’un leadership de service mais également la probable marche à suivre pour être un leader serviteur.

 

« Si quelqu’un veut être grand, qu’il soit serviteur », dixit Jésus de Nazareth

Le leadership, comme cela est perçu de nos jours, serait la capacité d’un individu à la tête d’une organisation d’influencer les personnes de manière à ce que celles-ci exécutent des tâches sans contrainte, avec toute la motivation voulu pour atteindre des objectifs. * En des termes plus simples, le leader est un meneur qui par sa capacité à diriger, amène les autres à travailler afin d’atteindre l’objectif fixé. Un concept qui, depuis quelques années maintenant, est devenu le fer de lance du développement africain et donc burundais. S’il existe plusieurs formes de leadership, il semblerait qu’une d’entre elle soit la mieux indiqué pour parvenir à un développement efficient et palpable pour la jeunesse burundaise. Cette forme de leadership n’est autre que celle qui place le leader en serviteur de la communauté.

C’est ce que nous explique le Docteur Emmanuel Ndikumana s’inspirant de personnage tels que Jésus de Nazareth, Gandhi, Mandela ou encore Mgr Oscar Romero qui par leur dévotion pour les autres sont devenu des leaders charismatiques dans l’histoire de l’humanité. L’histoire de ses hommes met en avant certaines des qualités importantes que doit posséder tout leader.

Selon le Dr Ndikumana, un leader est celui qui sert et qui ne cherche pas à se servir ou se faire servir. Il place en premier l’intérêt du plus grand nombre. Il travaille pour une cause plus grande que lui, une cause qui le dépasse. Cette position met le leader dans une posture d’humilité et de dévotion, faisant de lui un exemple d’amour et de pardon. Le leader est également un vecteur de grandes idées. Des idées révolutionnaires qui marquent les esprits. Mais encore, plus que des idées, le leader pose des actes. Ceux-là qui marquent le temps et dont les fruits bénéficient à la communauté pour laquelle il se dévoue.

En définitive, un bon leader serait celui qui s’efface devant les autres, qui se positionne en serviteur de la communauté et de la vision que celle-ci partage.

 

Changer les mentalités pour prospérer

Dans le cas du Burundi, un leadership serviteur serait l’une des clés pour le développement du pays. Cela devrait passer par la jeunesse qui, au-delà des clivages de la société, doit prendre les devants. Une jeunesse que de nombreuses barrières limitent dans leur épanouissement. Selon le Pasteur Dieudonné Nahimana, ces barrières doivent être brisées pour que le leadership de service soit une réalité au Burundi. L’une de ces barrières est l’esprit de pauvreté. « Plus qu’une réalité palpable, la pauvreté est un état d’esprit », explique le Pasteur Nahimana. La pauvreté mentale rend les individus égoïstes et incapables de penser collectivement.

« En mettant derrière eux les clivages de la société, les jeunes burundais devraient développer un esprit d’entraide et de solidarité. Ceci leur permettrait de s’unir et travailler pour le développement de leur pays », a indiqué le Pasteur Nahimana. En outre, ils devraient retrouver la fierté d’être burundais. Pour lui, c’est l’un des facteurs de frein du développement dans ce sens où de nombreux jeunes ont le regard porté sur l’extérieur. Une mentalité qui devrait ne plus faire partis des habitudes des jeunes burundais. Cultiver une mentalité de service donnera naissance à une génération de leaders serviteurs ayant les yeux tournés vers l’avenir et travaillant pour un Burundi prospère.

Il encourage par ailleurs les jeunes à être des visionnaires ayant en eux le souci du pays au-delà de leurs aspirations personnelles.

 

Moïse MAZYAMBO

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