Nadine DUSABE : ‘’Il faut protéger les enfants et non les exploiter ’’

Nadine DUSABE : ‘’Il faut protéger les enfants et non les exploiter ’’

Nadine DUSABE : ‘’Il faut protéger les enfants et non les exploiter ’’

Depuis près de 10 ans, Nadine DUSABE mène un combat en faveur de meilleures conditions de vie pour les enfants en situation précaires : des enfants qui trouvent le repas dans les dépotoirs aux enfants simplement en situation de travail ou exploités. Joint depuis le Royaume des Pays-Bas, cette combattante de la liberté des enfants nous parle de son combat.

 

Akeza.net : Dans quel cadre se situe ton voyage ?

 

Nadine : Je fais un stage professionnel à Unicef Hollande, je suis également un cours de Management Leadership à l’université de Webester et je vais faire une présentation sur la situation de travail des enfants au Burundi lors de la journée appelée Africa Day. Je rentre au Burundi vers la fin du mois de décembre.

 

Akeza.net : Tu représentes une organisation ou c’est à titre privée ?

 

Nadine : C’est à titre privé mais j’ai obtenu cela grâce à mon engagement dans le domaine de protection des droits des enfants, surtout les enfants en situation de travail. Ma participation à un diner organisé par l’ambassadeur de la Hollande au mois de juillet m’a ainsi ouvert les portes.

 

Je fais partie du comités des sages dans le Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs-MAEJT au Burundi et avec 5 filles, nous avons créé une association pour contribuer à l’éducation des enfants passant leur journée au dépotoir de Buterere.

 

Akeza.net : Quand et comment as-tu commencé à œuvrer en faveur des droits des enfants ?

 

Nadine : En 2006, j’ai connu le Mouvement des Enfants et Jeunes Travailleurs grâce à l’OPDE qui était la structure d’accompagnement au Burundi et qui avait contribué à son implantation au Burundi. Ce fut mon point de départ. Après je suis devenue délégué national, ensuite coordinatrice national pendant 3 ans. Depuis 2010, je suis devenu membre du comité multisectoriel pour le plan d’action national contre les pires formes de travail des enfants de 2010-2015.

 

 

Devenue adulte, je suis aujourd’hui comme une conseillère dans le MAEJT. J’ai créé ainsi depuis 2013 avec 5 copines une association locale où nous avons 50 enfants qui étaient au dépotoir mais qui sont à l’école maintenant. Je fais tout cela bénévolement, sinon je travaille à l’OPDE.

 

Akeza.net : As-tu un appel pour la société, le pays, un cri du cœur ?

 

Nadine : J’ai rencontré dans mon parcours beaucoup d’enfants qui sont dans un état pitoyable et intolérable. Si nous voulons avoir un pays paisible et prospère, il faut protéger les enfants, les éduquer sans distinction aucune, et non les utiliser ou les exploiter.

 

Akeza.net : Qu’est ce qui devrait être fait pour améliorer cette situation ?

 

Nadine : Quelques actions sont déjà faites mais ça reste très limité. Je prendrai pour exemple les instruments juridiques disponibles. Il faut un renforcement de la loi, il faut faire de la sensibilisation mais encore travailler au renforcement des capacités des intervenants, un appui aux familles démunies et une réintégration des enfants déjà dans les pires formes de travail. Il ne suffit pas de dire stop aux pires formes du travail des enfants, il faut en plus donner une alternative à ces enfants.

 

Akeza.net : Quelle est ta plus grande ambition, ton rêve ?

 

Nadine : Mon plus grand rêve est de vivre dans un Burundi où les droits des enfants sont respectés, où le gros du budget du gouvernement est destiné à l’éducation des enfants. Je veux voir les conditions de vie des enfants améliorés, surtout les enfants dans les pires formes de travail.

 

Propos recueillis par Landry MUGISHA

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