Musique: une commission de censure ne serait pas bien vue

Le ministre de la culture, Adolphe Rukenkanya animant un point de presse.©Akeza.net

Le ministre de la culture, Adolphe Rukenkanya animant un point de presse.©Akeza.net

 

Avec la sortie médiatique du ministre de la culture Adolphe Rukenkanya, s’ exprimant sur le cas des artistes en cavale, des débats sur cet affaire ont lieu partout. La radio Isanganiro avait organisé une émission spéciale. Il semble que l’opinion ne le prend pas sous un même angle.

 

 

 

Les grands absents.

 

Nous sommes à 15 heures, il est temps de passer aux choses sérieuses. L’émission tant attendu sur le sort des artistes qui se sentent menacés va débuter. Les grands absents, Léonard Sinzinkayo et Bruno Simbavimbere dit Member respectivement Directeur Général de la culture et président de l’Amicale des Musiciens du Burundi. Sont présents Hugues Nkengurutse, journaliste à la Radio Télévision Renaissance, Issa Jamal dit Yoya, chanteur , Ngema (chanteur à succès des années 1980), Dj Jackson , promoteur , et Léonce Ngabo, chanteur, fondateur de l’ amicale des musiciens et Président du FESTICAB. Le journaliste Christian Nsavye les passe en revue à travers son micro. C’est le tour de rôle. Chacun donne son point de vue. Mais l’animateur de l’émission prend soin de rappeler les  » grands «absents. Intéressant.

 

Quand le berger ne connaît pas ses troupeaux

 

L’émission spéciale se tient dans l’après-midi du vendredi 06 Février 2015. Dans l’avant midi, le ministre a tenu une conférence pour clarifier ses propos qui font polémiques. Des extraits de l’interview du ministre sont balancés de temps en temps.

 

Le ministre parle d’un malentendu par rapport à son intervention récente (lors de la présentation du bilan 2014). Et d’ajouter:  » Je ne connais pas ce Mkombozi, je ne le reconnaitrai pas si on venait à se croiser. Je n’ai rien contre lui, je vous le promets, je prendrai contact avec mes homologues du ministère de la justice, et de l’intérieur pour savoir si ces gens sont poursuivis. »

 

Les invités n’en reviennent pas. Hugues Nkengurutse n’y vas pas à quatre chemin. » Un ministre de la jeunesse et la culture qui ne connaît pas Mkombozi? J’espère qu’il connaît au moins Lion story. »

 

Et la source d’inspiration de l’artiste?

 

 » Un artiste s’inspire de son vécu, son quotidien. Il chante ce qu’il voit. Il rapporte les faits de la société. Mais quand vous voyez les artistes comme Lion story prendre le large maintenant, après autant d’année sans inquiétude sur leur sécurité, comprenez que leur message est passé. » ajoute Hugues Nkengurutse, de la Radio Télé Renaissance.

 

Yoya, chanteur né de la jeune génération parle ouvertement. » Que voulez-vous qu’on chante? Nous sommes nés et grandis dans la guerre.  »
 

Ngabo Léonce son bagage d’expérience tempère.  » Être artiste ne doit en aucun cas être un prétexte pour produire des œuvres qu’on ne pourra pas expliquer. On doit garder notre responsabilité citoyenne. Je le dis souvent à ces jeunes, avant de sortir une chanson, il faut toujours passer à la loupe son texte», dixit l’ auteur de Simoni yananiye.

 

Vers la censure?

 



Dj Jackson, promoteur s’inquiète :  » Nous qui voulons commercialiser ces œuvres risquons de nous retrouver face à des produits irrecevables. Alors, je trouve qu’il faut mettre en place une commission d’enquête et d’autocensure. »

 

 

Une idée rejetée dans l’immédiat par Yoya. » Je ne suis pas d’ accord quant à la mise en place de cette commission. Quel serait le but de cette dernière, qui seraient les membres, sur quels critères’’, questionne l’ interprète de  » Wiyumva Gute? »

 

Même avis pour Hugues Nkengurutse.  » Je vois mal une commission qui viendrait me dire quel chanson il faut jouer ou pas, à ma radio. Nous avons notre déontologie, nous avons des textes régissant notre métier. Nous agissons en connaissance de cause. »

 
Au-delà des 120 minutes qu’a duré l’émission, on retiendra que le secteur de la culture est un domaine vaste, nécessitant des colloque, des séminaires et des formations, afin de l’exploiter au profit général. Concernant le sort des artistes en cavale, attendons voir…

 

Armand NISABWE

 

 

 

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