Musique : Runtown Deejays, un collectif pour plus de reconnaissance

Musique : Runtown Deejays, un collectif pour plus de reconnaissance

Runtown Deejays Logo ©

Dans l’univers de la musique, il y a ceux qui chantent, ceux qui produisent la musique et enfin ceux qui ont le rôle de diffuser la musique, de la faire connaitre au public. Ce rôle est rempli par les DJs. Qu’il travaille pour une radio, un club ou à titre privé, le DJ est un des maillons importants de l’industrie musicale. Si ailleurs ces derniers sont reconnus comme des acteurs de premier rang, au Burundi cela est loin d’être le cas. Et pour que leur rôle soit reconnu à sa juste valeur, des DJ’s burundais se sont réunis dans un collectif nommé « Runtown DJ’s ». 7 DJs réunis avec l’objectif de faire du métier de DJ un métier de valeur.

Compétitivité, reconnaissance et évolution du métier de DJ au Burundi, tels sont les motivations ayant poussé à la création du collectif « Runtown DJs ». « La raison pour laquelle nous avons créé Runtown DJs est de monter à niveau, comme vous le savez ici à Buja, si vous comparez en Afrique de l’Est, les Deejays sont des personnes très importantes dans les événements “No Deejay No Events”, alors ici à Buja, nous n’avons pas ce respect comme Deejays », nous explique Issa Nibigira alias Deejay E-Sir, président de Runtown DJs.

Pour DJ E-Sir, il est temps que les DJs burundais soient reconnus à leur juste valeur. Mais pour que cette reconnaissance soit effective les DJs doivent être compétitifs sur le marché. En d’autres termes, ils doivent s’élever au même niveau que la concurrence dans la sous-région. D’où l’idée de les mettre en compétition pour favoriser cette progression. « Fondamentalement, il s’agit de créer une bataille ou une compétition au sein des deejays locaux, pas dans un sens négatif, mais dans un sens positif! C’est la raison pour laquelle Runtown DJs a pour objectif de faire évoluer la carrière de deejay à un autre niveau », nous dit DJ E-Sir. « Nous voulons atteindre ce niveau (très élevé) de professionnalisme qu’ont déjà atteint tous les autres DJ de la sous-région pour commander », renchérie DJ Philbyte, membre du collectif.

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S’il est possible que certaines personnes dans l’industrie musicale burundaise considèrent une telle entreprise comme une tentative visant à voler la vedette aux chanteurs et autres rappeurs, le collectif affirme que la démarche n’est pas concurrentielle mais plutôt collaboratrice. « Ce n’est pas voler la vedette mais c’est collaboration. Le chanteur a besoin de 2 personnes importantes : le producteur et le DJ. Le producteur crée la musique et le DJ aident l’artiste en concert en mixant cette musique », affirme DJ E-Sir qui par ailleurs considère que le résultat prouvera le pourquoi de leur démarche. « Une fois que les gens connaîtront notre travail, ils nous connaîtront »

Pour DJ Philbyte, faire partie de ce collectif comporte de nombreux avantages. Les 7 DJ réunis dans le collectif pourront compter les uns sur les autres dans la progression du travail de chacun. Aussi bien dans l’organisation des activités que dans l’attraction des partenaires susceptible d’aider les DJ’s. « L’avantage d’être dans un collectif est nous nous répartissons les tâches quand il s’agit de faire une activité, ce qui permet l’accélération du travail. En plus en tant collectif, nous attirons beaucoup l’attention du public mais aussi des potentiels partenaires dans ce business de divertissement », dit-il.

Le collectif devrait donc être un tremplin pour les DJ, leur permettant d’évoluer rapidement dans un environnement propice.

Pour concrétiser leurs aspirations, les membres du collectif mettent en œuvres un certain nombre de projets. Parmi lesquels figure la production de morceaux qui met en collaboration DJ, artistes et producteur. Le premier de ses projets et le morceau « Oloha » qui a mis en collaboration le DJ Philbyte, le rappeur B-Face et le producteur Trick On The Beat. Un premier projet qui reçoit un bel accueil de la part du public qui annonce de belles choses de la part des DJ’s. Notons que le morceau devrait bénéficier d’un clip dans les prochains jours. Comme le dit si bien DJ Philbyte, « nous allons travaillerons avec ceux qui veulent et qui comprennent notre vision. »

Le collectif, qui en est à ces premiers pas, organise une soirée de lancement officiel de ses activités. La soirée dénommée « Explosive Night »  et qui se tiendra le 7 décembre à l’Institut Français du Burundi présentera le collectif au public.

La machine étant lancée« Runtown DJ’s » veut résolument changer l’image du DJ au Burundi et lui rendre ses lettres de noblesse. Touchons du bois pour eux.

 

Moïse MAZYAMBO

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