Musique : Que faut-il pour faire un « Hit » ?

Musique : Que faut-il pour faire un « Hit » ?

Dans le monde la musique, l’on juge souvent la grandeur d’un artiste à sa capacité à faire des morceaux à succès. Le « Hit », comme on l’appelle communément, installe un artiste dans la catégorie des grands, celle des grosses pointures, des valeurs sûres. Et même si le public est très friand de ces morceaux à grand succès, très peu savent ce que cela coûte vraiment à un artiste pour inscrire son nom dans la légende. Nous avons posé la question à quelques musiciens parmi les plus connu de l’industrie et sans nous livrer tous leurs secrets, ils nous donnent ce qui serait – selon eux – la formule du succès.

Produire un hit est un vrai travail d’orfèvre. En effet, pour réussir à faire danser le monde, l’artiste fait un travail de titan qui se joue sur plusieurs terrains. Aussi bien en studio qu’en dehors. C’est une étude de l’environnement du moment, des tendances, des goûts et des préférences. Mais c’est également une question de timing, de moyens, de promotion etc. Bref un vrai travail de stratégie, un ensemble, pas toujours hiérarchisé, qui permet de faire briller une chanson. Voyons ça de plus près.

 

La qualité avant tout !

Pour faire d’une chanson un hit, celle-ci doit respecter quelques critères de base. Et oui ! Les hits ont aussi leurs règles. Bien évidemment cela part de la qualité de l’artiste et de sa musique. Il faut dire que l’univers du hit n’est pas ouvert à tout le monde. Pour B-Face, rappeur burundais, un hit se base sur la qualité de la musique et du texte de la chanson. « Il faut qu’elle ait un message, une bonne production, de bonnes paroles… », Nous explique l’artiste. En effet, pour plaire au public il faut lui offrir une musique qui lui parle. Autant dans la qualité du son, du style que dans les paroles. Le public doit réussir à s’identifier à la chanson pour ensuite en faire sienne.

Un avis que partage Masterland, qui marque l’importance des paroles qui parlent au public. « C’est vrai qu’il faut une bonne musique, mais les paroles sont très importantes. Il faut un message qui concerne les gens, qui leur touche au cœur. Et lorsque le message touche le cœur de plusieurs, la chanson devient facilement un hit. Peu importe le thème, il doit être commun à la majorité », nous dit Masterland.

Pour Sat-B trouver cette qualité se trouve également dans la recherche de ce que le public aime. Il faut donc avoir l’œil, et le bon. « C’est faire ce que les gens aiment le plus. Ce que les oreilles aimeraient entendre. C’est faire tout pour faciliter ceux qui t’écoutent. En général, faire ce que eux aussi peuvent refaire », dit-il. Un schéma qui mêle simplicité et savoir-faire.

La qualité est donc intrinsèquement liée à la construction d’un hit. Plus une musique sera de bonne qualité, plus elle aura des chances de plaire et donc devenir « un hit ». Mais cela n’est qu’une partie de l’équation.

 

Argent et promotion, le couplet gagnant

Certes il faut de la qualité, mais la qualité n’est pas gratuite. Loin de là ! Offrir un travail de qualité demande que l’on investisse au moins autant que le retour que l’on escompte. « En premier il faut du talent. Mais après, tu ne peux qu’utiliser de l’argent », explique Sat-B. Et d’ajouter : « La célébrité se donne aussi avec du cash en première ligne. C’est le monde d’aujourd’hui. Il est très différent de celui d’avant ».

Des propos qui en disent long sur l’importance de l’argent dans la construction d’un hit. En effet, sans argent il est difficile de faire de très bonnes choses. Il faut financer le studio, les clips vidéo, les campagnes de promotion et bien plus encore. Toute une logistique qui demande de mettre la main à la poche pour avancer.

« Tu ne peux pas faire de bons clip sans beaucoup d’argent, tu ne peux pas faire de collaborations internationales sans avoir beaucoup d’argent», nous disait B-Face. Une assertion qui se confirme lorsque l’on voit le coût du clip « Feel Love » de Sat-B tourné dans 2 pays et ayant coûté près de 10.000 dollars américains. Un gros investissement qu’il a fallu faire pour offrir la visibilité à cette chanson et lui donner toute ses chances.

« Nous allons au Kenya, en Afrique du Sud pour rechercher la qualité. Et croyez-moi, cela coûte énormément d’argent », nous expliquait Sat-B après la sortie de Feel love.

L’argent assure donc la qualité mais permet également plus de visibilité à l’artiste.

Une visibilité qui passe par le travail de promotion de l’artiste et de son œuvre. Et oui ! Aussi belle et merveilleuse que puisse être une chanson, elle a besoin d’être promue pour être connue. Et c’est là qu’entre en jeu les équipes de management de l’artiste. « Les gens ne peuvent pas aimer ce qu’il ne connaissent pas », dit Masterland. Et il a bien raison de le dire. Pour s’assurer qu’une chanson soit un hit, il faudra miser sur la promotion. La rendre accessible au plus grand nombre permettra de lui offrir la plus grande audience possible. Cette visibilité associée à la qualité, garantie par le talent et les moyens donne une formule efficace dans la création d’un hit. 2 couplets gagnant qui sauraient ouvrir les portes du succès à une chanson.

 

Du talent, mais aussi beaucoup de chance

Dans un monde parfait, avoir du talent suffirait à un artiste pour faire banco à tous les coups. Un peu comme un chef pâtissier qui ne raterait jamais un gâteau. Mais cela est loin d’être le cas. Dans le très beau, mais cruel, monde de la musique le talent ne suffit pas toujours à l’artiste pour être un fournisseur de « Hit » (On l’aurait su sinon).

Si on peut l’imager, on dira que faire un hit c’est un peu comme jouer à la roulette dans un casino. On pari et on joue en espérant que la boule tombe sur le choix de notre pari. Et comme dans les jeux, il y a les chanceux et les moins chanceux. Comme le dirait B-Face : « Ce n’est pas parce qu’une chanson est très belle qu’elle sera un hit. Des fois c’est une question de chance. »

Oui, vous l’avez compris, on parle de chance. Quoi que toutes les conditions soient réunies, tous les éléments rassemblés, le succès ne pointe pas toujours. Il y a un dernier facteur que personne ne contrôle et qui joue sa partition en dernier. Certains l’appellent la chance, d’autres la grâce de Dieu, d’autres encore l’étoile, mais quoi qu’il soit, ce facteur joue un rôle et souvent pas des moindres.

« Tout dépend de la grâce que Dieu t’accorde. Tu peux tout bien faire et voir ta chanson ne pas marcher. Et en même temps voir un autre artiste qui a fait des choses de moindre qualité et faire un succès. On ne sait pas toujours ce que cela donne au final », nous expliquait Masterland.

Entre la qualité, les moyens, la promotion et même la chance, faire un hit n’est pas un exercice facile. Les artistes n’ont pas toujours la garantie de la réussite mais ils se battent bec et ongles pour parvenir à leur fin. Et c’est tout à leur honneur. Qu’à cela ne tienne, comme le dit Sat-B : « Faire de la musique, c’est avant tout une question de plaisir »

 

Moïse MAZYAMBO

 

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