Musique: Que deviennent les instruments de musique traditionnels du Burundi ?

Musique: Que deviennent les instruments de musique traditionnels du Burundi ?

La musique burundaise actuelle est très dominée par les sons et rythmes d’ailleurs notamment le jazz, le rap, le hip-hop, le R’n B, le reggae, le zouk, la salsa, la rumba, le dancehall, le rock, etc.  Pourtant, les instruments de musique traditionnels burundais produisent une mélodie faisant plaisir à l’oreille. Souvent joués, autrefois par des hommes, en solo ou en duo pour accompagner le chant, ces instruments tendent à disparaître petit à petit même si quelques clubs de danses traditionnelles s’en servent souvent.

Quels sont les instruments de musique traditionnels du Burundi ?

Amayugi (grelots) : Ils sont faits de cuivre et réunis par des sangles en cuir ou par des fibres végétales. Ils sont utilisés par des danseurs, le plus souvent des « intore», qui les accrochent aux chevilles pour qu’ils claquent les uns contre les autres selon les battements des pieds.

Ikembe (lamellophone) : Elle est composée d’une caisse rectangulaire évidée sur laquelle sont fixées une douzaine de lamelles métalliques (parfois du bambou) de diverses longueurs. Elle serait originaire du Congo (Sanza).

Inanga (cithare) : c’est une cithare-en-bouclier, appelée ainsi en raison de la forme creuse de la pièce en bois qui fait office de caisse de résonance. Une corde en tendon de vache passe en aller-retour dans les encoches taillées dans la planche concave que les joueurs pincent ou tapent avec leurs doigts.

Indingiti (petite vièle). C’est un instrument monocorde composé d’une caisse de résonance faite dans un tronçon de corne de vache, recouvert d’une peau de bœuf tendue qui fait office de table d’harmonie. Une manche traverse la caisse et sert à accrocher de part en part une corde (fibres végétales) un peu comme dans un arc musical. Un archet courbé complète l’instrument qui se joue frotté comme un violon. Elle est spécifique au Burundi.

Ingoma (tambour) de grande taille (1 mètre ou plus), il est taillé dans un fût évidé de Cordia africana  (l’arbre qui fait parler les tambours: « umuvugangoma »). Il a la forme de gros mortier fermé du pied et couvert de la partie haute par une peau de vache tendue et tenue par des chevilles de bois. On le frappe à l’aide de deux baguettes de bois.

Inzamba (trompe) : en corne de vache ou d’antilope, elle est utilisée (autrefois) pour guider les battues lors des chasses. Elle accompagne  aussi des danses comme «agasimbo» de Makamba et «ubudemera» de Ruyigi (Gisuru).

Umuduri et indonongo (arcs musicaux): l’umuduri est monocorde et resssemble à un grand arc (plus d’un mètre) muni d’une corde sous tension en tendons de bœuf tressés qu’on frappe avec un hochet à grelot. Fixée au bois, une calebasse (parfois plusieurs) fait caisse d’une résonance. Il se tient verticalement et le rythme est son principe premier puisque peu de notes sont disponibles. L’indonongo se joue plaqué contre la clavicule, la bouche ouverte servant de seconde caisse de résonance. Les rengaines sont lancinantes entrecoupées de refrains chantés.

Umwironge (flûte) : fabriquée en bois (souvent en bambou), elle accompagne des chants pastoraux.

Et si les chanteurs burundais utilisaient ces instruments ?

Sur la scène musicale actuelle,nombreux sont les artistes. Néanmoins, peu d’entre eux se servent des instruments traditionnels burundais pour apporter une originalité à leurs morceaux. Pourtant, aux premieres années de la musique burundaise moderne, des artistes avaient rendu hommage à la culture burundaise par des chants spécifiques avec des instruments locaux comme l’inanga (le cas de l’ « inanga ya Maconco »), de l’umuduri (le cas de l’ « umuduri wa Nzeyimana ») et bien d’autres instruments traditionnels.

Des artistes comme feu Canjo Hamisi, Bahaga, Africa Nova etc sont toujours retournés creuser dans la riche culture burundaise quand bien même leur musique comportait d’autres instruments. Par conséquent, ils sont considérés comme des monuments de la culture et font la fierté du Burundi dans le monde musical. De plus, leurs chansons sont devenues des perles rares actuellement.

A l’exemple de ces derniers, sans oublier Steven Sogo dont les chansons ont tant intéressé les medias burundais et internationaux, les artistes burundais actuels férus de la chanson tant moderne que traditionnelle devraient penser à se servir toujours des instruments traditionnels pour apporter une touche burundaise à leurs morceaux.

On peut lire plus sur les instruments traditionnels du Burundi aux pages 94 & 96 dans « Le petit futé Burundi 2011-2012 (2ème édition) de Dominique AUZIAS & Jean-Paul LABOURDETTE ou bien sur www.petitfute.com

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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