Musique : le parcours passionnant du producteur Botchum

Musique : le parcours passionnant du producteur Botchum

Kwizera Freddy dit « Botchum » ©Akeza.net

Dans le paysage musical burundais depuis une vingtaine d’année, il fait partie des meilleurs dans son domaine. L’homme a signé certains des grands succès de la musique burundaise. Professionnel du live et amateur de sons authentiques, il occupe une place de choix dans la longue liste des producteurs de musique au Burundi. Son nom est  Kwizera Freddy dit « Botchum ».

 

De Nyanza-Lac à Bujumbura

C’est vers la fin des années 1990 que Freddy Kwizera, plus connu sous le surnom de Botchum, a commencé à s’intéresser au monde de la musique. Cet amour pour la musique lui vient de son grand frère qui à l’époque possédait du matériel musical. Botchum a commencé à faire le Dj dans les mariages et autres évènements. On est en 1996 et c’est ainsi qu’il entre dans le monde musical.

Quelques temps après, il descend sur Bujumbura où il commence par être Dj dans les boites de nuit de la capitale, notamment Archipel et Havana Club. Très vite, en 1998,  il est engagé au Good Time Studio que tenait Pablo Lopez. Là-bas il travaillait comme technicien, chargé d’enregistrer sur des cassettes audio des chansons convertis de CDs. C’est à la demande d’un musicien de l’époque que Botchum fait son premier enregistrement de voix sur un instrumental. C’était le déclic. L’idée de monter son propre studio devient une évidence. Aidé par son frère, il commence à acheter du matériel et monte un « home studio » de fortune dans sa chambre. « C’était un petit studio dans ma chambre et je me souviens que lorsqu’une voiture passait dans la rue, on était obligé d’arrêter puisque la pièce n’était pas acoustique » dit-il en riant.

L’aventure venait de commencer pour le jeune apprenti arrangeur. Ce studio de fortune a accueilli de nombreux musiciens tel que Nziza Désiré, Lolilo ou encore Big Fizzo. Il crée Felix Studio et y travaillera jusqu’il rejoigne Lightship record en 2005. 5 ans plus tard, Botchum rejoindra Ikoh Multiservices qu’il quittera en 2013 pour travailler dans son studio au quartier asiatique à Bujumbura. Un studio qui n’a pas encore été baptisé mais qui le sera bientôt.

Botchum a travaillé avec de nombreux musiciens burundais et étrangers ; aussi bien dans le gospel que dans la musique dite profane et a signé de nombreux succès de la musique burundaise. Il a entre autres travaillé avec Big Farious (Mporeza Umwana, Ndakumisinze), Lolilo (Bime amatwi), Hope et Samathan (I’llmake you happy, sortie sur la compilatiobn You’ll love changes de Ikoh), Dogo A 100$ (Ni Mandjondjo), Sly, Kaka Boney, le groupe gospel Best Friend ou encore la Chorale Adonnaï et la liste est loin d’être exhaustive.

 

Respecté dans le milieu musical burundais, Botchum a un attachement particulier pour la musique live. Un amour pour le live qui lui vient du fait qu’avant de travailler dans les studios, il a produit des concerts. Mais son penchant pour les enregistrements lui a été inspiré le célèbre producteur Bashir Dia, auprès de qui il a appris à enregistrer en numérique. « Un homme que je respecte énormément car c’est grâce à lui que j’ai appris à utiliser le matériel que j’ai aujourd’hui et à maîtriser l’enregistrement live ».

Un parcours riche qui est loin d’être à sa fin car le producteur continu à travailler, à enregistrer et à produire de la musique. Il travaille notamment avec le chanteur Bobona sur son prochain album.

Le producteur plus ou moins autodidacte, en a formé plusieurs. Ce qui pour lui est une fierté. Lorsqu’on lui demande ce qu’il  pour être un bon producteur, c’est calmement qu’il répond : « De la connaissance et un bon matériel ». Et même si le métier de producteur de musique ne paie pas selon lui, il fait surtout ce métier par passion, par amour pour la musique.

 

Moïse MAZYAMBO

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