Musique : De mélomane à producteur de musique, portrait d’Amir Pro

Musique : De mélomane à producteur de musique, portrait d’Amir Pro

Amir Mugisha ©DR

Producteur de talent, Amir Mugisha dit Amir Pro est l’un des producteurs les plus connus au Burundi. Au Burundi comme au Rwanda, il a travaillé avec beaucoup d’artistes de talent et signé certains des grands succès de la musique urbaine. Ses talents de compositeur et d’arrangeur ont fait de lui l’un des noms à retenir dans le milieu de la musique burundaise depuis une dizaine d’années déjà…

 

Des studios de vente de CD aux studios d’enregistrement

C’est en 2005 que l’aventure commence avec la musique. Alors qu’il travaillait dans un petit studio de vente de CD, comme il y en a beaucoup à l’époque à Bujumbura, le jeune Amir apprend à aimer la musique. Cet amour va jusqu’à lui donner l’envie de passer de l’autre côté de la barrière -quitte à  passer de simple mélomane à producteur de musique – ce qui ne va pas tarder. Il commence Dj dans la boite de l’Odéon Palace.

 

A ses débuts dans la production,  il utilisait le logiciel FL Studio (Fruity Loops Studio) avec lequel il apprend à faire des instrumentaux. Il donnera ces sons à des artistes dont les membres du groupe « Indimu » qui ont été les premiers à faire des improvisations (Freestyle) sur ses musiques instrumentales. De fil en aiguille, l’idée de faire carrière dans la production musicale devient une évidence.

 

Il monte donc un petit home studio avec un ordinateur portable, un petit mixer et un micro. C’était là le début d’une longue aventure. De son petit studio, il sort son premier son en tant que producteur, avec les voix Yoya Jamal, qui allait devenir par la suite une grande vedette de la musique burundaise, justement grâce à ce morceau. La chanson porte le titre «  Murumubwirira ». Cette production lui vaudra le surnom de « Amir Pro », qu’il porte toujours. Nous sommes en 2008.

 

Peu de temps après cela, notre jeune producteur travaillera pendant une année au Rwanda où il  collaborera avec des artistes comme Tom Close ou le groupe Urban Boyz. C’est au Rwanda que lui vient l’idée d’ouvrir un studio à Bujumbura et avec un ami producteur (BIGIRIMANA Anselme connu comme BIG Bass) il lanceront «  Inanga Record ». Un an plus tard il ouvrira son propre studio M.A Production. C’est ce studio qui signera l’intégralité du premier album de Sat-B « INKURU Y’UKURI » mais également l’essentiel du premier album  de Yoya Jamal, l’intégralité du premier album d’Emery Sun ou encore le premier et unique album du duo « Indimu ». En 2014 il commence à travailler pour le studio Afro Music – où il est encore aujourd’hui –

 

 

Etre producteur est avant tout une question d’amour

Comme dans tous les métiers du monde, les débuts ne sont pas souvent  faciles. A une époque où internet n’était pas toujours facile d’accès, apprendre à être producteur comprenait des sacrifices. « Quand on commence dans ce milieu, on cherche des logiciels (des fois qu’on ne sait pas utiliser) et ce n’est pas toujours facile. Des fois j’allais chez Botchum tard la nuit pour voir ce qu’il avait fait dans la journée. Des fois rouvrir des projets pour voir comment les choses étaient faites ou l’appeler pour lui demander conseil. A l’époque internet n’était pas aussi facile d’accès comme aujourd’hui, donc on n’avait pas toujours accès aux tutoriels et consort » explique-t-il.

 

Notons qu’à ses débuts, il ne savait rien ou pas grand-chose de la musique. Il ne savait même pas jouer d’un instrument de musique. Mais sa passion pour ce métier a eu raison des obstacles, car pour Amir Mugisha, être producteur est avant une question d’amour. Il nous explique : « Il faut d’abord aimer ce travail. Parce que tu peux faire des études, apprendre beaucoup de chose mais lorsque tu n’aimes pas ce que tu  fais, ça ne sert à rien. Il faut d’abord aimer le travail, aimer la production pour être un bon producteur. »

 

Amir a déjà été sollicité comme juré lors des deux dernières éditions de la Primusic. Il a déjà collaboré avec des grands producteurs comme Bachir Dia et signé ou co-signé des chansons et des albums au Burundi, au Rwanda et en RDC. Des fois, il produit des chansons pour des musiciens aussi loin qu’aux Etats-Unis, en Europe ou en Chine. Celui qui peut se targuer d’avoir signé la majeurs partie des grands succès musicaux de la « Buja Flavour » des 10 dernières années n’a pas encore remis son tablier ni ne manque d’ambitions.

 

Amir Mugisha a su par son talent se faire une place de choix parmi les meilleurs producteurs burundais. On ne peut que lui souhaiter beaucoup de courage et bon vent pour la suite.

 

 

Moïse MAZYAMBO

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