Musique : Combien coûte un clip vidéo de qualité?

Musique : Combien coûte un clip vidéo de qualité?

Musique : Le clip vidéo, ce que cela implique vraiment pour le réaliser ©DR

Lorsque l’on est un artiste, disposer du talent ne suffit pas toujours pour se faire connaitre. En effet, dans ce monde où l’apparence peut avoir un réel ascendant sur les qualités intrinsèques d’une personne, travailler son image est une obligation si l’on veut se vendre. C’est le rôle que jouent les clips vidéo dans la carrière d’un artiste. Les artistes burundais semblent l’avoir compris et n’hésitent plus à mettre les moyens qu’il faut pour avoir des clips de grandes qualités. Combien cela coûte ? Comment cela se fait ? Et surtout qu’est-ce que cela rapporte aux artistes ? Autant de questions que l’on se pose tous et auxquelles nous tenterons aujourd’hui de répondre.

Big Fizzo, Sat-B, Natacha, Masterland, ont tous une chose en commun. Le fait d’avoir tous investi dans des clips vidéo de qualité. Et oui ! L’industrie musicale burundaise a vu son image changer ces dernières années. Si les artistes n’étaient pas toujours enclins à faire des supports vidéo de haute qualité il y a quelques années, aujourd’hui la donne a changé. Les artistes se donnent pleinement dans la production de clip aux normes internationales et ce à coût de millions de francs burundais. Fait localement ou à l’étranger, il n’hésite plus à mettre la main dans la poche, pourvu que le résultat soit à l’image de ce qu’ils souhaitent. Une bonne nouvelle.

Cependant, on serait tenté de se demander comment tout cela se passe. Entre Big Fizzo qui a créé tout une structure de production vidéo et Sat-B ou Natacha qui font appel à des réalisateurs tanzaniens ou ougandais, comment tourne cette machine ? L’artiste prend-il part au travail de création ou se contente-il de jouer les simples acteurs ? Nous avons approchons certains de ses artistes dont les clips sont les plus vus et nous avons tenté d’en savoir plus.

 

Quelques millions pour un résultat qui en vaut la peine

Avant toute chose, il faut savoir que produire un clip vidéo aux standards internationaux n’est pas donné à tout le monde. Entre le coup du clip en lui-même et la gestion de toute la logistique, c’est plusieurs millions qui sont dépensés. Prenons quelques exemples pour être plus pratique.

Pour réaliser un clip tel que « Feel Love » de Sat-B réalisé par l’ougandais Sasha Vybz, tourné en Ouganda et en Afrique du Sud, il a fallu près de 10.000 dollars US pour le réaliser. Kent P, agent de Sat-B nous explique : « faire un clip avec Sasha Vybz coûte 5000 dollars US. C’est le montant que l’on donne au réalisateur. Ensuite viens toutes les dépenses connexes que le tournage engrange. Par là je veux dire, tous les déplacements, le séjour et l’habillement de l’artiste »

Pareil pour la chanteuse Natacha qui dépense en moyenne la même somme pour la réalisation de ses clips vidéo ces dernières années. « Si tu veux un clip avec de la qualité d’images de haut niveau les dépenses doivent être énormes surtout que tu combines  les frais de transport et hébergement. 10mille$ est le coût total de la réalisation du clip », explique DJ Rapha, membre du management de l’artiste.

La réalisation d’un clip de qualité est donc une opération onéreuse qui n’est pas à la portée de tout artiste.

 

De l’argent et des idées

Payé pour un clip est loin d’être la seule part de l’artiste pour la réalisation d’un clip vidéo. L’artiste doit également être en mesure de faire un suivi continu du processus de réalisation, depuis la conception au rendu final. Cette seconde partie est autant importante que c’est ce qui détermine le résultat et plus loin le retour attendu.

Pour cela chaque artiste a sa façon de travailler avec les réalisateurs.

Masterland qui a récemment sorti le clip de son morceau « Nzobikora » affirme travailler personnellement sur le script de tous ses clips. « Je tiens personnellement à travailler les scripts de mes clips parce que je veux que le rendu soit exactement ce que je veux, ce que j’imagine. Et cela englobe, les emplacements et le décor. Je ne laisse rien », dit-il.

Sat-B quant à lui, laisse libre cours à l’imagination du réalisateur. « Lorsque nous travaillons avec Sasha, nous lui expliquons l’idée que nous avons et nous lui laissons le soin d’écrire un script qui cadrerait avec ce que l’on désire. Nous en discutons ensuite et nous pouvons revoir certaines choses pour que le résultat soit parfait, à l’image de ce que nous voulons vraiment. Et jusque-là nous sommes toujours contents de son travail », nous explique Kent P.

L’exercice est un peu similaire chez Bantu Bwoy de Big Fizzo, qui dispose de sa propre structure de réalisation de clip vidéo. « Nous donnons au réalisateur la primeur de réfléchir sur un script et ensuite le travail et collégial. Nous discutons tous sur ce script dans le but de trouver la meilleure version. Celle qui au final nous donnera le meilleure », nous explique Raïssa Ininahazwe, agent d’artiste au sein du label.

Bref, selon leurs besoins et leurs exigences, chaque artiste développe un procédé pour lui permettre d’avoir un clip vidéo de qualité et qui respecte les normes internationales. Cette tendance à la production de clip vidéo de grande qualité tend à se populariser au Burundi et a permis notamment l’éclosion d’un bon nombre de jeunes réalisateurs qui veulent inscrire leur nom dans la liste des meilleurs dans la sous-région et même sur tout le continent.

Espérons que dans les années à venir ce niveau de qualité et d’exigence sera plus courant au Burundi.

 

Moïse MAZYAMBO

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