Mon Métier : Sixte NISASAGARE, l’homme qui écrivait du théâtre radiophonique

Mon Métier : Sixte NISASAGARE, l’homme qui écrivait du théâtre radiophonique

Sixte NISASAGARE dans le studio d’enregistrement ©Akeza.net

Prêtre ou enseignant, Sixte NISASAGARE se voyait devenir l’un ou l’autre. L’avenir en décidera autrement en faisant de lui un scénariste de théâtres radiophoniques. Et chaque mercredi, les burundais découvrent son travail à travers l’émission qui passe à la radio “Murikira ukuri”.  On a rencontré ce jeune homme qui, à 39 ans, fait vivre sa femme et ses deux enfants grâce à des feuilletons radiophoniques qu’il écrit.

Akeza.net : Quel est ton parcours?

Sixte : Après mes études primaires, je suis allé poursuivre mes études secondaires au petit séminaire….. Je me voyais prêtre dans le futur. Puis, cela a encore changé. À la fin de mes études universitaires, je me voyais enseignant. J’ai alors commencé à écrire des théâtres radiophoniques pour l’organisation Search for Common Ground. Je travaille avec l’organisation la Benevolencija Burundi depuis 2009.

Akeza.net : En quoi est-ce que le théâtre radiophonique est-il important?

Sixte : Le théâtre  radiophonique est très important dans le cas où il consiste à perpétrer la tradition orale. Mais aussi, le théâtre radiophonique aide dans  le changement de comportement massif parce que les personnages des théâtres radiophoniques sont inspirés de faits réels et du quotidien de nos cibles.

Akeza.net : Jusqu’à aujourd’hui, vous en avez déjà écrit /participé à l’écriture de combien ? Lesquels ?

Sixte : Environ 15 feuilletons. Je ne me rappelle vraiment plus du nombre exact. J’ai écrit « Tubiri tuvurana urupfu » qui s’est clôturé en 2007. Et dès lors, j’écrit le feuilleton “Murikira ukuri” qui passe en boucle toute la semaine sauf le jeudi sur pas mal de chaines.

Akeza.net : Vous faites passer des messages à travers des théâtres radiophoniques, comment évaluez-vous l’impact de votre travail ?

Sixte : On cible d’abord les destinataires du message puis on évalue leur comportement avant et après l’émission des théâtres. L’évaluation de notre travail  se fait sur appel téléphonique. Les auditeurs appellent pour donner leur avis et s’expriment ouvertement.  Mais aussi, une année après, nous faisons une descente sur terrain pour voir si le changement s’est réellement opéré.

Akeza.net : Comment se passe votre processus créatif ?

Sixte : Quand on sait déjà le message que l’on veut faire passer, on écrit un script qu’on fait approuver. Puis, on engage des acteurs qui enregistrent tout au studio.
Akeza.net : Il y en a combien d’autres qui font votre métier au Burundi ?

Sixte : Je n’ai pas de chiffres précis. Peut-être dix, vu le nombre de personnes avec lesquelles j’ai travaillé au fil du temps.

Akeza.net : Est-ce un métier qui nourrit son homme ?

Sixte : Absolument. Depuis que j’ai fini mes études universitaires, je ne fais rien d’autre qu’écrire des scripts pour des théâtres.

Akeza.net : Pourquoi n’écrivez-vous pas pour la scène ?

Sixte : Je n’ai rien contre la scène, je ne m’y suis jamais essayé. Si une occasion se présente, je ne la raterais pas en tout cas.

Akeza.net : Qui est votre référence dans le métier ?

Sixte : Je dirais sans doute Marie-Louise SIBAZURI. Elle incarne un grand travail, un grand accomplissement. « Umubanyi niwe muryango » est un remarquable travail. Je la respecte énormément et je l’admire. Lorsque j’écris des scripts, je m’inspire aussi de « NI NDE ? » que je regarde et écoute depuis que je suis petit.

Akeza.net : Quel avenir voyez-vous pour votre métier ?

Sixte : Tout métier évolue. Je me dis qu’il va falloir qu’on raccourcisse les scripts puisque les gens veulent maintenant un message clair et précis. Et dans le futur, ce sera très important d’être vraiment court et précis.

Notre travail n’a lieu que si des ONG se présentes au pays en commandent parce que le gouvernement burundais n’y met pas vraiment du sien. A l’avenir, j’espère que  cela va être modifié.

 

Propos recueillis par Miranda Akim’

 

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