Mon métier : Michella Niyonizigiye, « L’avocate des femmes »

Mon métier : Michella Niyonizigiye, « L’avocate des femmes »

Mon métier : Michella Niyonizigiye, « L’avocate des femmes » © Humuriza FM

Me Michella est née à Bujumbura dans la zone Bwiza  en mai 1984. Elle a ensuite grandi à Gitega là où elle exerce maintenant  en tant qu’avocate.  Michella a prêté serment le 12 aout  2016. Une avocate pas comme les autres, Michella  a  représenté maintes fois plus d’une femme en justice et ce gratuitement. Pourquoi agir ainsi ? Elle nous explique.

Akeza.net : Comment as-tu commencé à aider ces femmes ?

Michella : J’étais en stage quand j’ai aidé deux femmes  à obtenir justice. L’une demandait une pension alimentaire à son mari qui l’avait enceinté et laissé sans rien. L’autre femme avait une nourrisse accusée de  vol qualifié. Je les ai aidées et la nourrisse a été relâchée.  Depuis, j’aide beaucoup de femmes  et surtout celles vulnérables.

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Pourquoi représenter ces femmes en justice gratuitement ?

« En vérité je ne supporte pas de voir une femme qui subit de mauvaises  situations alors qu’elle aurait pu faire valoir ses droits ». Parmi celles qui sont en prison, beaucoup y restent parce qu’elles ne connaissent pas leurs droits ou  parce qu’elles n’ont pas de moyens financiers  pour se payer un avocat. Donc celles qui me connaissent viennent vers moi et rien ne me  fait plaisir que de leur venir en aide.

N’avez-vous pas peur d’encourager les crimes de  ces femmes en les aidant à s’en sortir ?

Non pas du tout. Un prévenu a le droit d’avoir  un conseiller, c’est ce que disent nos codes. En plus, même un coupable peut demander  pardon devant la justice et l’obtenir s’il a un bon avocat qui y a bien travaillé. A part cela, moi je suis chrétienne, alors  j’accompagne ces femmes avec  la parole de Dieu également pour les mener sur le bon chemin.

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Comment vous vous en sortez financièrement si vos services sont souvent gratuits ?

Des fois je peux gagner des marchés à travers d’autres femmes qui peuvent payer mes services. Après je traite des cas payant à côté. Il y a aussi certaines femmes qui vont juste me payer le transport. Ce travail n’est pas facile. Ces femmes m’appellent maintenant l’avocat des femmes. Certaines d’entre  elles croient que je travaille pour une de ces organisations pour les femmes mais non.

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Quels sont les cas  les plus enregistrés  à  Gitega ?

Les violences basées sur le genre. Les femmes rurales subissent souvent des abus de la part de leurs conjoints. A Makebuko par exemple j’ai récemment traite un cas de deux filles violées. Un des violeurs a été emprisonné mais l’autre a fuit.  J’aide ces femmes parce que les femmes c’est ma passion. J’ai toujours voulu qu’elles parlent, qu’elles travaillent et qu’elles  puissent aider les autres à leur tour.

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Quelle citation aimez-vous le plus dans votre domaine ?

Il y a une citation que j’aime(en matière pénale) :” Ce qu’il y a de meilleur pour l’avocat, c’est qu’il soit là quand il n’y a plus personne”.

 

Propos recueillis par Huguette IZOBIMPA

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