Mon métier : Amanda alias Lady Mandy, styliste burundaise évoluant au Kenya

Mon métier : Amanda alias Lady Mandy, styliste burundaise évoluant au Kenya

Mon métier : Amanda alias Lady Mandy, styliste burundaise évoluant au Kenya ©Akeza.net

Après une vingtaine d’années vécues au Kenya, Amanda revient chaque année au bercail pour se ressourcer.  Celle qui se définit comme une styliste, une fashionista, une sœur, une amante et par-dessus tout une femme africaine vivant son meilleur temps africain de la manière la plus à la mode, nous a émergé le temps d’un après-midi dans son monde.

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Akeza.net : Depuis quand êtes-vous dans l’industrie de la mode ?

Mandy : Professionnellement et à temps plein, je dirais les trois dernières années. Vous savez quand vous devriez faire quelque chose  juste quelque temps puis vous réalisez que cela devient sérieux, vous aller le prendre au sérieux aussi.

Akeza.net : Y a-t-il une différence entre créateur de mode et styliste ?

Mandy : Oui ; un styliste de mode travaille avec des créateurs de mode, avec des boutiques et autres. Si vous avez une boutique qui vend des vêtements ou si vous êtes un créateur de mode, je travaille avec vous pour apporter la magie supplémentaire dans ce que vous avez créée.

Akeza.net : Et en quoi consiste vraiment votre travail ?

Mandy : Aujourd’hui, vous avez vu une partie de mon travail qui est l’approvisionnement en tissus. Si je veux travailler avec un designer/un tailleur pour quelque chose de spécifique pour un client, c’est à ce moment-là que je vais chercher des tissus.

Amanda, au marché, en train de choisir les tissus ©Akeza.net

Mon travail commence dès la conversation avec un client, en comprenant leurs besoins aussi loin que je peux intervenir. Qu’est-ce qu’ils ont envie de réaliser, quel genre d’image veulent-ils donner, dans quel genre d’événement iront-ils? Êtes-vous un musicien, êtes-vous un présentateur de télé ? Donc, c’est le numéro un. Et c’est crucial, car je ne peux que faire ce que mes clients attendent de moi.

Après cela, je crée un « moodboard » (une planche tendance, ndlr). Elle comprend les chaussures, les accessoires, le type de coiffure, le type de maquillage (je ne m’occupe pas du maquillage et des cheveux). En gros c’une collection de différentes idées. Quand j’ai fini le moodboard, je vais alors chercher à reproduire ce qui est sur le moodboard.

Et parfois, ce qui dans ma tête ne ressemble pas nécessairement au produit fini. Nous devons refaire deux ou trois choses. Le produit fini doit bien paraître sur le corps, il doit en fait compléter le corps. Ensuite, après les essayages, si tout va bien, ils s’habillent simplement.

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Akeza.net : D’où te vient l’inspiration ?

Mandy : L’inspiration me vient de tout. Je vois l’inspiration dans une bouteille, dans un panier, dans les rues, à la télé, sur internet, partout. Nous vivons dans un monde civilisé, les gens portent des vêtements. Donc, tant que vous portez des vêtements, vous faites partie de la mode, croyez-moi. Pour moi, tant que tu portes des vêtements, tu es mon inspiration.

Mon métier : Amanda alias Lady Mandy, styliste burundaise évoluant au Kenya ©Akeza.net

Akeza.net : Quel est le regard que tu portes sur la mode au Burundi ?

Mandy : Je vois des gens s’impliquer dans la mode au Burundi comme “Le Reflet” ou “Kaz’o’zah Art”. J’aime ce qu’ils font, en particulier l’autonomisation de différents entrepreneurs parce que c’est la chose la plus difficile. Ils font la promotion de différents designers, différents entrepreneurs qui sont dans l’industrie de la mode.

J’aime le fait que les Burundais voient que c’est possible. Il y a une petite fenêtre de possibilité. Alors, si quelqu’un a du talent, il peut voir qu’il peut l’explorer. Parce que si vous ne voyez pas d’autres personnes qui ont osé, vous n’auriez pas le courage. Parce qu’il faut beaucoup de courage pour travailler dans le domaine de votre rêve. Surtout quand il s’agit de l’industrie de la mode. Et je pense qu’à Nairobi on voit beaucoup de créateurs de mode parce qu’ils peuvent voir d’autres personnes oser le faire. Vous devez oser et avoir un peu de foi.

Propos recueillis par Miranda AKIM’

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