« Mon abri est un tunnel »

     

Enfants de la rue (www.akeza.net)

Enfants de la rue (www.akeza.net)

La vie ne fait pas de cadeaux à ces enfants de la rue qui ont pour abri un tunnel.

Ce tunnel est un conduit d’eau des pluies vers Buterere. Ils  y entrent par un fossé qui se trouve en commune Rohero, avenu patrice Lumumba en face de l’école Primaire Stella Matutina. Ils sont si petits, si vulnérables, si pitoyables. Le plus jeune semble être malade mais c’est la faim qui le tenaille. A les voir on a les larmes aux yeux. Ils sont au nombre de sept et leur âge varie entre cinq et quatorze ans. Ils viennent de différentes provinces du pays et se sont rencontrés tous dans la rue. Ils partagent leur misère fraternellement.

 

« Nous étions à deux quand nous avons découvert ce trou. Cela fait déjà quelques années, trois ou quatre. Les autres sont venus après, dit Vianney, l’un d’entre eux. Ce tunnel est  préférable au trottoir, il ne fait pas très froid à l’intérieur. Mais durant la saison pluvieuse nous n’y dormons pas tous les jours, quand il a plu nous empruntons le trottoir de l’école là à côté. Pour avoir à manger nous quémandons, et chacun apporte ce qu’il a, nous partageons tout, aussi bien ceux qui ont amené quelque chose que ceux qui n’ont rien trouvé. Ce n’est pas tous les jours que la chance nous sourit.»

 

Quand nous avons essayé de savoir pourquoi  ces enfants ont quitté leurs foyers respectifs, les uns ont affirmé que leurs parents sont très pauvres, d’autres qu’ils  n’ont pas de famille, d’autres encore qu’ils ont fuit les malheurs qui s’abattaient sur eux dans leurs familles. Ces derniers n’ont pas voulu en dire trop, parce que disent-ils, ce n’est pas bon à entendre.

 

Tous ces enfants affirment qu’ils voudraient bien quitter la rue, ils aimeraient  travailler mais ils ne trouvent pas du boulot.

«Nous sommes sales avec des habits déchirés. Personne ne peut nous embaucher, on nous prend pour des voleurs, alors que ce n’est même pas vrai. Nous aimerions faire un petit commerce, mais cela demande du capital. Si seulement nous pouvions obtenir chacun vingt mille francs, nous pourrions vendre des œufs, des cacahuètes ou des beignets.» dit Jérémie, le plus grand de tous.

Ces enfants de la rue lancent un cri de désespoir à tous ceux qui voudraient bien les aider à sortir de cet abri de fortune, ainsi qu’aux organismes qui luttent pour le droit de l’enfant au Burundi.

Emelyne NIBOGORA

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