Mireille Kamariza,cette burundaise en passe de devenir une scientifique de grande renommée

Mireille Kamariza,cette burundaise en passe de devenir une scientifique de grande renommée

Mireille Kamariza, étudiante à Stanford ©DR

Diplômée de Stanford l’une des meilleures universités du monde, Mireille Kamariza est une burundaise chimiste avec un avenir prometteur dans le monde de la science. Plus tôt cette année, Mireille, 27 ans, et son conseiller ont découvert une façon de détecter les bactéries responsables de la tuberculose plus rapidement et plus précisément. Son dévouement à la tuberculose serait à ses origines.

 

Une affaire personnelle…
Ayant grandi au Burundi, un pays où les personnes atteintes de tuberculose sont stigmatisés, Mireille a été frappée par la perte d’un membre proche de sa famille qui a succombé suite à cette maladie. Sa lutte contre la tuberculose trouve force dans un taux de mortalité excessif. Selon un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé publié en octobre 2016, on estime que 10,4 millions de personnes ont été infectées par la tuberculose en 2015, par rapport aux années précédentes et 1,8 millions en sont décédées.

 

D’une fille simple à une scientifique

 

Lorsqu’elle était encore à l’école secondaire, Mireille Kamariza ne se voyait pas scientifique, ni ses parents d’ailleurs. «Je n’ai jamais rêvé que Mireille deviendrait scientifique parce que c’est une carrière inconnue au Burundi», dit Denise Sinankwa, la mère de Mireille Kamariza.

Mireille Kamariza est allée aux Etats Unis d’Amérique pour y poursuivre ses études. En automne 2006, elle a déménagé dans un studio minuscule avec ses frères. Tout travail pouvant payer les factures était le bienvenu ; les épiceries, les restaurants, les magasins de détail. Tout !

Puis le travail acharné de Mireille a commencé à porter ses fruits. À San Diego Mesa College, elle a trouvé un mentor : son professeur de chimie, Saloua Saidane. Né des parents analphabètes en Tunisie, Saidane avait 12 frères et sœurs et savait ce que c’était que d’être un enfant immigré pour qui se démener à l’école est le seul moyen pour avoir un avenir meilleur.

Après avoir quitté son emploi à Safeway pour se concentrer sur ses études, Mireille est entrée à l’Université de Californie, à San Diego, et a commencé des études de premier cycle. Grâce à une bourse des National Institutes of Health, Mireille a passé des étés à faire des recherches en biologie. En 2012, elle a rejoint le laboratoire de Carolyn Bertozzi, puis l’Université de Californie, Berkeley et maintenant l’Université de Stanford.

 

Tuberculose, à nous deux

 

Mireille voulait se concentrer sur les maladies infectieuses. Elle a donc commencé à faire des remue-méninges avec un autre étudiant afin de trouver un moyen plus rapide et meilleur de diagnostiquer la tuberculose.

Ils ont finalement mis au point un nouveau test qui reconnaît un sucre, appelé tréhalose, qui est unique dans les bactéries de la tuberculose. En présence d’une substance spéciale, les cellules bactériennes de la tuberculose brillent en vert, ce qui rend les microbes faciles à repérer sur des lames de microscope du mucus ou de la salive d’une personne infectée.

Les tests actuels de dépistage de la tuberculose sont laborieux et peu sensibles – certaines infections ne sont pas détectées. Les cultures de tuberculose sont plus fiables mais prennent six semaines pour produire un résultat. Mireille Kamariza et d’autres chercheurs d’ailleurs, travaillent sur la création de méthodes qui pourraient rendre le diagnostic de la tuberculose plus simple et plus précis.

 

« Toute l’expérience est surréaliste »

 

La méthode de Mireille semblait prometteuse cette année quand elle et ses collègues l’ont testée sur un petit lot d’échantillons de patients en Afrique du Sud. Mais les outils sont encore en phase de développement. Des études plus larges et plus rigoureuses sont nécessaires pour que la méthode puisse être utilisée dans les cliniques.

Bien qu’inachevée, la recherche a attiré de nombreuses foules lorsque Mireille a présenté ses données sur une affiche lors d’une conférence sur la tuberculose en septembre 2016 à Paris. Considérant son voyage improbable ; d’un enfant témoin de la tragédie de cette maladie à un jeune chercheur contribuant à son éradication. « Toute l’expérience est surréaliste. Beaucoup de travail, un peu de chance, la persévérance et le soutien inlassable des amis et de la famille sont ce qui m’a amené ici», dit Mireille Kamariza.
Elle espère que son expérience peut encourager d’autres comme elle à poursuivre leurs passions, peu importe les obstacles.

Avec http://www.npr.org/sections/goatsandsoda/2017/01/07/506751969/they-never-told-her-that-girls-could-become-scientists

 

Miranda Akim’

Comments

comments