Maitre de cérémonie (MC) : un métier qui a de l’avenir ? 3 MCs nous en parlent

Maitre de cérémonie (MC) : un métier qui a de l’avenir ? 3 MCs nous en parlent

Alain Nova Irambona, Raïssa Ininahazwe et Ami Pro ©Akeza.net

Tout bon évènement se doit d’avoir un bon Maitre de Cérémonie (MC). La bonne performance de celui-ci est quelques fois la garantie d’un évènement réussi. Et si avoir la présence du Maitre de Cérémonie s’est imposé comme une règle, le Burundi ne fera pas l’exception. Mais dans ce vaste univers qu’est celui de l’évènementiel au Burundi, quelle est la place des maitres de cérémonie ? Avantage, difficultés, défis, avenir, nous nous sommes penchés sur la question et avons posé la question à certains des maitres de cérémonie les plus connus dans la capitale burundaise.

De l’avis des quelques personnes interrogés, être maitre de cérémonie est une chose gratifiante. Aussi bien au niveau de la rémunération qu’au niveau humain. En effet, être maitre de cérémonie est un bon métier à en croire Alain Nova Irambona, journaliste et maitre de cérémonies. « C’est un bon métier dans le fond », dit-il. Un avis que partage Ami pro, animateur à la radio Buja Fm. Pour ce dernier, financièrement, être maitre de cérémonie lui rapporte plus que son métier d’animateur radio. « Je dois l’avouer, être MC me paie beaucoup plus que mon métier de tous les jours. A titre d’exemple, j’ai déjà gagné plus d’un million de franc burundais en étant MC ».

Raissa Ininahazwe nuance un peu les choses en mettant en avant le facteur valeur du MC. Selon elle, la bonne rémunération dépend également de la valeur que le maitre de cérémonie a sur le marché. Elle explique : « ça paie si tu sais te donner de la valeur. Tout est une question d’estime personnelle. Il y en a qui sont payés moins bien que d’autres. Il faut savoir se donner de la valeur ». Et Nova de renchérir, « le métier en question paie si bien sûr la personne qui le fait a su s’organiser et établir ses principes et objectifs »

On comprend bien que pour les maitres de cérémonie, l’atout financier est un facteur de taille dans un pays où gagner de l’argent n’est pas chose aisé. Mais l’atout pécunier n’est pas le seul avantage que tirent les MC de cet exercice. Raïssa, Nova et Ami pro sont tous unanime, être MC apporte de la notoriété et la sympathie du public. On gagne à être connu dans ce métier. « Tu gagnes la popularité et tu construis une certaine confiance auprès du public », nous dit Raïssa.

Si le métier paie, encore faut-il qu’il y ait du travail et pour cela nos MCs nous rassurent, du travail il y en a dans ce domaine.

« Évidemment au Burundi il y a du travail dans ce métier car, à titre d’exemple, en ce qui me concerne j’ai déjà fait le tour du Burundi en tant que MC et j’ai gagné une somme constante surtout que j’avais un contrat de plus de 800.000 Fbu par mois sans révéler les frais de terrain par jour », nous dit Alain Nova. « Il y a du travail pour les MCs au Burundi, j’en connais qui ne vivent que de ça », nous affirme pour sa part Ami Pro.

N’est pas MC qui veut, il faut certains atouts pour faire du bon travail et pour nos 3 MCs, la formule est relativement simple. Pour Ami Pro c’est avant une question de sang-froid et de confiance en soi. « Il ne faut pas avoir peur, il faut avoir confiance. Savoir ce que les gens veulent et faire plaisir au public lorsqu’on est sur scène ». Quant à Raïssa, être un bon MC se résume en une phrase : « C’est une sorte d’art, l’art de convaincre ».

Comme dans tout métier, les difficultés ne manquent pas et nos 3 MCs nous citent quelques-unes qu’ils rencontrent sur leur chemin. « Certaines gens tendent à sous-estimer les MC prétextant que quiconque peut faire ce métier, ils croient que faire le M.C c’est prendre le micro et parler mais ils ignorent que faire le MC c’est tout un arsenal de communications, connaissances et techniques qu’il faut obligatoirement savoir coordonner », nous dit Nova. « On se fait des fois insulter en étant sur scène, mais vous savez, il n’y a pas de travail sans problèmes ».

Malgré les difficultés que peuvent rencontrer les MCs, Alain Nova, Ami Pro et Raïssa restent confiant sur le fait que le métier a encore de beaux jours devant lui. « J’ose espérer que le métier a de l’avenir car on a de plus en plus des grands évènements et les entreprises innovent en matière de services qui nécessitent des promotions rapprochées comme les road shows », nous dit Raïssa. Et Alain Nova de conclure : « De l’avenir au Burundi, oui ! Surtout qu’on se bat becs et ongles pour instituer un cadre légal, opérationnel et pratique régissant ce métier et nous espérons que d’ici quelques mois ce cadre sera là en vue de réglementer ce métier et plaider en faveur de toute personne qui l’exerce ».

Les Maitres de Cérémonies n’ont donc pas trop de soucis à se faire, le métier est encore bien vivant et en croire nos 3 intervenants, il a un avenir qui pourrait bien être reluisant.

 

Moïse MAZYAMBO

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