Magic Guards, une histoire d’amis d’enfance devenus magiciens…

Magic Guards, une histoire d’amis d’enfance devenus magiciens…

©DR

Cela fait quatre ans qu’ils pratiquent l’illusion, que la plupart appellent « la magie ». Leur nom : « MAGIC GUARDS », comprenez, les gardiens de la magie. C’est une histoire de quatre amis de quartier (Kinindo) qui aurait pu être anodine si elle n’avait pas débouché sur une pratique qui séduit et étonne autant qu’elle inquiète et fait peur. Tony HAYIMANA, l’un des quatre illusionnistes, nous raconte…

 

Akeza.net : Comment vous êtes-vous retrouvés dans la pratique de l’illusion ?

Tony HAYIMANA : Il convient de dire tout de suite que nous n’avons pas tous commencé en même temps. Philippe NIBIGIRA a été le premier à tomber dedans. Vers 2013-2014, il a rencontré un illusionniste qui faisait des tours de magie dans un cercle de gens complètement étonnés de voir ce qu’il était capable de faire. Bien que lui-même soit séduit, Philippe comprenait plus ou moins comment l’illusionniste arrivait à berner son public. Deux ans plus tard, il décida de s’y mettre en créant notre groupe, Magic Guards.

Sacré coup du destin, j’ai rencontré le même illusionniste que Philippe. Il m’a fait des tours avec des cartes. Contrairement à Philippe, je ne parvenais pas à comprendre comment le magicien faisait. Même si je ne savais rien sur la magie, pas même mélanger des cartes, je suis parti acheter les mêmes cartes que le magicien. Au cours de la même semaine, je suis tombé sur un livre qui parlait des bases de la magie avec quelques exercices à l’appui. J’ai essayé. Depuis, je me suis pris au jeu et je n’ai plus arrêté.

Hugues KWIZERA , je l’ai formé. Il s’est exercé en m’observant. Il n’a pas cessé d’apprendre. Béni IRADUKUNDA, c’est le frère de Hugues. Ça l’intriguait de voir comment son frère arrivait à les duper à la maison. Lui n’y voyait que du feu. La curiosité aidant, il a fini par s’y mettre aussi.

 

Akeza.net : Si chacun a appris individuellement, comment vous êtes-vous retrouvés ensemble comme Magic Guards ?

Tony HAYIMANA : Avant, nous étions juste des potes. Nous habitions tous dans le même quartier, Kinindo au Sud de Bujumbura. C’est en 2016 que nous avons voulu organiser un évènement afin de nous introduire sur scène comme illusionnistes. Nous avons par après décidé de former le groupe et nous avons choisi le nom « Magic Guards » (gardiens de la magie).

Akeza.net : La magie et l’illusionnisme, est-ce la même chose ?

Tony HAYIMANA : ça n’a rien à voir ! La magie fait souvent appel à des croyances ainsi que des pratiques mystérieuses alors que l’illusionnisme, sous forme d’art, est le fait de créer un effet de l’impossible, le surnaturel à travers l’illusion.

Akeza.net : Comment les gens réagissent-ils à vos performances ?

Tony HAYIMANA : Nous voyons ceux qui ont peur parce qu’ils n’y comprennent rien. Nous voyons d’autres qui ont peur des choses qu’ils ne comprennent pas ou qu’ils ne parviennent pas à contrôler. Nous avons une autre catégorie qui voit notre pratique comme de la sorcellerie.

Heureusement, il y a un autre groupe de gens qui adorent notre art, qui nous encouragent. Ils nous disent de continuer ce que nous faisons. Ils seraient contents de voir la magie évoluer.

 

Akeza.net : Qu’en pensent vos parents, vos amis ?

Tony HAYIMANA : Nous venons de trois familles différentes. Au début, nos parents s’étonnaient. Ils ne nous comprenaient pas. Avec le temps, ils ont fini par aimer ce que nous faisons. Depuis, ils nous soutiennent dans notre parcours.

Nos amis, c’est une autre histoire. Certains nous encourageaient. D’autres nous disaient que c’est une perte de temps. Il y a enfin une dernière catégorie de ceux qui avaient tout simplement peur de nous.

 

Akeza.net : Comment faut-il faire pour devenir un bon illusionniste ?

Tony HAYIMANA : Je conseillerais à ceux ou celles qui veulent devenir magicien(ne)s d’être malin tout d’abord. C’est la première règle. Ensuite, il faut être curieux et avoir le courage de se lancer en visant le meilleur pour enfin le partager avec le public, les amis, la famille et s’il le faut avec le monde entier… si jamais l’occasion se présente ! (rires…)

 

Propos recueillis par Melchisédeck BOSHIRWA

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