Lorsque les coiffeurs pour dame sont des hommes

Blaise Nsabimana au travail.©Akeza.net

Blaise Nsabimana au travail.©Akeza.net

 

A 37 ans, Blaise Nsabimana est l’un des coiffeurs pour dames les plus connus à Bujumbura. Il a beaucoup voyagé, beaucoup appris. A travers cet article, Monsieur Blaise nous partage les secrets de la réussite dans son métier.

 

 

Akeza.net : Bonjour. Comment as-tu atterri dans ce métier ?

 

 

Blaise: Lorsque j’étais adolescent, j’avais un ami coiffeur et à chaque fois que je passais le prendre au salon pour aller circuler, il avait beaucoup de clients et pour l’attendre son oncle qui travaillait avec lui me proposait des cours en m’expliquant deux ou trois trucs.

 

Après, je suis parti vivre en Ouganda et j’ai continué à travailler dans des salons de coiffure. Là j’ai même suivi des formations à commencer par Revlon School formation qui a duré 6 mois. J’ai travaillé dans différents pays (Zambie, Namibie, Kenya et Ghana) et à chaque fois c’était une nouvelle expérience et j’apprenais beaucoup.

 

 

Akeza.net : Comment faites-vous pour trouver de nouvelles coiffures ?

 

 

Blaise: C’est la création tout court (rires…).C’est vrai car pour réussir dans mon métier il faut aussi être créatif et observateur. Il faut aussi patient vis à vis des clients.

 

 

Akeza.net : Comment les nouveaux font-ils pour apprendre le métier ?

 

 

Blaise : Il est vrai qu’ici on n’as pas d’école donc celui qui veut apprendre approche les coiffeurs et ces derniers commencent par expliquer comment on utilise divers produits. Comme on n’a pas de mannequins (poupée) pour la pratique, l’élève va pratiquer sur un des employés du salon ou un de ses amis. Ainsi on peut déterminer s’il est prêt ou pas à s’occuper d’un client.

 

 

Akeza.net : combien de temps faut-il pour être connu dans ce métier ?

 

 

Blaise: (rires…) Franchement, je ne sais pas. Tout ce que je peux dire est que cela dépend de la créativité et de l’inspiration de chacun, mais aussi de son contact avec les clients. Si un apprenti a la chance de travailler avec quelqu’un de déjà connu et qu’il fait bien son travail, il a plus de chance d’atteindre un bon niveau de notoriété bien plus rapidement qu’un autre. C’est un peu ça le secret. Personnellement, cela m’a pris beaucoup de temps mais je dois dire que la prière m’a vraiment aidé.

 

 

Akeza.net : Tu comptes rester coiffeur pour la vie ou tu as d’autres projets ?

 

 

Blaise: Sincèrement, j’ai ce métier dans le sang et je compte me professionnaliser encore plus. Mon rêve est de faire plus d’études pour la coiffure. J’ai aussi des projets de faire un évènement de Fashion Hair avec les coiffeurs de l’East Africa. Je pense à créer mon propre produit pour les cheveux naturels et pour cela, il me faudra travailler dur et collaborer avec beaucoup de monde. Il ne faut pas oublier que dans les produits de traitement de cheveux, il y a des produits chimiques qui peuvent avoir un effet néfaste sur le client. D’où il me faudra être prudent. Mais c’est mon rêve, ma vision et je vais tout faire pour y arriver.

 

 

Akeza.net : Penses-tu que tous les salons du Burundi méritent de fonctionner ?

 

 

Blaise: Pas du tout. La plupart d’entre eux ne pensent qu’a gagner de l’argent avant de penser a bien former le personnel pour le bien des clients. Certains mettent en danger la santé du client utilisant des produits toxiques.

 

 

Akeza.net : tu suis des cours de pyschologie, quel rapport avec ton métier de coiffeur?

 

 

Blaise: c’est vrai je suis des cours en ligne de psychologie avec une université ghanéenne. En effet ça m’aide aussi dans mon travail car il faut savoir comment se comporter avec les clients et les collègues aussi. Comprenez que dans un salon, on rencontre des personnes venues de différents endroits.

 

 

Propos recueillis par Alex KEZA.

 

 

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