Littérature : 7 livres sur le Burundi que vous devriez lire

Littérature : 7 livres sur le Burundi que vous devriez lire

Littérature : 7 livres sur le Burundi que vous devriez lire, couverture du livre “Trésors du Burundi ancestral”, Perpetue MIGANDA” ©DR

« Les paroles s’envolent, les écrits restent » ; dirait un adage. Garder une trace écrite de ce qu’est et de ce qu’a été un peuple est une manière de préparer les générations futures à embrasser leur avenir avec sérénité, mais également à apprendre de leurs ancêtres. Alors que nous sommes encore dans l’effervescence de la fête de l’indépendance, nous avons voulu faire une compilation de quelques livres écrits sur l’histoire du Burundi, ces 20 dernières années.

                    

Trésors du Burundi ancestral, Perpetue MIGANDA (mai 2017)

Ce livre qui nous replonge dans le Burundi de nos aïeux, dresse un portrait de ce qu’était la vie dans le royaume des Barundi avant l’arrivée du colon. Une vie où le respect de la nature et de l’environnement était au centre de toute pratique, où existait le respect de la justice et de l’autorité. Une société où le « Mwami » (roi) « Sebarundi » (Père de la nation) veillait à la cohésion et l’harmonie de son peuple ». Un peuple qui vénérait « Imana » à travers « Kiranga » qui en été l’intermédiaire. C’est également une société ou le « Murundi » est travailleur et dont la vie était basée sur l’amour et l’entraide mutuelle.

Le livre détaille en outre l’organisation de la vie, du travail et de la société dans le Burundi ancestral, laissant au passage quelques pistes de solutions pour que le Burundi se sorte de ses crises à répétition dans lesquelles le pays est plongé  depuis l’indépendance.

 

Des noms et des hommes: Aspects psychologique et sociologiques du nom individuel au Burundi, Philippe NAHOMBAYE (mai 2000)

Dans la culture du Burundi, les noms individuels ne sont pas choisis au hasard. Ce sont des signes choisis par les parents pour caractériser les conditions d’une naissance. C’est toute une société et une vision du monde, des valeurs morales et du bonheur qui transparaissent dans cet immense lexique vivant.

Ce livre nous amène à comprendre cette tradition millénaire faisant partie du patrimoine culturel burundais.

 

De la dynamique sociale du Burundi précolonial, Pierre Claver SABUKWISHIMIRA (janvier 2018)

Cet ouvrage montre que les acteurs sociaux (c’est-à-dire les composantes de la population burundaise à savoir Abaganwa, Abahutu, Abatutsi et Abatwa) vivaient un équilibre d’échanges dynamiques à travers leurs actes sociaux contrairement à ceux d’aujourd’hui qui vivent en équilibre d’échange statique. L’ouvrage poursuit en montrant que cet équilibre d’échange dynamique entre les acteurs sociaux de la société burundaise précoloniale découlait de sa dynamique sociale à travers des phénomènes sociaux comme Ugutahīra, Uguhutūra, Uguhutúra, Uguta, Ugusubiza umutamana. Il continue en montrant que cette dynamique sociale, qui était le fondement même de l’unité entre Abarundi, a été sapée par l’historiographie coloniale qui n’a fait que travestir l’Histoire et la sociologie burundaises. Il conclut en proposant la « Renaissance culturelle » où il y aurait la synthèse et la coopération culturelles et non l’invasion culturelle en réfutant l’historiographie coloniale afin de vaincre définitivement le réflexe de l’humiliation chez « Abahutu », celui de la peur chez « Abatutsi » et celui du désespoir chez « Abatwa ».

 

Burundi mon amour, Pino Crivellaro (avril 2014)

Au centre de ce livre, on ne trouve pas de personnage mais l’Afrique et une face du colonialisme que l’on ne soupçonnait pas. Un paysage grandiose et primitif, superbe et fascinant, fait d’hommes extraordinaires, de grosses chasses et d’une nature préservée. Mais l’Afrique, ce sont aussi des faits imprévisibles. L’auteur les révèle dans ce livre et conte l’histoire de certains personnages rencontrés au cours de plus d’un demi-siècle de vie en Afrique, notamment au Burundi.

 

La littérature de langue française au Burundi Juvénal NGORWANUBUSA (juillet 2013)

Livre pionnier, fondateur d’une véritable histoire littéraire, le travail de Juvénal Ngorwanubusa ouvre les portes d’une francophonie parmi les plus secrètes et les plus méconnues. Une francophonie dont le passage des grandes traditions orales à l’écriture en français commence à s’opérer dès la fin du XIXe siècle, au moment même où la tutelle coloniale allemande cherche à se mettre en place mais doit faire face à la résistance farouche du roi Mwezi Gisabo. Une francophonie dont la réalité sera dès lors plus lente à se faire connaître et reconnaître que dans d’autres aires francophones. Livre-histoire et livre-anthologie, la Littérature de langue française au Burundi explicite bien les trois grandes phases de cette histoire littéraire. Le travail de collecte et de transcription des grandes traditions poétiques et proverbiales par des ecclésiastiques européens, puis africains, a constitué le premier socle mémoriel en français d’un peuple. Le moment Michel Kayoya marque ensuite l’émergence d’une littérature à part entière – et ce, à l’heure du retour du pays à l’indépendance. Cette émergence se produit à travers le poétique d’une part, l’inscription de la tension interculturelle de l’autre. Les quarante-cinquante dernières années, enfin, voient franchir progressivement une nouvelle étape, celle de la reprise par la fiction des contradictions et avancées de l’Histoire et de la constitution, au début du XXIe siècle, d’une amorce de champ littéraire spécifique.

 

Melchior Ndadaye pour le Burundi Nouveau Campagne 1992-19932, Salvator NAHIMANA et Jacques HATUNGIMANA (juin 2004)

Après des années d’exil, Melchior ndadaye décide de rentrer au pays en août 1983 afin de mener de l’intérieur son combat pour l’avènement de la démocratie. Le “Burundi nouveau” rencontre tous les suffrages des laissées pour compte, tandis qu’il est haï par les privilégiés du régime en place. Mais qu’a-t-il dit de si spécial pour que le peuple le plébiscite en juin 1993 ? Que craignent donc tant ses adversaires pour qu’il soit bestialement assassiné ? Les auteurs ont retranscrit et traduit ses discours, ainsi que les réactions d’une foule enthousiaste, redonnant vie à ce moment national intense.

 

Paroles et écrits de Louis Rwagasore : Leader de l’indépendance du Burundi, Christine DESLAURIER et Domitien NIZIGIYIMANA (juillet 2012)

Ces textes réunis et commentés par Christine Deslaurier, et traduits par Domitien Nizigiyimana, nous replongent au crépuscule de l’indépendance burundaise et mettent en avant les paroles et écris du Prince Louis RWAGASORE, celui que les burundais considèrent comme le père de l’indépendance burundaise. Un leader dont l’action a su mener son pays vers une indépendance qu’il n’aura pas vu de ses yeux.

 

Moïse MAZYAMBO

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