L’inclusion financière des femmes burundaises reste un défi à relever

L’inclusion financière des femmes burundaises reste un défi à relever

Dr Prisca Niyuhire, conférencière.©Akeza.net

Ce 8 Mars 2017, alors que le monde entier célèbre la Journée Internationale de la Femme, l’Université du Lac Tanganyika (ULT) accueillait  une conférence sur l’égalité des genres animée par les Dr Prisca NIYUHIRE et Rédempteur NTAWIRATSA avec des exposés sur l’inclusion financière des femmes au Burundi et la crédibilité financière des femmes par rapport aux hommes. Une conférence qui a vu la présence d’intellectuelles et étudiants de l’ULT et d’autres universités de Bujumbura.

Dans son exposé, le Dr Niyuhire a commencé par  définir quelques termes en rapport avec l’égalité des genres, en précisant que contrairement à la croyance populaire, le terme genre, telle que définit aujourd’hui, est relativement recent (1995). Elle a ensuite parlé de l’évolution de l’égalité des genres dans le monde et particulièrement au Burundi. Les précisions faites sur l’égalité des genres, il était temps de parler de l’inclusion financière, en commençant par  sa définition, déterminer les causes du faible taux d’inclusion financière des femmes et bien évidemment proposer des pistes de solutions pour permettre une inclusion plus effective au Burundi.

Par sa définition, l’inclusion financière est l’ensemble de tous les mécanismes qui permettent l’accès aux services ; ces derniers étant adaptés aux besoins des utilisateurs. Dans son exposé, le Dr Niyuhire affirme que depuis 1947, des efforts ont été fournis pour permettre une véritable inclusion financière aux femmes au Burundi. Des textes et chartes locales comme internationales ont été rédigés afin que les femmes aient plus d’accès aux services financiers.

Cependant, il se constate un faible taux d’inclusion financière des femmes et ce malgré les efforts fournis jusque-là pour garantir aux femmes l’accès aux services financiers (selon une étude de la Banque Mondiale). En effet selon l’enquête nationale sur l’inclusion financière, 7.9% de femmes seulement possédaient un compte bancaire (17.6% pour les hommes). Même disparité constatée dans les demandes de crédits, 1.8% pour les femmes contre 4.2% pour les hommes. Les femmes ne constitueraient que 28.3% de la clientèle des IMF (Institution de Micro Finance), bien qu’il ait des institutions de micro finance qui cible spécifiquement les femmes. Cependant les associations des femmes atteignent un taux  approchant les 50%. Des chiffres qui montrent qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour atteindre une inclusion financière des femmes effectives.

Ce faible taux d’inclusion financière puise sa source dans plusieurs facteurs tels que les faibles sources de production des femmes, le fait  que beaucoup de femmes travaille dans le secteur informel et que la majorité des services financiers ne sont pas adaptés à ce secteur. A cela s’ajoute d’autres facteurs tels que le manque de formation et d’information sur les services financiers – selon une étude, 50% des femmes au Burundi avouent ne connaitre aucune institution bancaire et 21% aucune IMF –. Il y a également la condition de la femme au Burundi ; en effet 85% des femmes vivent en milieu rural et constituent 80% de la main d’œuvre agricole. Le manque de garantie financière constitue également un facteur de taille, les femmes n’ayant pas toujours accès au bien matériel pouvant leur permettre de garantir leurs prêts bancaires. Autant de facteurs qui mettent à mal la mise en place d’une véritable inclusion financière de la femme au Burundi.

Cependant, selon le Dr Niyuhire, il y a un espoir avec les nouvelles techniques de marketing (Express et Warantage) qui permettent aux femmes ayant de faible revenus d’avoir accès à des services financiers pour faire fonctionner leurs activités. Parmi les propositions faites par l’oratrice, il y a la hiérarchisation des facteurs de manière à prendre les problèmes selon l’ordre de priorité en commençant par les facteurs culturels qui constituent le gros des problèmes d’inclusion financière. La sensibilisation des femmes au travail en association,  le refinancement des IMF, Une Budgétisation Sensible au Genre serait également une manière de régler le problème car cela permettrait de faire évolué le statut de la femme dans la société. Toutes ces mesures conjuguées ensemble permettront alors aux femmes d’avoir de plus en plus en accès aux services financiers et donc avoir une inclusion financière conséquente.

Moïse MAZYAMBO

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