Les personnes vulnérables ont aussi droit aux documents, faits et actes civils!

Les personnes vulnérables ont aussi droit aux documents, faits et actes civils!

Sur une période de quatre mois (août-décembre 2020), le ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique en collaboration avec le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) organise l’enregistrement et la distribution gratuite des documents, des faits et des actes civils pour les personnes vulnérables des provinces Rumonge, Bururi, Rutana, Makamba et Kayanza. Au chef-lieu de la commune Rumonge, cette activité a débuté mardi le 04 août 2020. Pour les communes de Buyengero et Burambi (de la province Rumonge), elle a eu lieu le mercredi 05 août 2020.

 

Ces personnes vulnérables sont composées de vieillards, de personnes vivant avec un handicap, d’orphelins, de personnes aux moyens précaires, de veufs, de veuves, de personnes mariées illégalement, de Batwa et de rapatriés. Les documents qui leur sont octroyés sont en l’occurrence la carte nationale d’identité, l’extrait d’acte de naissance, l’extrait d’acte de mariage (pour ceux qui se sont mariés illégalement), et l’extrait d’acte de décès.

 

Selon Léonard NTANDIKIYE, Directeur du département des administrations provinciales et municipales au sein du ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique, ces documents civils aideront les personnes vulnérables à se regrouper dans des coopératives avec les autres, à bénéficier des différentes aides ainsi que d’autres avantages sociaux.

 

Adélaïde NIGINA, représentante de l’UPHB (Union des Personnes Handicapées du Burundi).©akeza.net

 

Pour Adélaïde NIGINA, représentante de l’UPHB (Union des Personnes Handicapées du Burundi), les personnes vivant avec un handicap, comme tout autre citoyen burundais, ont aussi droit aux documents, faits et actes civils. « L’UPHB a sensibilisé les personnes vivant avec un handicap à se faire inscrire sur des fiches distribués sur différentes collines afin qu’elles puissent avoir des cartes d’identité, des extraits d’acte de mariage (ceux qui se sont mariés illégalement), des extraits d’acte de naissance et bien d’autres documents », affirme- t-elle.

 

Gaston KAZUNGU, vivant avec l’albinisme et adjoint du représentant de l’association Albinos Sans Frontières Burundi (ASFB).©akeza.net

 

Gaston KAZUNGU, vivant avec l’albinisme et adjoint du représentant de l’association Albinos Sans Frontières Burundi (ASFB) explique que cette activité va les aider à connaître d’autres personnes vivant avec l’albinisme qui ne figuraient pas encore sur leurs listes. « Nous connaitrons facilement le nombre précis d’enfants, de femmes et d’hommes vivant avec albinisme, ce qui nous permettra de mettre en place les moyens de les appuyer », révèle-t-il.

 

Les bénéficiaires se réjouissent !

« Nous apprécions beaucoup cette activité qui vient redonner de la valeur, du respect et de l’honneur aux personnes vivant avec un handicap. C’est un signe éloquent qu’elles peuvent avoir accès aux mêmes droits que tout citoyen burundais.  Elles avaient longtemps été reléguées au second rang, mais désormais nous sommes heureux de voir qu’elles peuvent jouir de leurs droits comme les autres citoyens », s’enthousiasme Adélaïde NIGINA, la représentante de l’UPHB (Union des Personnes Handicapées du Burundi)

 

NDAYIKENGURUKIYE, manchote de la main droite.©akeza.net

 

Goreth NDAYIKENGURUKIYE est manchote de la main droite. Elle est mère de six enfants et deux d’entre eux seulement sont inscrits à la commune. « Je suis venue chercher les extraits d’acte de naissance de mes quatre enfants qui ne sont pas encore inscrits à la commune Burambi afin qu’ils soient inscrits sur la carte mutuelle », confie-telle.

 

Elysé NTUNZWENIMANA de la communauté des Batwa.©akeza.net

 

Elysé NTUNZWENIMANA de la communauté des Batwa a six enfants qui sont tous des élèves.  Même si tous ses enfants ont eu leurs extraits d’acte de naissance, il a perdu son extrait d’acte de mariage lorsqu’il était réfugié. « Quand j’ai été rapatrié et qu’on a appelé tous les Batwa à se faire inscrire à la commune, je n’ai pas pu avoir mon extrait d’acte de mariage. On m’a dit de revenir pour fouiller dans les différents registres d’inscription.  C’est pourquoi aujourd’hui, je suis venu parmi les premiers afin que je puisse l’avoir facilement », révèle-t-il

 

Comme la plupart des personnes vulnérables qui étaient venues chercher les différents documents civils le disaient, ils n’avaient pas droit à un certain nombre d’avantages sociaux. Ils remercient vivement le ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique et le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) qui ont pensé à les aider. Ils pourront désormais bénéficier de différents avantages sociaux comme tout citoyen burundais.

 

Melchisédeck BOSHIRWA

Comments

comments