Les nouvelles technologies, nouvelles formes d’inégalités

Les nouvelles technologies, nouvelles formes d’inégalités

Pour la première fois, le rapport sur le développement humain dans sa version 2019 intitulée « Au-delà des revenus, des moyennes et du temps présent : les inégalités de développement humain au XXIème siècle » reconnaît que les nouvelles technologies sont l’une des nouvelles formes d’inégalité.

A l’aube des années 2020 : l’enseignement supérieur, l’accès au haut débit et une nouvelle éducation depuis l’enfance, donc une nouvelle panoplie de possibilités qui étaient jusqu’à présent considérés comme un luxe, indique le rapport, sont devenus essentiels pour se faire une place dans la société moderne.

Ce rapport ne distribue pas le taux d’instruction pays par pays dans l’enseignement supérieur. Néanmoins, il montre qu’en général le niveau d’instruction à cette catégorie est encore faible. « Par exemple 3,2 % seulement des adultes ont fait des études supérieures dans les pays à développement humain faible dont fait partie le Burundi, contre 29 % dans les pays développés ». Un frein à la correction des inégalités, car en ces jours, le niveau d’instruction influe beaucoup pour décrocher l’emploi.

Des disparités qu’on retrouve également pour l’usage de la téléphonie mobile et l’internet.  « Les pays en développement comme le nôtre comptent 67 abonnements de téléphonie mobile pour 100 habitants, soit la moitié du nombre enregistré dans les pays à développement humain très élevé » Indique le rapport. Toutefois, si l’on s’intéresse à l’accès au haut débit, en d’autres termes une technologie plus sophistiquée, on constate une différence de l’ordre de 1 abonnement pour 100 habitants dans les pays à développement humain faible contre 28 dans les pays à développement humain très élevé. Des retards entre les pays qui vont compliquer davantage le rattrapage de ceux qui sont déjà derrière.

Lire: Certificat : un casse-tête pour les entrepreneurs burundais

L’école privée plus prisée ?

« A l’heure actuelle, les membres de la classe moyenne contribuent plus aux services sociaux qu’ils n’en bénéficient et jugent souvent insatisfaisante la qualité des services d’éducation publique. » Explique le rapport. Ainsi se tournent-ils vers des prestataires du secteur privé : la proportion d’élèves du primaire qui fréquentent des établissements privés est passée de 12 % en 1990 à 19 % en 2014 dans certains pays.

Pour mettre un terme aux nouvelles inégalités, l’ONU soutient que les politiques devraient réaligner les objectifs actuels de l’action publique en mettant l’accent sur le rôle déterminant d’un enseignement de qualité à tout âge y compris au niveau pré-primaire.

Notons que sur les 189 pays évalués dans ce rapport publié par le programme des Nations Unies pour le développement, le Burundi vient à la 185ème place. Une place qu’il occupe depuis l’an dernier.

Arthur BIZIMANA

 

file:///C:/Users/hp/Documents/Rapport%20indicateur%20humain%20ONU.pdf

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