Les nouveaux visages du théâtre burundais : Linca Lica MUGISHA, « Dans le théâtre je retrouve la vraie moi »

Les nouveaux visages du théâtre burundais : Linca Lica MUGISHA, « Dans le théâtre je retrouve la vraie moi »

Linca Lica MUGISHA, « Dans le théâtre je retrouve la vraie moi » ©Akezanet

Le théâtre burundais est en plein renouvellement. Des salles qui affichent complet, de comédiens passionnés, qui travaillent sans relâche, s’entraident. Ils sont jeunes, ils sont talentueux, ils représentent l’avenir du théâtre burundais.

Dans notre série d’articles sur les nouveaux visages du théâtre burundais, nous nous intéressons cette fois à Linca Lica MUGISHA pour qui le théâtre est une identité

Akeza.net : Qui est Linca Lica MUGISHA

Linca Lica MUGISHA : c’est d’abord une comédienne, une actrice, un metteur en scène, scénographe et slameuse. Je suis également étudiante en informatique, précisément en administration réseau à l’université du Lac Tanganyika. Je suis fille ainée d’une famille de 3 enfants (j’ai 2 frères)

 

Akeza.net : Comment t’es-tu retrouvé dans le théâtre ?

Linca Lica MUGISHA : C’est par le slam que j’ai commencé le théâtre. J’ai commencé dans un atelier d’écriture en slam donné par Gael Faye, un slameur très connu et fils de Patrice Faye qui faisait partie de la troupe Pili Pili. Et c’est au cours de cette formation que je me suis dit que ça serait intéressant de m’intéresser au théâtre et je me suis lancé comme ça dans le théâtre professionnellement.

A cette époque je venais de finir l’école secondaire et j’allais commencer l’université. C’était en 2015. J’ai commencé avec la troupe Yetu Drama qui venait d’être créé et j’ai eu la chance d’être nommé comme directrice jusqu’à jour. J’ai commencé en tant que comédienne et petit à petit je me suis mise à la mise en scène. J’ai récemment fait une formation en scénographie et maintenant je peux dire que je suis également scénographe.

 

Akeza.net : Qu’est ce qui t’attire dans le théâtre ?          

Linca Lica MUGISHA : Je fais le théâtre parce que j’y retrouve la vraie moi. Ce n’est peut-être pas facile à admettre mais je plutôt du genre réservé et c’est dans le théâtre que j’ose, que je dépasse certaines frontières que la Linca du quotidien ne franchit pas. En tant que comédienne, j’ose vraiment être moi, j’ose parler. C’est une zone de liberté pour moi.

 

Akeza.net : Au-delà de tout, qu’est ce qui te motive dans le théâtre ?

Linca Lica MUGISHA : Dans le théâtre l’une de mes motivations est le fait que j’ai trouvé une autre famille. Les comédiens sont pour moi des personnes hors du commun. J’ai eu l’occasion de rencontrer des personnes qui m’ont montré qui j’étais réellement, une autre face de moi.  Il y a également le fait que dans le théâtre je me retrouve. Je n’ose pas imaginé ma vie sans le théâtre, je me perdais perdrais si j’ m’en éloignais.

 

Akeza.net : Quel regard as-tu sur le théâtre burundais ?

Linca Lica MUGISHA : Aujourd’hui le théâtre burundais évolue. Cela a commencé avec le groupe appelé théâtre burundais que nous avons créé après une formation que nous avons eu avec Odile Sankara et Aristide Tarnagda. Les troupes avaient l’habitude de travailler à part et il y en avait que l’on ignorait. C’était vraiment « chacun pour soi, Dieu pour tous ». Mais cette formation qui avait pratiquement toutes les troupes, nous avons pensés qu’il était bon de continuer à travailler ensemble et faire évoluer ce théâtre burundais. Et après le Festival Buja Sans Tabou, je peux dire que le théâtre burundais existe vraiment aujourd’hui. Le terme théâtre burundais a tout son sens aujourd’hui.

Avec ce concept de théâtre burundais, l’heure n’est plus à la concurrence, bien qu’il ait toujours une forme de compétition entre nous qui quelques fois aide et pousse à grandir mais partager, échanger et essayer de recueillir les  avis des autres sur le travail que l’on fait aide encore plus. Le regard extérieur est important dans ce métier.

 

Akeza.net : Quel est ton plus rêve dans ce métier ?

Linca Lica MUGISHA : Je rêve de continuer et de faire évoluer le théâtre burundais. Le théâtre burundais a toujours existé mais à certains moments il dort. Vous savez à une époque il n’y avait plus représentation, plus de pièce. Mon rêve est qu’il n’y ait plus ces moments de silence. Qu’il y ait permanence du théâtre, que le public burundais puisse savoir réellement ce que c’est que le théâtre. Il est quand même regrettable qu’il y ait des personnes qui ignore ce qu’est vraiment le théâtre, allant à le comparer à quelque de vulgaire.

C’est là mon plus grand rêve. Faire en sorte que le public burundais puisse vraiment s’intéresser au théâtre, que l’on est un très grand public qui vient non seulement pour un moment de détente mais qu’il puisse également apprendre quelque chose en suivant une pièce. C’est aussi un des rôles du théâtre. En jouant, on ne fait pas que s’amuser mais l’on passe un message et je veux qu’en sortant de la salle, le public retienne toujours quelque chose. Et bien évidemment, je rêve de devenir une grande metteur en scène et comédienne dans le futur.

 

Propos recueilli par Moïse MAZYAMBO

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