Les jeux traditionnels burundais ont besoin d’être valorisés

Les jeux traditionnels burundais ont besoin d’être valorisés

Laurent Nzeyimana, le Directeur des sports et de l’éducation physique au ministère de la Jeunesse, des sports et de la culture ©DR

Bien avant l’arrivée des jeux dits moderne – jeux venus de l’occident – les burundais avaient ses propres jeux. Des jeux qui se transmettaient dans la société de génération en génération. Depuis quelques années, il y a une volonté des autorités nationales de revaloriser et de redynamiser ses jeux au sein de la population burundaise. C’est ce que nous explique Mr Laurent Nzeyimana, le Directeur des sports et de l’éducation physique au ministère de la Jeunesse, des sports et de la culture, dans un entretien accordé à nos collègues de PPB (Publication de Presse Burundaise).

 
Au jour d’aujourd’hui, on a répertorié une soixantaine de jeux traditionnels. Des jeux qui sont repartis en 4 catégories : les jeux traditionnels masculins, les jeux traditionnels féminins, les jeux masculins codifiables et non codifiables, les jeux féminins codifiables et non codifiables. A titre d’exemple on pourrait citer le Kwirungera ibiseke, un jeu féminin codifiable, qui consiste à porter un panier sur la tête sans le soutenir avec les mains ou encore Guhotorana (bras de fer) qui consiste à faire basculer son adversaire sur le côté en position semi-fléchi pour remporter la partie. Autant de jeux qui font la richesse de la culture burundaise. Des jeux qui ont pu être inventoriés grâce à l’aide des personnes âgées et des conseillers socioculturels des gouverneurs.

 
Dans le but de pérenniser et valoriser ces jeux traditionnels, une compétition de jeux traditionnels est organisée chaque année au Burundi. Cette compétition qui était nationale et qui réunissait toutes les régions du territoire national, a dû malheureusement se cantonner à 2 régions seulement par an, faute de moyen financier suffisant explique Mr Nzeyimana. Cette dernière qui a réuni les régions centre-est et nord du pays en 2016, réunira les régions sud et ouest en 2017. D’après Mr Nzeyimana « Une sélection sera organisée au niveau de chaque province dans dix disciplines féminines et dix disciplines masculines. Il faut noter que chaque discipline est représentée par deux candidats. Il y aura aussi une sélection au niveau de chaque région ensuite les deux régions se rencontreront en finale interrégionale sur un terrain que nous allons cibler soit dans l’une des deux régions ou à Bujumbura.»

 
Bien que cette compétition soit limitée par les moyens, Laurent Nzeyimana se dit néanmoins satisfait à 50% au vue de l’engouement que cela suscite auprès de la population, en donnant l’exemple des fonctionnaires qui ont participés à la course dans les sacs durant la compétition mixte moderne-traditionnel organisée dernièrement à Ngozi. Faut rappeler que l’organisation de ces compétitions, au-delà de sa mission de valoriser la culture burundaise à travers ces jeux traditionnels, a également pour but de réunir les burundais autour des valeurs comme la paix, la tolérance. Cela est aussi un moyen de rapprocher les populations rurales qui sont des fois déconnectés des jeux dits modernes. Réunir la population autour d’une activité ludique est donc une façon efficace de rapprocher les communautés et d’enseigner aux plus jeunes les pratiques sportive d’antan, d’avant l’arrivée du football et autres basket-ball et volley-ball.

 
Les jeux traditionnels ont toujours eu leur place dans la culture burundaise et il est important que les burundais renouent avec ces pratiques qui font partie de l’histoire du Burundi.

 

 

Moïse MAZYAMBO

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