Les femmes dans des métiers dits d’hommes, la FIADI constate une sous-représentation

Les femmes dans des métiers dits d’hommes, la FIADI constate une sous-représentation

Dans l’optique de sensibiliser la population pour rehausser le profil des femmes travaillant dans les métiers dits « d’hommes » et attirer l’attention sur les possibilités de carrière offertes aux filles et aux femmes dans ce domaine, l’Association des Femmes Ingénieures Actives pour le Développement Inclusif (FIADI) en partenariat avec l’Ambassade de France au Burundi a organisé le vendredi 07 Mars 2020 un atelier à l’Institut Français du Burundi (IFB). Le thème de cet atelier qui se tenait en vue de la célébration de la journée internationale des droits de la femme était « Ingénierie et genre au Burundi : des femmes dans des métiers d’hommes ».

Y aurait-il des métiers réservés aux seuls hommes que les femmes ne peuvent pas exercer ? La société a longtemps trouvé sa part de réponse. Une réponse qui s’inscrit dans une logique que la femme est limitée à certains métiers et qui de près ou de loin stigmatise l’intégration professionnelle et sociale de la femme burundaise.

Les chiffres tirés d’une enquête datant de Mai 2019 effectuée à l’Université du Burundi (campus Kiriri) par l’association FIADI montre que les filles enregistrent une sous-représentation dans les facultés d’ingénierie. Cette enquête révèle que sur 458 étudiants inscrits dans les facultés d’ingénierie au cours de l’année académique 2017-2018, on n’y comptait que 38 filles, soit 8% des effectifs. Pour l’année académique en cours, on ne compte que 44 filles sur 571 étudiants inscrits, soit également 8% des filles. Ces chiffres témoignent de la faible représentativité des filles au niveau des études supérieures en ingénierie.

Se basant sur les données de l’enquête effectuée par l’association FIADI dont elle en est représentante légale, Jeannette KANEZA cite les causes de la sous-représentation des femmes dans les facultés d’ingénierie. « Les causes de cette sous-représentation sont liées à l’ignorance de l’existence et la mauvaise présentation de l’ingénierie, au problème de mentalités traditionnelles, au mariage à bas âge, à la négligence d’éducation parentale, aux problèmes familiaux, à la confusion sur le rôle de la femme, aux stéréotypes et aux préjugées déplacées’’. Martèle-t-elle.

L’atelier fut l’occasion de projeter un film documentaire ayant comme thème « Ingénierie et genre au Burundi : des femmes dans des “métiers d’hommes ». Ce film documentaire est un cadre d’expression des femmes qui se sont intégrées dans les métiers dits d’hommes. Dans cet enregistrement, on pouvait retrouver le quotidien des femmes ingénieures, des femmes chauffeurs, et d’autres femmes évoluant dans les métiers dits d’hommes victimes d’exclusion. Les employeurs des entreprises, les bénéficiaires directes des services de ces femmes, ont apprécié la performance de ces femmes et ont exprimé leurs satisfactions.

Les images de cette projection ont démontré que les femmes sont capables d’exercer dans l’administration comme sur terrain ; dans des environnements techniques et masculins.
Dans un panel tenu après la projection du film documentaire, les panélistes ont unanimement appuyé l’idée que les femmes peuvent et sont aptes à mener tous types de métiers comme leurs frères.

Dans son intervention, Abée Adrien Ntabona a rappelé que les femmes constituent un socle de l’économie du pays :’’ Souvenez-vous que ce sont les femmes qui tiennent l’économie agricole du Burundi. Dans la tradition rundi, on parle de « Umugore-mugabo », ce qui est un éloge pour définir une femme dynamique et des fois plus efficace que l’homme. La culture n’est plus un obstacle à l’épanouissement de la femme, allez-y mes sœurs, la femme ingénieure peut faire une affaire’’ ajoute-t-il.

Il est à signaler qu’au niveau national, la journée internationale des droits de la femme a été célébrée lundi le 09 mars 2020 à Gitega. Le thème de la journée était :”Levons-nous tous pour la réalisation des Droits des Femmes”.

Janvier CISHAHAYO

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