Les Chroniques du Vagabond (Spécial 8 Mars) : Mesdames, Respectez ce jour !

Les Chroniques du Vagabond (Spécial 8 Mars) : Mesdames, Respectez ce jour !

On y est ! Nous sommes le 8 mars. Le jour tant attendu par une multitude de femmes à travers le monde. Le jour où toutes les femmes de la terre sont « sensé célébrer » leurs droits. Et oui ! Je dis « sensé » parce que si plusieurs ont réussi à saisir le sens profond de cette journée symbolique, elles sont nombreuses à n’avoir rien compris de l’affaire. Elles l’ont tellement mal compris qu’elles l’ont presque tourné en dérision. C’est d’une telle tristesse, que je me sens dans le devoir de nous rappeler, de rappeler aux femmes pourquoi ce fameux 8 mars est un jour spécial. Alors mesdames, discutons un moment.

Pour comprendre un concept, il est très souvent important de connaitre et de comprendre son histoire. Au risque de dénaturer son sens, il est important de saisir les circonstances dans lesquelles est née cette chose.

Nous allons ensembles faire un bond en arrière. Nous sommes au tout début du 20e siècle lorsque les premières journées dédiées à la femme voient le jour. Il y a d’abord la « National Women’ Day » du 29 mars 1909 célébrée aux USA. 2 ans plus tard, sera célébrée la première journée internationale des femmes en Europe. Nous sommes le 19 mars 1911. Un évènement qui aurait vu la participation de plus d’un million de personnes. Suivront par la suite les rassemblements des femmes soviétiques du 8 mars 1914 et 1917. Ces journées pour les droits des femmes seront célébrées pendant plusieurs années avant que les Nations Unis adoptent une résolution et désignent la date du 8 mars comme la « Journée des Nations unies pour les droits des femmes et la paix internationale ».

 

Notons qu’au fil des ans, ces journées n’étaient pas des rassemblements festifs mais des manifestations pour revendiquer les droits des femmes notamment le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. Des combats nobles, qui ont changé l’image que les femmes ont d’elles même.

 

Mais voici, plus d’un siècle plus tard, cette journée a perdu un peu de son sens premier. Du moins pour les femmes africaines et burundaises en particulier. Mettant de moins en moins les droits de la femme en avant – du moins pour une majorité des femmes –, la journée du 8 mars est devenue une journée festive où la lutte s’est transformée en une parade carnavalesque plus qu’autre chose.

 

Pour de nombreuse femmes – et même parfois les plus instruites d’entre elles – le 8 mars c’est la « Fête de la Femme ». L’occasion de s’acheter de nouveaux vêtements, de se faire les ongles, d’aller chez le coiffeur, de se parer de ses plus beaux atouts et de parader en « Reine d’un jour ». Se targuant d’avoir le droit de faire ce qu’elles veulent. Après tout, on est le 8 mars. Un spectacle désolant qui nous a fait oublier que le 8 mars est loin d’être une fête. En effet, nous avons oublié que si les femmes peuvent se pavaner dans les rues et brandir leur droit à faire ce que bon leur semble, c’est parce que durant des années, de nombreuses femmes ont lutté pour cela. Payant de leur personne pour que d’autres s’affirment et se revendiquent dépositaires de quelconques droits.

Alors non ! Que les choses soient claires, le 8 mars n’est pas la Saint Valentin, ni la fête des Mères ou encore moins un anniversaire collectif où les femmes doivent recevoir des cadeaux.  C’est le symbole d’une lutte. D’un combat pour l’égalité entre femme et homme, pour le droit de la femme à disposer de son corps, à faire des études, à travailler et à disposer elle-même de son salaire. Une lutte pour que femmes et hommes aient un même salaire pour des compétences égales. Pour qu’elles aient le droit de ne pas se marier sans être considérées comme de vieilles filles marginalisées. Un combat pour qu’elles ne subissent plus l’excision. Qu’elles puissent dire non aux avances et injonctions des hommes qui depuis des siècles ont fait d’elles des objets de plaisir et des reproductrices de carrière.

 

Pour toutes ces choses, le 8 mars ne doit pas se célébrer comme une fête mais surtout comme un moment de réflexion. L’heure du bilan sur la situation de la femme.

Mais encore, difficile de ne faire que la fête en ce jour, lorsque l’on sait qu’il existe encore des millions des femmes qui, bien que vivant au 21 siècle, subissent les abus et les mauvais traitements vieux de plusieurs siècles. Lorsque l’on sait qu’il y a encore des filles qui n’ont pas accès à l’école à cause de leur condition « d’être faible ». Qu’il existe encore des femmes qui sont obligées de subir toutes les atrocités des mains des hommes. Le tout cautionné par une société qui a peur de dire non.

 

Alors oui ! Il y a des raisons de jubiler et de se dire qu’un pas a été franchi (un grand pas d’ailleurs). Mais gardons en tête que la lutte continue, que des choses doivent être faites et que dormir sur ses lauriers, c’est en quelque sorte un manque de respect à celles qui se sont battu depuis un siècle. Respectons leur mémoire et respectons la vie de celles qui souffrent encore dans un monde qui se dit moderne. Pour l’amour du ciel et pour l’amour de ces piliers de la société que vous êtes mesdames, « respectez ce jour ! ».

Sur ce, je vous souhaite une bonne journée internationale des droits des femmes et prenez soin de vous.

 

Le Vagabond

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