Les Chroniques du Vagabond : Et si nous étions tous le « Fake Friend » d’un autre ?

Les Chroniques du Vagabond : Et si nous étions tous le « Fake Friend » d’un autre ?

Qu’elle est incroyable cette vie ! Parfois acteur et souvent simple spectateur, nous vivons tous les jours des choses marquantes. Nous rencontrons des personnes incroyables et nous sommes témoins de faits, tout aussi remarquables qu’insolites. Tout au long de 3 décennies de vie sur cette terre, j’ai vu, entendu et vécu des choses qui méritent d’être dites et qui se doivent d’être partagées. Allant et revenant, passant d’un endroit à un autre tel un voyageur, à la fois étranger et enfant du pays, je suis le témoin de la beauté, l’ingéniosité et la créativité de l’être humain ; de sa folie, de son ignorance et même – excusez-moi – de sa stupidité. D’ici et d’ailleurs, appelez-moi « Le vagabond », témoin de la vie, de ses merveilles et de ses absurdités.

Une jeune femme se parle à elle-même : « 2019 commence et je dois prendre de nouvelles résolutions. En premier, je vais éliminer tous les « Fake Friends » dans mon entourage. Je ne garderais que les vrais ».

Belle résolution à priori !

Mais attendez, aussi noble, belle et légitime que puisse être cette décision ; elle suscite quelques questions qui, à mon sens, sont très pertinentes. Qu’est-ce qu’un « Fake Friend » ?, à partir de quand l’on estime qu’un ami devient un « Fake » mais surtout quels sont les critères pour être un bon « Fake  Friend». Et juste en passant, je ne sais pas trop pourquoi les gens aiment le dire en anglais. Peut-être parce que ça a du style. I don’t know ! So, anyway (oui, je sais faire mon anglophone aussi, lol), revenons à notre sujet.

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Notre belle génération (j’ironise), nourrie par les réseaux sociaux et la téléréalité, semble avoir découvert l’existence des « Fake Friends ». A croire que les faux amis n’existaient pas il y a 10 ans. Tout le monde veut écarter ces « Fake Friends » qui sont polluants, toxiques et dangereux pour notre épanouissement. On les veut le plus loin possible de notre vie.

Le « Fake Friend » est un trompeur, un faux ami qui sous couvert de sourire et d’attention n’agit jamais en notre faveur. Ne nous apporte rien de véritablement productif et ne nous aide pas à aller de l’avant. Dans cette grande famille de la « Fake Frienderie » (oui, j’invente des mots) nous avons les traitres, les menteurs, les profiteurs, les hypocrites, les malhonnêtes et tous ceux qui d’une manière ou d’une autre sont dangereux pour nous. Jusque-là tout va bien, l’ennemi est identifié. Mais gardons dans un petit coin de notre tête que dans cette grande famille, les gens entrent autant qu’ils en sortent. Ceci dit, avançons.

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Lorsque nous choisissons nos amis, nous le faisons par rapport à nos besoins et nos envies. Il y en a qui passent et ceux que nous gardons pour la vie. Nous attendons d’un ami de la loyauté, de l’attention, du respect, de la confiance ; bref, toutes ces choses qui font que les humains s’apprécient. Et lorsque ce lien se coupe, l’ami d’hier devient « l’ennemi ». Il devient le « Faux », celui qui n’œuvre plus pour nos intérêts et dont on doit s’éloigner de peur de sombrer. Encore une fois cela est légitime et je n’oserai le remettre en cause. Mais nous avons tendance à oublier que ce sont les mêmes motivations qui poussent les gens à nous choisir comme amis.

Alors je me demande si de la même manière que  nous avons la facilité de considérer les autres comme des « Fake Friends », d’autres personnes ne nous considèrent pas aussi de la sorte. Parce que franchement, au vu de la manière dont tout le monde accuse ces fameux « Fake Friends », on a l’impression qu’il y a 2 mondes qui nous séparent. Celui des bons et celui des mauvais. Ce qui serait catastrophique.

Réfléchissons ensemble. Si j’éloigne les gens qui m’ont trahis, qui m’ont abandonné, menti ou qui n’ont pas été honnête avec moi, suis-je sûr qu’il n’existe pas des personnes avec qui je joue le même jeu de duperie. Suis-je un saint ? Non, sinon je serais aux côté de Jésus ou de Bouddha. Et si nous étions tous simplemen tous le « Fake Friend » d’un autre. Une personne que nous avons trahis, que nous avons blessé par notre comportement. Que nous avons mis à l’écart parce qu’elle ne nous correspondait plus ou que nous avons trompé pour se protéger ou cacher le vrai nous ?

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Vous serez d’accord avec moi que vu sous cet angle, on y penserait à 2 reprises avant de considérer les gens comme des « Fake » tout simplement parce que nous nous sentons lésés.

Parce que tout est devenu prétexte ou raison de juger et traiter les autres de faux amis. Lorsque nos intérêts ne sont pas satisfaits, c’est la chasse à la sorcière.

Calmons-nous un peu ! Après tout, chacun de nous veille à ses intérêts en principe. Dans le fond, c’est l’intérêt que nous espérons tirer d’une personne qui nous pousse vers elle. Il peut être sentimental, psychologique, matériel ou les 3 réunis. Et en nous liant d’amitié nous avons des attentes, nous espérons que cette personne continue à nous donner ce que nous attendons d’elle. Lorsque cette source d’intérêt tarit, naturellement nous nous tournons vers une autre pourvu que l’on trouve ce que l’on désire.

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Alors « Fake », je veux bien. Mais avec modération. Trop de « Fake » tue la « Fakitude ». Et franchement, nul n’est parfait ! Nous sommes tous le « Fake Friend » d’un autre et c’est peut-être mieux comme ça.

Alors aimons nos amis (même les « Fake »), veillons à nos intérêts et n’oublions pas de vivre.

Sur ce, passez un bon week-end et prenez soin de vous !

 

Le Vagabond

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