Les Burundais et la sexualité : Les femmes plus précoces que les hommes

Les Burundais et la sexualité : Les femmes  plus précoces  que les hommes

Photo d’illustration ©DR

Selon une étude récente réalisée par l’Institut de Statistiques et d’Études Économiques du Burundi (ISTEEBU) en étroite collaboration avec le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, les femmes burundaises  commenceraient à être actives  sexuellement quelques années avant les hommes. La scolarisation est aussi un facteur qui retarde cette expérience chez les femmes tout comme chez  les hommes. On remarque aussi des différences notables entre les hommes et les femmes dans le monde urbain et dans le monde rural.

 

En moyenne, l’étude révèle que les femmes burundaises  ont leurs premiers rapports sexuels 3,3 ans plus tôt que les hommes. L’âge moyen  aux premiers rapports sexuels est de 19,6 ans parmi les femmes de 25-49 ans, contre 22,9 ans parmi les hommes de 25-49 ans.  Il ressort que plus une femme est instruite,  plus elle commence à avoir des rapports sexuels tardivement. Ainsi,  chez les femmes, l’âge moyen  aux premiers rapports sexuels augmente avec le niveau d’instruction, en particulier à partir du niveau secondaire ou supérieur : 19,0 ans parmi les femmes sans instruction contre 24,0 ans parmi celles ayant le niveau secondaire ou supérieur. L’hypothèse selon laquelle instruire les femmes pourrait contribuer en partie à ralentir l’explosion démographique pourrait avoir un certain fondement.

“À peu près un an après avoir été marié, les femmes burundaises ont leur première naissance. L’âge moyen à la première naissance parmi les femmes est de 21,5 ans.”

Il apparaît  que moins d’un an après avoir eu leurs premiers rapports sexuels, les femmes se marient. En effet, l’âge moyen à la première union (ou mariage)   est de 20,3 ans parmi les femmes. Chez les hommes, l’âge moyen  à la première union est de 24,1 ans.  La proportion des femmes qui se marient avant l’âge de 18 ans est huit fois plus élevée que chez les hommes (24 % contre 3 %).

Au Burundi, la culture et la famille veulent  qu’on se marie nécessairement pour  avoir des enfants. À peu près un an après avoir été marié, les femmes burundaises ont leur première naissance. L’âge moyen à la première naissance parmi les femmes est de 21,5 ans. Cette moyenne  varie selon la province, passant de 20,2 ans parmi les femmes des provinces de Cibitoke, Kirundo, et Muyinga à 24,5 ans à Bujumbura Mairie.

Les grossesses précoces se remarquent aussi chez les mineurs. Ainsi, 8 % de femmes  commencent  leur vie procréative entre  15-19 ans. Selon l’étude, près de 8%  étaient  déjà mères en 2017. Le pourcentage de femmes de 15-19 ans ayant commencé leur vie procréative est environ huit fois plus élevé dans la province de Ngozi que dans la province de Mwaro (15 % contre 2 %). Encore une fois, la scolarité joue un rôle primordial dans cette précocité. La proportion d’adolescentes ayant déjà commencées  leur vie procréative diminue nettement avec l’augmentation du niveau d’instruction (19 % pour celles n’ayant aucun niveau d’instruction à 4 % parmi celles ayant le niveau secondaire ou plus).

“L’utilisation des méthodes de planning familial  chez les femmes mariées  a augmenté au cours des 30 dernières années, passant respectivement de 9 % en 1987 à 22 % en 2010 et à 29 % en 2016-2017.”

Malgré l’interdiction de la polygamie et les efforts du gouvernement pour venir à bout ce phénomène, dans l’ensemble, 7 % des femmes et 2 % d’hommes de 15-49 ans sont en union polygame. La polygamie est la plus élevée dans la province de Muyinga où 13 % des femmes et 5 % d’hommes sont en union polygame.

Parmi les femmes de 15-49 ans non mariés  et sexuellement actives, 38 % utilisent une méthode contraceptive quelconque. Parmi elles, 34 % utilisent une méthode moderne et 3 % utilisent une méthode traditionnelle. Les injectables (12 %), le condom masculin (10 %) et les implants (7 %) sont les méthodes les plus utilisées par les femmes non mariées  et sexuellement actives. L’utilisation des méthodes de planning familial  chez les femmes mariées  a augmenté au cours des 30 dernières années, passant respectivement de 9 % en 1987 à 22 % en 2010 et à 29 % en 2016-2017.

 

 Elvis NDAYIKEZA

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