«Les Bons Samaritains», tout  faire pour sauver  la vie des enfants

«Les Bons Samaritains», tout  faire pour sauver  la vie des enfants

Alexis Butoyi , représentant Légal de l’Association “Les Bons Samaritains” ©Akeza.net

Des personnes qui ont dédié leur vie à faire le bien pour autrui existent toujours. Akeza.net rencontre aujourd’hui Alexis Butoyi, représentant légal de l’association « Les Bons Samaritains du Burundi » qui aide les enfants qui ont besoin d’opérations médicales complexes nécessitant un déplacement à l’étranger.

 

Akeza.net : Pouvez-vous nous expliquer ce que vous faîtes et comment ça se passe ?

 

Alexis : Je m’appelle Alexis Butoyi, je suis le représentant de l’association Les bons Samaritains du Burundi qui aide volontairement les enfants malades nécessitant un transfert à l’étranger.

Cela fera bientôt trois ans et demie qu’on travaille et on a déjà transféré en Europe 94 enfants pour des opérations ou soins non réalisables au Burundi, surtout les opérations cardiaques, les tumeurs cérébrales et l’hydrocéphalie, les enfants qui naissent avec les grosses têtes.

 

Akeza.net : Quels sont les cas en cours maintenant ?

 

Alexis : Pour le moment, nous avons un cas inhabituel, un enfant de NGOZI à Mivo qui est né avec une malformation de tête. On a transféré son cas en France, à Montpellier. Il a été accepté pour une opération d’urgence, et il doit quitter le Burundi le 10 Novembre. C’est une petite fille de 6 mois, donc elle ne va pas payer de billet d’avion, elle va seulement payer 1/10, plus quelques autres frais. Elle a besoin de 850 000FBu pour qu’elle soit sauvée.

Chadia Dushime , née avec une malformation de la tête

Chadia Dushime , née avec une malformation de la tête

Elle  va partir en même temps qu’un autre enfant de Musigati à Bubanza, qui est programmé pour une opération cardiaque en France à Paris. Celui a besoin de 3 000 000FBu pour le passeport, le billet d’avion, la mission médicale, l’assurance de voyage, et autres.

 

Akeza.net : Que demandes-tu ?

 

Alexis : Au nom de leurs parents, au nom de l’association, j’interpelle toute personne de bien vouloir   venir en aide à ces familles qui sont en panique et stressées. Ils sont tellement pauvres, ils ne peuvent se procurer aucun papier. Pour ceux qui veulent aider, l’association peut les mettre directement en contact avec les parents. Ils peuvent aussi nous contacter via l’association Le Bon Samaritain au 79 445 016 ou par mail actionsamaritaine@gmail.com

 

Akeza.net : Comment l’initiative est-elle née ?

 

Alexis : Au départ, je regardais la télévision Renaissance, c’était fin 2011, j’étais avec un ami allemand et j’essayai de traduire pour lui le message d’une maman qui demandait au président de la république 30 000 000 FBu aller faire soigner son enfant en Inde.

C’est cet ami allemand qui m’a mis en contact avec l’association des Cardiologues Français qui opèrent gratuitement. Ils m’ont demandé si je peux faire le volontariat, j’ai accepté.

Puis il y a un autre groupe de familles d’accueils, ils sont au nombre de 250, répartis dans 14 villes de France. Ces familles reçoivent les enfants chez eux, gratuitement.Une fois que le dossier que nous avons envoyé est accepté, le responsable des familles d’accueil nomme une famille qui va recevoir l’enfant.

Le troisième groupe avec lequel on travaille est une association qui s’appelle Aviation sans Frontières qui rassemble  les employés et  les retraités d’Air France et de Kenya Airways, et comme ils voyagent gratuitement dans ces avions, Aviation Sans Frontières nomme celui qui va venir au Burundi pour accompagner ces enfants jusqu’à la famille d’accueil.

 

Akeza.net : Comment vous organisez-vous au niveau local ?

 

Alexis : Nous les Bons samaritains avons d’autres bénévoles à Bujumbura. Nous avons des familles qui donnent le logement gratuitement aux parents de l’intérieur du pays sans connaissances à Bujumbura, nous avons des jeunes qui se donnent pour faire des courses, les examens médicaux et  rassembler tout ça  pour les parents qui ne connaissent pas la ville.

Nous avons aussi des cellules de prières qui mettent entre les mains de Dieu les opérations futures. On commence à avoir des étudiants qui donnent 1000-2000 FBu à l’association chaque mois, pour payer les déplacements vers l’aéroport, les hôpitaux, les communications, même les passeports parfois.

 

Akeza.net : Comment se passe le processus d’identification des enfants qui ont besoin de vos services ?

 

Alexis : Tous les chirurgiens qu’on a dans ce pays, tous les cardiologues et tous les pédiatres ont nos contacts. C’est eux qui identifient les cas nécessitant un transfert à l’étranger. Quand ils se rendent compte qu’un enfant présente un cas qui nécessite un transfert à l’étranger, ils lui donnent les coordonnées du Bon Samaritain.

 

Akeza.net : Que gagnez-vous dans tout ça ?

 

Alexis : La fierté, la joie, le plaisir de prendre part dans cette chaine qui a sauvé une vie, et ce n’est pas peu.

 

Akeza.net : y a-t-il des cas qui tournent mal ?

 

Alexis : Cela arrive toujours. Par exemple au mois de mai de cette année, on devait envoyer 8 enfants en France, mais comme ils ont manqué de moyens, nous avons réussi à envoyer uniquement trois. Ça, c’est un exemple récent. Si non chaque mois, il y a des enfants qui ratent leurs programmes et qui finissent par mourir. Un enfant qui meurt parce qu’il n’a pas eu 500 000FBu ou 1 000 000 FBu, c’est triste.

Si j’essaie de retourner en arrière, ces associations collaborent avec 63 pays du monde entier. Ils opèrent entre 200  et 250 enfants par an. Ils savent comment collecter les fonds pour payer les opérations parce que chaque opération coûte entre 18 000 et 30 000 euros.

 

Propos recueillis par Landry MUGISHA

 

 

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