Leadership au féminin : l’histoire derrière la montée de l’association “SISTERS IN SUCCESS”

Leadership au féminin : l’histoire derrière la montée de l’association “SISTERS IN SUCCESS”

« Former, Influencer, Impacter », trois actions qui résument la vie de leader qu’a choisi de mener Mlle Belyse INAMAHORO. Agir pour que la jeune fille burundaise devienne synonyme de prospérité dans sa communauté demeure le socle de la bataille que Mlle INAMAHORO, fondatrice de l’association « SISTERS IN SUCCESS » mène. Au-delà des réalisations et des défis auxquels elle fait face, Mlle INAMAHORO nous raconte les dessous du combat qu’elle a choisi de faire sien.

 

Akeza.net : Qui est Belyse INAMAHORO ?

 

Belyse INAMAHORO : Je réponds au nom de Belyse INAMAHORO, je suis fondatrice de l’association « SISTERS IN SUCCESS ». Je suis détentrice d’un diplôme de Licence en Sciences et Arts des Médias à l’Université « Wellesley College » de l’Etat de Massachussetts. L’idée de fonder l’association « SISTERS IN SUCCESS » m’est venue quand j’étais aux États-Unis. L’Université « Wellesley College » est un établissement strictement réservé aux filles et aux jeunes femmes. Avoir vécue dans ce monde typiquement féminin m’a donné l’inspiration de créer « SISTERS IN SUCCESS ».

 

Nous avons débuté nos activités en 2017 au mois d’Août. Le but était de former les jeunes filles pour qu’elles puissent influencer leur entourage, contribuer et participer dans le développement du pays. L’association « SISTERS IN SUCCESS » a déjà formé 143 jeunes lycéennes.

 

Akeza.net : Comment appréciez-vous l’impact de vos projets auprès des bénéficiaires ?

 

Belyse INAMAHORO : D’abord, nous avons remarqué qu’à la fin des programmes, les jeunes filles bénéficiaires deviennent plus ambitieuses. L’exemple parlant est celui de Laurette TETERO, lauréate de la compétition « PRIMUSIC 2019 ». Nous avons aussi des jeunes filles qui sont devenues des entrepreneurs dans le maquillage et dans le bricolage. Elles participent dans des compétitions et se débrouillent bien. C’est le cas de Carelle DUSHIME qui est entrepreneur dans le maquillage et Gloria MUCO qui fait du bricolage.

 

Avec nos programmes, il s’est avéré qu’on cultive l’ambition chez les jeunes filles, et qu’on crée chez elles l’esprit entrepreneurial. Dorénavant, elles sont à l’aise, peuvent oser et commencer leurs petits business. Nous vivons dans un pays où les femmes occupent des responsabilités, et où elles doivent assumer leur leadership. Nous avons remarqué qu’après les formations, nos bénéficiaires sont à l’aise avec le fait qu’elles deviennent leader dans leurs communautés, à l’école, et à la maison.

 

A notre compteur de réalisations, nous avons déjà organisé 8 évènements dont un camp d’été organisé en partenariat avec Kathryn Davis Projects For Peace. Notre récente activité est le programme d’été organisé en partenariat avec le Centre d’Information des Nations Unies. Nous avons aussi organisé une série de formations qui ont duré 5 semaines. Puis il y a eu un weekend réservé strictement aux jeunes filles lauréates de l’école secondaire.

 

Akeza.net : Comment est-ce que vous choisissez les bénéficiaires de vos programmes ?

 

Belyse INAMAHORO : Nous lançons un appel en ligne sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Groupes WhatsApp). Actuellement nos cibles sont surtout les jeunes filles qui sont sur les réseaux sociaux. Celles qui se trouvent intéressées remplissent un formulaire de candidature qui fait ressortir les activités extra-scolaires qu’elles mènent. Du coup, le comité de sélection a une idée de la personne, de ses ambitions, et de sa passion. Chaque année nous essayons de diversifier les profils des participantes pour éviter d’avoir seulement les jeunes filles de la ville mais aussi donner la chance aux autres types de profils.

 

Akeza.net : Quels sont les défis que vous rencontrez dans la réalisation de vos activités ?

 

Belyse INAMAHORO : Les défis que nous rencontrons à « SISTERS IN SUCCESS » varient. Au départ c’était trop difficile de convaincre les parents de laisser leurs enfants participer dans nos programmes. Le premier challenge était donc de mobiliser les parents en leur expliquant le bien-fondé de l’initiative pour leur progéniture. L’autre défi était de mobiliser des fonds car les programmes demandaient beaucoup de moyens financiers. Avec le temps, nous nous sommes adaptés et avons trouvé des solutions à ces défis.

 

Akeza.net : Quels sont vos perspectives d’avenir ?

 

Belyse INAMAHORO : Dans l’avenir, nous comptons élargir la portée de nos programmes à plus de bénéficiaires. Ceci dit que nous comptons former plus de jeunes filles. Actuellement, nous avons déjà formé plus d’une centaine. Mais ce nombre reste dérisoire si on compare avec les millions de jeunes filles qui sont à l’intérieur du pays, et celles qui sont dans les milieux défavorisés. Notre objectif est de former toutes ces jeunes filles.

Je profite de cette occasion pour lancer un appel aux organisations qui travaillent dans la promotion de la fille burundaise de se joindre à nous afin que nous collaborions en vue de mener des initiatives de grande envergure.

 

Propos recueillis par Janvier CISHAHAYO

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