Le sexe n’aurait aucun impact sur le physique des sportifs

Le sexe n’aurait aucun impact sur le physique des sportifs

Sportif en séance de musculation ©DR

Sujet de controverse et souvent tabou dans le milieu sportif, le sexe pour les athlètes avant une compétition ne cesse de diviser les professionnels du sport. Il est de notoriété publique que, pour un athlète, pratiquer une activité sexuelle juste avant une compétition sportive est contre-productif. Ça pourrait influer sur ses capacités et le rendre moins performant. Mais cela semblerait être une idée reçue, du moins selon le Prof Tommy Boone, Physiologiste du sport.

 

Nombreux sont des sportifs (toutes disciplines confondues) qui considèrent l’activité sexuelle néfaste pour leur performance, surtout à la veille d’une compétition. Cela affecte, selon eux, leurs performances. Les entraineurs, qui sont bien sûr d’accord avec ce postulat, déconseillent avec force la pratique du sexe avant les compétitions. Cette théorie existe depuis la nuit des temps. Déjà le philosophe Platon, en 444 avant J.C., écrivait : « Les compétiteurs olympiques devraient éviter l’intimité sexuelle avant les courses ». Le grand champion de boxe Mohamed Ali préconisait jusqu’à 6 semaines d’abstinence avant une compétition.

Plusieurs raisons viennent étayer cette théorie.

 

Beaucoup d’athlètes pensent qu’une petite frustration sexuelle avant un match les rendrait plus agressifs sur le terrain. En d’autres termes, la frustration qu’engendre la privation du sexe les rendrait plus concentrés et donc plus performants. Des médecins du sport ont aussi pensé qu’une éjaculation leur ferait diminuer le taux de testostérone – cette hormone masculine qui renforce les muscles-. D’autres par contre, au-delà des considérations plus ou moins scientifique, considèrent cela comme une grosse perte d’énergie et surtout une distraction pour l’athlète qui a besoin de toute sa concentration avant une compétition.

 

En exemple, citons les joueurs de l’équipe nationale de football du Costa Rica ont été privés de leurs conjointes pendant leur voyage en Allemagne pour la Coupe du monde de football. Autant de raisons avancés par les adeptes de cette théorie de l’abstinence. De quoi dissuader les athlètes et les empêcher de se laisser emporter par leurs envies.

 

Le sexe n’aurait aucun impact sur le physique des sportifs

 

Mais bien que la majorité du monde sportif croie en cette hypothèse, le monde scientifique, lui, est assez divisé sur la question. Quelques études ont été menées par des scientifiques du sport qui tentent de répondre à cette question. Et les conclusions abondent presque toutes dans le même sens.
Ainsi le professeur Tommy Boone physiologiste du sport, auteur de «Sexe avant une compétition athlétique : mythe ou réalité ? », après une expérience menée en 1995 , il montre que les hommes réalisaient les mêmes performances sur un tapis de course, qu’ils aient eu des relations sexuelles avant ou non, affirme que le sexe n’a aucun impact, ni bon ni mauvais, sur les performances sportives.

 

Pour Ian Shrier, médecin du sport à l’université McGill à Montréal au Canada, « Une nuit de sexe avant la compétition n’a aucun effet sur la force ou l’endurance, ni aucune autre capacité physique des athlètes ».
Une autre expérience a été menée en Belgique, sponsorisée par une grande marque de préservatifs. Cette enquête confiée au Dr Goossens, médecin du club de division 1 de football, « Germinal » Beerschot qui a fait passer à 12 joueurs deux tests d’effort maximal sur tapis roulant au lendemain d’une nuit d’amour et dans des conditions d’abstinence. La conclusion de celle-ci s’écrit en une phrase : « Il n’y a pas de corrélation entre la présence de testostérone dans le sang et la relation sexuelle ».

 

Ce qui vient contredire l’affirmation, citée plus haut, sur la diminution du taux de testostérone après l’effort sexuel. Il pense, en revanche, que cela pourrait être une distraction relaxante en cas d’anxiété avant une épreuve.

 

Signalons également qu’en termes de dépenses caloriques l’activité sexuelle n’est pas aussi gourmande qu’on peut l’imaginer. Selon l’étude du Professeur Boone, la dépense en calorie pendant l’acte sexuel serait de 25 à 50 calories.
Etre bien dans sa tête et bien dans sa peau

 

C’est surtout les conditions dans lesquels l’acte est posé qui sont mise en cause. Casey Stengel un coach de baseball disait : «ce n’est pas le sexe qui met les gars sur les genoux, c’est de passer la nuit à draguer pour chercher à conclure».

 

Le plus souvent c’est l’état psychologique de l’athlète qui déterminera sa performance ou contre-performance. Un joueur dans un état psychologique et mental apaisé sera performant sur le terrain. Sans oublier que les croyances aux vertus de l’abstinence, peuvent déstabiliser un joueur qui pensera avoir enfreint une loi sacré. A cela s’ajoute également « l’amour », un paramètre que les scientifiques ont souvent tendance à éluder, car trop subjectif, mais qui compte pour beaucoup quand il s’agit d’acte sexuel.

 

 

Tant de paramètres qui prouvent que ramener le rapport sexe/sport à une simple physiologique serait une erreur. Qu’à cela ne tiennent, la question de l’influence du sexe sur les performances des sportifs n’a pas cessé de faire couler de l’encre et de susciter des débats. Elle trouvera peut-être un jour une issue qui contentera tout le monde. Qui sait?

 

 

Moïse MAZYAMBO

Comments

comments