Le second livre du journaliste-écrivain BOSHIRWA met à l’honneur un enseignant atypique

Le second livre du journaliste-écrivain BOSHIRWA met à l’honneur un enseignant atypique

Le journaliste-écrivain Melchisédeck BOSHIRWA dit Melcky Boshir a sorti son deuxième livre ce jeudi soir. Il s’agit d’une biographie d’un sage du nom d’André NDABAHAGAMYE, un enseignant de la province Ruyigi à la retraite depuis 34 ans. Le livre s’intitule ‘’ Une vie au service de l’école ‘’. André NDABAHAGAMYE a passé 40 ans à former des miliers d’enfants au primaire qui sont devenus de hautes personnalités du pays. Le premier livre de l’infatigable Melchisédeck BOSHIRWA est un recueil de poèmes intitulé : ‘’ La poésie est mon art et mon pactole ‘’. 

 

‘’ Notre oncle enseignant a beaucoup marqué notre enfance’’, témoigne Dr Aimable HABONIMANA, modérateur de la cérémonie de présentation du livre du journaliste-écrivain Melchisédeck BOSHIRWA. Il est le neveu du sage André NDABAHAGAMYE, 93 ans. C’est avec sa sœur Maître Suavis CITEGETSE qu’ils ont eu l’idée d’écrire un livre sur leur oncle et patriarche, tellement il a eu de  l’influence sur leur enfance, sur leur colline Rugari, commune Ruyigi.

 

Le sage enseignant à la retraite André NDABAHAGAMYE avec l’écrivain Melchisédeck BOSHIRWA.©akeza.net

 

En février 2019, Maitre Suavis CITEGETSE voit sur Facebook un écrivain du nom de Melchisédeck BOSHIRWA qui va présenter son premier livre à l’Université du Burundi. Elle s’y est rend et parvient à s’entretenir avec le journaliste-écrivain, actuellement chargé de la rubrique culture au Journal Akeza.net. 18 mois plus tard, le livre : ‘’ Une vie au service de l’école ‘’ est sortie ce jeudi 20 août 2020.

 

Comme beaucoup d’enseignants très âgés, André NDABAHAGAMYE a vu et formé plusieurs générations sur le banc de l’école. André NDABAHAGAMYE a débuté le métier d’enseignant en 1946 alors qu’il n’avait que 19 ans. Il avait terminé et sorti premier de la classe de 5ème année primaire avec son cousin TOYI Ambroise, deuxième de la classe. Mais ils n’ont pas pu partir à Astrida à Butare au Rwanda pour continuer les études secondaires. ‘’ Ce sont les enfants des chefs et des princes qui sont partis à leurs places’’, raconte la fille de TOYI Ambroise venue ce jeudi témoigner elle aussi de l’œuvre de son oncle.

 

Après cette injustice, André NDABAHAGAMYE verra avec tristesse les enfants de son entourage abandonner les études encore très jeunes. Il fera tout pour garder dans la scolarité  tous les enfants qu’il croisait à commencer par sa propre famille notamment ses enfants, neveux et nièces. Ces derniers lui rendent un hommage éternellement.

 

Il a exercé son métier dans différentes écoles primaires de la commune Ruyigi notamment à l’école primaire de Nyamugari, à l’école primaire de Rusengo, à l’école primaire de Masake, à l’école primaire de Mukundanya, à l’école primaire de Mungwa, à l’école primaire de Kigarika et à l’école primaire de Kigamba. Il y gagna une grande notoriété et sa renommée s’y répandit énormément, indique le journaliste-écrivain Melchisédeck BOSHIRWA.

 

André NDABAHAGAMYE parcourait plus de 24 km par jour à pied pour se rendre à son boulot et vers les années 1970 il a fini par s’acheter un vélo, indique l’auteur durant la présentation de son livre. A force de sensibiliser les enfants de son entourage à abandonner l’école diocésaine dite ‘’Yagamukama’’ pour débuter l’école primaire, la population de la commune Ruyigi a fini par adopter le slogan : ‘’ Il faut fréquenter l’école NDABAHAGAMYE’’. Ainsi des hauts cadres du pays, des magistrats, des gouverneurs de province ont vu le jour.

 

 

 

 

 

 

 Professeur Joseph NDAYISABA, fils d’André NDABAHAGAMYE, ancien ministre sous la troisième République, en compagnie de l’auteur du livre de son père,  Melchideseck BOSHIRWA, journaliste-écrivain chez Akeza.net. ©akeza.net

 

Ses fils, Professeur Joseph NDAYISABA et François NDABAHAGAMYE, 62 ans, ont rendu hommage à leur père qui leur a inculqué une éducation de fer et d’amour. ‘’ Notre papa se rendait chaque fois en province Gitega à pied pour avoir une place au lycée ou au séminaire pour ses fils et filles ou pour réclamer des points en cas d’erreur’’, raconte François NDABAHAGAMYE. Un jour il est tombé gravement malade en cours de chemin de retour à pied de Gitega à Ruyigi et il a failli mourir.

 

Une de ses nièces, Vénérande KAMANA RURADOBEYE, lui a également rendu hommage. Ella a failli arrêter les études en bas âge n’eut été l’intervention de son oncle, le sage André NDABAHAGAMYE. Son père venait de mourir et sa mère était souffrante d’un cancer. Sa famille avait décidé qu’elle s’occupe de ses petits frères et sœurs. ‘’ Mon oncle leur a dit que je m’occuperais bien de mes frères et sœurs une fois terminé les études’’, raconte Vénérande KAMANA RURADOBEYE, aujourd’hui cadre de l’Etat à la retraite. « Je suis très reconnaissante envers mon oncle enseignant car sans son intervention je serais restée au village », poursuit-elle.

 

Entretemps les slameurs Jonas BAGUMA et Huguette IZOBIMPA, du Collectif Jewe Slam, récitaient leurs slams à la grande satisfaction du public venu nombreux à la présentation du second livre de Melchisedeck BOSHIRWA, lui aussi slameur.

 

L’Abbé Adrien NTABONA, écrivain et Professeur d’université, qui est un ami et voisin du sage André NDABAHAGAMYE était venu lui aussi lui rendre hommage. ‘’ Je donne souvent l’eucharistie à mon ami André NDABAHAGAMYE et j’ai trouvé en lui un homme qui ne se plaint jamais comme la plupart des hommes âgés’’, indique l’Abbé. Ce dernier se dit satisfait en outre de la promotion de la culture et de l’écriture qui peuvent s’exporter.

 

Olivier BIZIMANA

Comments

comments