Le lac Tanganyika classé «lac le plus menacé de la planète en 2017»

Le lac Tanganyika classé «lac le plus menacé de la planète en 2017»

Des embarquations de pêche au bord du lac Tanganyika ©DR

Avec ses 673 Km de long et ses 1470 m de profondeur, le Lac Tanganyika est le lac le plus long de la planète et deuxième lac le plus profond. Cependant celui-ci vient d’être désigné comme le lac le plus menacé en 2017 par le GNF (Global Nature Fund) lors de la journée mondiale des zones humides 2 février de cette année. Une menace qui représente un réel danger pour son écosystème mais aussi pour la population riveraine.

 

Véritable source de vie pour les populations, le Lac Tanganyika représente presque 17% de l’eau douce disponible sur la terre (près d’un sixième de l’eau douce non gelée de la planète). Ce qui lui donne une grande importance au niveau planétaire. Mais voilà, aujourd’hui le lac serait en danger. Selon le GNF, des facteurs comme la population, la pêche intensive ou encore la surexploitation des ressources biologiques en seraient l’origine.

 
Les besoins en logement et en nourriture dû à l’accroissement démographique des pays riverains (Burundi, République Démocratique du Congo, Zambie et Tanzanie), ont progressivement causés la destruction des habitats naturels aux abords du lac. En effet l’agriculture intensive, les techniques de cultures inadaptées et les constructions anarchiques causent la dégradation du sol et l’érosion. Ajoutons à cela les grandes quantités de terres transportées dans le lac par les eaux de ruissellement des zones montagneuses.

 
Parmi les nombreux facteurs menaçant le Lac Tanganyika, nous citerons la pêche intensive. Entre 1995 et 2011, la production du lac enregistre une baisse de 25% alors que le nombre de pêcheur s’est multiplié par 4. Au même moment les captures par pêcheur et par an ont baissées de 81%. Une situation qui place les 6 espèces endémiques du lac sur la liste des espèces menacés par la surpêche et la pollution des zones littorales et pélagiques de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature). Une surpêche causée par l’augmentation de la population et la baisse de la production agricole. Rappelons que la pêche est la principale source de revenus pour plus d’un millions sur les dix millions de la population vivants dans le bassin du lac Tanganyika.

 
Autres facteurs menaçant le lac, c’est la pollution des déchets toxiques non traités, déversés dans le lac par les usines et les foyers. Cela s’ajoute aux rejets toxiques du fuel utilisé par les bateaux de transport des personnes et des marchandises et les embarcations des pêcheurs. Et cette pollution est la cause des maladies hydriques telle-que le choléra, étant donné que les riverains consomment cette eau sans véritable traitement.

 
Autant de facteurs qui menacent l’intégrité de ce lac et par conséquent la survie de millions de personnes. Des mesures devraient être prisent pour la protection du lac et de son écosystème. Le GNF en collaboration avec l’organisation BIRATURABA a lancé un appel à des mesures durables pour préserver le lac Tanganyika, en espérant que l’Autorité du Lac Tanganyika qui est un cadre de coopération entre les quatre pays riverains du lac conjuguera les efforts nécessaires pour la préservation des eaux du lac Tanganyika.

 

 

Moïse MAZYAMBO

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