Le Festival Buja Sans Tabou accueille « Staging Times », un projet autour du concept « Temps »

Le Festival Buja Sans Tabou accueille « Staging Times », un projet autour du concept « Temps »

Le projet « Staging Times» veut explorer les dimensions de l’interaction entre les arts visuels et performatifs, le théâtre et la photographie en l’occurrence. Pour sa première réalisation, les artistes choisissent de créer autour du concept « Temps ». Dans le cadre des recherches portant sur le projet, une rencontre – entre l’historien Dr. Pr. Emile Mworoha et les artistes – s’est effectuée ce 28 février 2019 à l’hôtel Safari Gate. L’objectif, découvrir la notion du temps à travers les connaissances de l’historien Emile Mworoha.

Réunissant photographes et metteurs en scène de différents pays dont le Mali, le Malawi, le Burkina Faso, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Burundi et l’Allemagne, le projet Staging Times s’est donné comme thème le concept «Temps ». L’objectif est de créer l’interaction entre les deux arts : le théâtre et la photographie qui chacun exprime de sa façon la notion du temps. Pour créer, la première étape a donc été de penser au temps. Toutefois, Comment aborder ce concept aussi vaste ? Que représente le temps pour les burundais, pour la nouvelle génération africaine ? L’étape des recherches s’exige.

 

La conception du temps dans le Burundi ancien

Dans son échange avec les artistes invités, l’historien Dr. Pr. Emile Mworoha a partagé ses connaissances de la conception du temps « Umwanya » (traduction en kirundi) dans le Burundi ancien. « Dans le Burundi ancien, la société était agro-pastorale. C’est dans ce contexte que la conception et l’organisation du temps quotidien comme le temps mensuel ou encore annuel, s’alignait généralement sur les activités agricoles et pastorales », a-t-il expliqué. Pour fixer le temps, les burundais se referaient au rythme des activités pastorales, par exemple : « 11h du matin correspondait à la rentrée des veaux, « Mu mataha y’inyana ». Les séquences vécues dans la journée portaient également une indication du temps qui était très significative « 23h, « Mu gahubo » était l’heure où tout le monde s’est endormi, où il n’y avait plus aucun bruit. « Munturundi ? », L’expression indiquait 24h, pour dire « qui est cet homme à cette heure-ci ? ». Pour eux, il s’agissait d’une heure très avancée, entre la fin et le début d’une autre journée. L’année lunaire rattachée aux activités agricoles indiquaient aussi quel temps il faisait, c’est par exemple le mois de mars « Ntwarante » pour dire « Comment vais-je porter tout ce que j’ai récolté? ». C’était un mois d’abondantes récoltes. Certains événements traditionnels comme l’ « umuganuro » renseignaient également sur la conception du temps dans la société du Burundi ancien.

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« Les changements climatiques ne pouvaient-ils pas fausser l’indication du temps ? » « La fête d’umuganuro pourrait-elle revenir d’après vous ? ». « La royauté pourrait-elle encore avoir sa place dans le Burundi présent ? », diverses questions ont été posées au Dr. Pr. Emile Mworoha. De belles découvertes pour les artistes.
Les recherches continuent pour les artistes autour du concept « temps », assez vaste. Ce 1er mars, des rencontres avec les photographes et les théâtreux locaux seront au programme à l’Institut français du Burundi et dans les enceintes de l’école Stella Matutina. Une belle expérience qui continue.
Les créations inspirées de ces recherches pourront être présentées ici au Burundi notamment pendant la 4è édition du Festival Buja Sans Tabou en 2020.

Huguette IZOBIMPA

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