Le commerce ambulant, un moyen de survie malgré tout

Le commerce ambulant, un moyen de survie malgré tout

Photo d’illustration ©DR

Outre le fait qu’il s’agit d’une activité déclarée comme favorisant la concurrence déloyale et la fraude fiscale, le commerce ambulant fait vivre des familles. Speciose Nimubona est l’une des femmes qui gagnent leur vie grâce au commerce ambulant. Pour elle, ne pas se conformer à la loi n’est pas ce qu’elle aurait voulu mais la situation l’y oblige.

Arrivée de l’intérieur du pays à l’âge de 17 ans, Spéciose a aujourd’hui 20 ans. En trois ans seulement, beaucoup de choses se sont passées. Lorsqu’elle est arrivée à Bujumbura, elle voulait un travail de nourrisse. Hélas, elle est tombée enceinte et a été obligé de quitter son emploi tout en cherchant un moyen d’élever l’enfant qu’elle était sur le point de mettre au monde. Il a fallu qu’elle se cherche un toit mais aussi qu’elle trouve un moyen de subvenir à ses besoins. C’est ainsi que l’idée de débuter le commerce ambulant lui est venue.

Elle habite Kinama mais pour écouler ses avocats elle doit marcher des heures, entrer dans différents quartiers et vanter les qualités de ses produits en criant. « L’argent que je peux gagner avec mes avocats ne dépasse pas 5000 FBu par jour si j’ai tout vendu » dit-elle. « Vivre au jour le jour, telle est ma vie » ajoute-t-elle. Bien que son revenu soit petit, Speciose arrive à nourrir son enfant. Pour payer son loyer, elle contracte des dettes de ses amis qu’elle rembourse avec profit. A la question de savoir pourquoi elle ne demande pas de l’aide aux micro-finances pour vendre légalement (au marché) ses produits, Speciose répond qu’elle ignorait même cette possibilité.

Lorsqu’on parle de course à la clientèle

Digne Iradukunda pratique le commerce ambulant mais possède aussi un stand au marché. Pour elle, c’est une activité à risque mais elle n’a pas milles choix. « Au marché nous sommes nombreux à vendre les mêmes produits alors qu’il’ y a peu de clients » explique-t-elle. Elle circule le matin jusqu’à 10h et étale ses produits à son stand le soir. Elle fait cela pour maximiser les ventes, « des fois la chance te sourit, d’autres fois tu rentres sans rien » dit-elle.

Pour réglementer le commerce ambulant, trois ordonnances ministérielles ont été signés en 2016. Jusqu’à maintenant peu de marchands ambulants disposent des numéros d’identification fiscale (NIF) comme le leur demande le Ministère du commerce .Pour Speciose, le manque de soutien financier fait qu’elle persiste dans ce commerce. Quant à Digne, le fait que l’offre soit supérieur à la demande la pousse à se lever pour aller à la quête de clients. Les deux n’ont pas de NIF « Même si je le voulais, mon revenu est trop petit pour être sure de toujours pouvoir payer mes taxes », nous dit Speciose.

Huguette Izobimpa

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