Le cancer du col  de l’utérus, cette maladie qui tue à petit feu

Le cancer du col  de l’utérus, cette maladie qui tue à petit feu

Le taux de contamination est inquiétant. Depuis 2019, le Centre de dépistage et diagnostic du cancer « BUJAPATH » a diagnostiqué 27 cas positifs sur un total de 88 femmes, soit 30%.  Comprendre le cancer du col de l’utérus pour mieux le combattre.

 

Des symptômes d’alerte

 

Dr Cyriaque NDUWINO, Gynécologue-obstétricien à la Clinique Prince Louis Rwagasore. ©Akeza.net

 

Il y a des signes à ne pas négliger car ils peuvent  révéler le cancer du col de l’utérus, alerte le  Dr Cyriaque NDUWINO, Gynécologue-obstétricien à la Clinique Prince Louis Rwagasore.

 

 La grande majorité sont diagnostiqués à un stade 2, autrement dit, à un stade localement avancé. Les lésions précancéreuses sont asymptomatiques. Les femmes qui présentent ces lésions n’ont pas mal, ne saignent pas et n’ont pas d’odeurs vaginales particulières. Il n’y a rien qui pourrait les inquiéter. En revanche, lorsque la tumeur commence à se développer sur le col, cela peut entraîner certains symptômes comme des saignements”, dit-il.

 

Le cancer du col de l’utérus est une infection transmise par voie sexuelle générée par un papillomavirus humain (HPV) oncogène. Des études ont montré qu’il existe plus de 100 types de HPV mais deux d’entre eux, les HPV 16 et 18, sont responsables d’environ 70% des cancers du col de l’utérus,  ajoute-t-il.

 

«À la différence des autres infections sexuellement transmissibles, il se transmet dès les premiers attouchements, même sans pénétration», indique-t-il. D’après lui, quoi que lepréservatifsoit recommandé lors des rapportssexuels, il  n’en protège pas toujours, car le virus, très petit, peut passer à travers ses pores.

 

Âge et stades du cancer du col de l’utérus

 

Dr Jean-Marie HARIMENSHI du Centre de dépistage et  diagnostic du cancer « BUJAPATH. ©Akeza.net

 

Selon le Dr Jean-Marie HARIMENSHI du Centre de dépistage et  diagnostic du cancer « BUJAPATH, 40% des cas sont diagnostiqués chez des femmes de moins de 50 ans, l’âge médian étant à 53 ans et l’incidence la plus élevée est observée chez les femmes de 45 à 49 ans. Ce cancer est meurtrier, dit il.

Il ajoute que  chaque cancer évolue selon  différents stades qui permettent de  définir le niveau de  gravité et l’étendue de la maladie. « Concernant le cancer du col de l’utérus, la maladie est classée en quatre stades allant de 1 à 4. Plus le chiffre est élevé et plus le cancer s’est propagé. Quand il est qualifié de “local”, c’est qu’il ne s’est pas propagé à d’autres zones du corps. Dans ce cas, la maladie est détectée à un stade précoce et  les chances de survie s’élèvent à 90% », souligne  le Dr HARIMENSHI.

 

 Le cancer, un  véritable  fardeau pour la famille

 

Le traitement du cancer du col de l’utérus est long et coûteux, prévient le Dr Jean-Marie HARIMENSHI.

Le lien de causalité entre maladie et pauvreté existe dans  deux sens. « La pauvreté génère un mauvais état de santé mais, inversement, dans une situation économique précaire, une maladie grave d’un membre de la famille peut faire basculer toute la famille dans la misère », indique il. Pour des personnes qui doivent chaque jour assurer leur survie, la maladie est un vrai désastre, conclut-il. « Comme il n y a pas de fonds spécial chargé de la prise en charge des malades du cancer, les familles sont obligées de tout vendre pour supporter les soins. La mort n’intervient que dans un contexte d’extrême pauvreté », déplore t il.

 

 

De son côté, le Dr Cyriaque NDUWINO recommande la vaccination. Comme le cancer du col de l’utérus est causé par un papillomavirus (HPV) oncogène, la vaccination consiste à protéger de cette infection, dès le plus jeune âge. Pour lui, il faut administrer deux doses entre 11 et 14 ans ou trois doses entre 15 et 19 ans. Ce dosage peut aussi être proposé en rattrapage jusqu’à 19 ans révolus. « Ce vaccin n’offre pas une protection contre la totalité des papillomavirus cancérigènes, ni contre les infections existantes. Il protège contre 70 à 90% des HPV »,nuance il. Face à cette incertitude, le Dr NDUWINO recommande un dépistage tous les 3 ans dès l’âge de 25 jusqu’à 65 ans

 

Albéric NDAYIRUKIYE

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