Le cancer de la prostate, un tueur encore largement méconnu au Burundi

Le cancer de la prostate, un tueur encore largement méconnu au Burundi

Selon les données de l’OMS publiées en 2018, les décès par cancer de la prostate au Burundi avaient atteint 671, soit 0,80% du total des décès. Le taux de mortalité ajusté en fonction de l’âge était, à l’époque, de 48,43 pour 100 000 habitants, ce qui classe le Burundi au 12ème rang mondial. Certains signes doivent pourtant attirer notre attention.

 

Pour un dépistage précoce

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Il survient le plus souvent chez des hommes âgés. 66 % des cancers de la prostate apparaissent chez les hommes âgés de 65 ans et plus. Des nouveaux cas de cancer de la prostate sont diagnostiqués chaque année au Burundi, indique Dr Toto SHABANI, médecin chirurgien urologue à l’hôpital universitaire de Kamenge. Pour lui, des risques accrus de cancer de la prostate sont fréquents en cas d’antécédents familiaux.

« Le risque de développer un cancer de la prostate n’est pas influencé par le fait de souffrir d’un adénome, qui est une tumeur bénigne de la prostate » nuance-t-il.

Il regrette toutefois que les autorités sanitaires du Burundi ne recommandent pas encore un dépistage systématique du cancer de la prostate par le dosage du PSA PSA (abréviation de l’anglais Prostatic Specific Antigen) qui est une substance libérée dans le sang par la prostate. Une simple prise de sang permet de déterminer sa concentration qui se mesure en nanogrammes par millilitre (ng/ml)

« À l’heure actuelle, il n’existe pas de preuves qu’un dépistage permettrait de réduire la mortalité liée à ce cancer. Cependant, un dépistage individuel par un dosage du PSA ou un toucher rectal peut-être réalisé si votre médecin traitant le juge nécessaire », indique Dr SHABANI.

 

Des signes à surveiller

Il arrive que le cancer de la prostate n’occasionne aucun signe physique, surtout au début de sa croissance, note Dr SHABANI. Il précise que la maladie se développe parfois en périphérie de la prostate et ne gêne donc pas le passage de l’urine à travers l’urètre. Aucune suspicion jusqu’à ce stade. Sa découverte est donc parfois totalement fortuite à l’occasion d’un bilan de santé par exemple, d’après lui.

« Lorsque la tumeur vient à comprimer l’urètre, des symptômes du cancer de la prostate tels qu’une difficulté à uriner, un besoin de pousser, des envies fréquentes d’aller uriner, ou des douleurs en urinant peuvent survenir. Mais attention, la présence de ces signes chez l’homme traduit bien plus souvent la présence d’un simple adénome bénin que la présence d’un cancer », affirme le médecin.

Selon lui, en cas de suspicion de cancer de la prostate, le médecin effectue toujours en premier lieu un toucher rectal visant à palper la prostate et détecter d’éventuelles irrégularités ou une consistance modifiée. A ce stade, aucun traitement n’est envisagé. Le sujet est aussitôt soumis à une surveillance régulière.

Parlant du traitement du cancer de la prostate, Dr SHABANI recommande plus de prudence.

« Le traitement est toujours adapté à l’état de santé général, à l’âge et aux degrés d’extension et d’agressivité de la maladie », dit-il.

Il précise que les traitements sont proposés dans le but de guérir en cherchant à détruire la tumeur, de contenir son évolution ou de traiter uniquement les symptômes afin d’assurer la meilleure qualité de vie possible du patient.

 

Alain-Majesté BARENGA

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