Le blog «This burundian life», un miroir sur la société burundaise.

Karl-Chris Nsabiyumva le blogger.©Photo privé.

Karl-Chris Nsabiyumva le blogger.©Photo privé.

Au Burundi, ce n’est pas toujours évident de lever le voile sur sa vie. Mais ‘’This burundian life’’, un blog monté par Karl Kris NSABIYUMVA déroge à la règle et tend à faire de l’exception la nouvelle règle. Sur This burundian Life, les burundais de partout s’ouvrent et parlent de leurs joies, leurs peines, leur vécu, leurs anecdotes, leur quotidien, leur vie d’hier, d’aujourd’hui…Nous avons rencontré le fondateur.

 

 

Akeza .net : Bonjour Chris.

 

 

Karl Chris : Bonjour

 

 

Akeza.net : Quand et comment as-tu démarré ton blog ?

 

 

Karl-Chris : J’ai lancé This Burundian Life le 26 Juin 2013, sinon ça va faire trois ans que je blogue. Mon blog personnel s’appelle «Mister Burundi, Ramblings of a Third World Elite». Je dirai que j’ai commencé à bloguer pour partager quelques expériences personnelles avec ma famille et mes amis. Vous vous demandez peut-être le pourquoi de cette envie de partager. Disons que j’aurais vécu quelques expériences différemment si quelqu’un m’avait averti sur la réalité de certaines choses. J’ai donc voulu «avertir» les autres. (Rires). Mais bon, je partageais aussi des expériences heureuses, et à un moment je me suis mis à «observer» et à écrire quelques impressions personnelles sur la vie au Burundi et la société burundaise.

 

 

Akeza.net : Quelle est la raison d’être du blog « this burundian life? »

 

 

Karl-Chris : Au bout d’une année à partager mes textes sur mon blog personnel, j’ai eu l’idée de créer un espace pour que d’autres personnes puissent partager leurs histoires sur leurs vies au Burundi ou en tant que Burundais. C’est ainsi qu’est né ‘This Burundian Life’. L’idée est née quand j’ai réalisé que beaucoup de gens que je ne connaissais même pas lisaient et suivaient mon blog. Certains (des étrangers pour la plupart) disaient même que ça leur permettait de mieux «voir» et «comprendre» la vie au Burundi. Sachant que ma vie et mes «réalités» ne représentent même pas un demi-pourcent de ceux de la population général, j’ai voulu créer un espace où différentes expériences peuvent être partagées afin de peindre une image plus véridique de la société burundaise.

 

 

Akeza.net : Pourquoi le nom « this burundian life? »

 
Karl-Chris : This burundian life veut dire cette vie Burundaise, ou au Burundi si vous voulez. J’ai choisi ce nom, inspiré par le nom d’une émission radiophonique célèbre qui s’appelle ‘This American Life’, pour indiquer, le plus simplement possible ce que nous faisons : raconter nos vécus en tant que Burundais, ou au Burundi pour les étrangers qui vivent ou ont vécu ici.

 

 

Akeza.net : Il parait que plusieurs personnes écrivent sur ton blog?

 

 

Karl-Chris : Oui plusieurs personnes écrivent. C’est un blog public. On ne demande pas de journalistes ou écrivains professionnels. Il faut juste savoir écrire, et il n’y a pas de contrats ou d’obligations. Et vous pouvez écrire dans la langue (Kirundi, Français, Anglais ou un mélange) et le style que vous voulez. Quand vous soumettez un texte (via la page de soumission sur le site, ou par e-mail) une équipe de rédaction composée de cinq personnes (les informations sur ces personnes sont sur le site) le revoit et fait les corrections nécessaires en cas de besoin. Nous le téléchargeons ensuite sur le site pour publication. Je tiens à signaler que nous ne publions pas tous les textes que nous recevons. Nous privilégions des histoires personnelles et des analyses objectives, c’est à dire qui ne critiquent pas que pour critiquer, ou pour attaquer certains groupes, croyances ou pratiques simplement parce qu’on n’est pas d’accord avec. Nous essayons aussi de rester en dehors de la politique puisqu’il y’a plusieurs autres média qui s’occupent de cela.

 

 

Akeza.net : Intéressant. As-tu des feedbacks, ce que disent les gens de ton blog?

 

 

Karl-Chris : Il est apprécié. Dernièrement un contributeur a dit que le blog est un espace d’échange unique et précieux qui donne espoir que notre pays s’en sortira malgré les difficultés auxquelles on fait face actuellement. Ça m’a fait sourire et ça m’a montré que nous faisons la bonne chose. Je dois avouer que ne je ne croyais pas que le blog allait marcher quand je l’ai lancé. (Rire). Sinon, les statistiques sur le nombre de lecteurs, d’abonnés et de ‘likes’ montrent que le blog est suivi régulièrement ; et je me dis que personne ne suivrait ce qu’elle n’aime pas. (Rires)

 

 

Akeza.net : Jusque-là, qu’est ce qui t’a le plus marqué, personnellement, avec ce blog?

 

 

Karl-Chris : Il y’a un grand nombre d’articles que nous avons publié que j’ai beaucoup aimé au point de ne pas savoir lesquels citer et lesquels laisser. Mais ce qui me fait le plus plaisir c’est quand un texte d’une personne qui avait peur d’écrire, ne se sentant pas ‘habile’, est apprécié par les lecteurs, l’encourageant à écrire plus ; ou lorsqu’un texte inspire un débat ou une initiative. J’ai été particulièrement touché quand la série #myBurundianDream et les «tweet» qu’elle a inspiré ont attiré l’attention des chaînes Al Jazeera et France 24 qui en ont parlé dans leurs infos. Et puis, quand des gens comme vous nous disent qu’ils veulent écrire des articles sur le blog, cela nous fait vraiment plaisir !

 

 

Akeza.net : Merci pour cet entretien.

 

 

Karl Chris : C’est moi qui vous remercie.

 

 

Propos recueillis par Armand NISABWE

Comments

comments




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.