L’amour d’un pays qu’elle n’a jamais connu : Lydia Noëlla IRANKUNDA raconte…

L’amour d’un pays qu’elle n’a jamais connu : Lydia Noëlla IRANKUNDA raconte…

De parents burundais, elle a vu le jour en Tanzanie, a habité au Kenya, a grandi au Malawi pour enfin s’établir en Australie. Elle, c’est Lydia Noëlla Irankunda. Lydia évoque l’amour et l’admiration qu’elle a pour un pays dans lequel elle n’a jamais vécu mais qui coule dans ses veines.  A 21 ans, elle est étudiante à l’université de Wollongong où elle étudie le commerce spécialisé en gestion des ressources humaines et en finance et travaille actuellement pour le bureau des impôts australien.

 

Akeza.net : Toi et ta famille avez effectué des déménagements incessants quand tu étais encore jeune, comment était ton enfance ?

Lydia : Je suis née en Tanzanie et on a déménagé au Kenya quand j’étais encore enfant. Je ne me souviens pas de ma vie avant mes 5 ans. Sans tarder, nous avons déménagé au Malawi, un nouveau pays et de nouvelles expériences. Je me souviens de mon premier jour d’école et des défis que nous avons vécu moi et ma famille à cause du mode de vie des réfugiés et de mes parents qui cherchaient à construire un avenir pour mes frères et sœurs.

Je n’ai pas vraiment grandi aux côtés des burundais dans ma vie mais j’ai toujours aimé tout ce qui concerne ma culture et je voulais juste en savoir plus. La première fois que je suis venue au Burundi, j’avais 12 ans et je rendais visite à mes grands-parents. C’était surréaliste ! Les gens, la nourriture et l’ambiance générale était captivante.

Akeza.net : Du Malawi en Australie, il fallait s’adapter à la nouvelle et différente vie. As-tu gardé des souvenirs de tes premiers jours en Australie ?

Lydia : Quand on a déménagé en Australie, c’était une expérience incroyable. Je me souviens que mes premiers jours à l’école la seule langue que je pouvais parler à l’époque était le chichewa (malawien). Je me souviens de l’enseignant qui me demandait combien faisaient 10 + 20. Je me souviens d’avoir levé les bras et d’avoir été courageuse, mais je ne savais pas comment le dire en anglais (rires). J’ai crié 30 en Chichewa et les enfants se moquaient de moi mais le professeur m’a donné un stylo pour que j’écrive ce que je venais de dire. J’étais très timide quand j’étais plus jeune, donc parler et m’ouvrir était difficile, mais la seule chose en face de laquelle je n’étais pas timide était la nourriture (rires). Je mangerai de tout.

Je ne pense pas que j’étais aussi fascinée par les australiens qu’ils l’étaient par moi. Nous vivons à Wollongong (Nouvelle-Galles). C’est un endroit très calme où les parents stricts aiment élever leurs enfants. À l’époque, peu de noirs vivaient ici et c’est toujours le cas. Un jour, j’étais au centre commercial et du monde s’arrêtait pour me regarder et me toucher la peau avec tellement de curiosité. Je me disais qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond dans leurs têtes.

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Grandir en Australie était incroyable mais en même temps difficile. Être dans un endroit différent du Burundi et avoir à intégrer à la fois ma culture et ma façon de vivre en Australie était parfois difficile.  Je dirais aussi que le racisme et l’intimidation ont été des situations malheureuses que j’aie vécu en grandissant. A l’époque je n’aimais pas ma situation mais aujourd’hui je suis plus confiante. Je suis chrétienne et cela m’a aidé à rester enraciné dans la parole de Dieu et à vouloir aspirer à faire plus avec ma vie. C’est pourquoi je suis déterminée à utiliser tout ce que j’ai vécu pour faire la différence dans le monde et dans la vie des burundais parce qu’on ne leur donne pas d’opportunités, on ne les encourage pas à rêver au-delà de ces circonstances et de ces situations.

Akeza.net : Tu as déjà visité le Burundi et tu parles très bien le Kirundi, quelle était ton impression ?

Lydia : Lorsque j’ai visité le Burundi à l’âge de 12 ans, j’ai appris que le Burundi a tellement de talent, mais qu’il manque d’opportunités et d’encouragements. J’ai tellement de rêves et de projets pour développer mon pays. Je sais qu’il y a aussi d’autres jeunes qui rêvent et qui prévoient faire une différence et j’espère établir des relations avec eux parce qu’ils disent que deux valent mieux qu’un.

 

Akeza.net : Etait-ce le but de la création de ta chaine YouTube « Lydia Noella » ?

Lydia : Je pense que j’ai commencé ma chaîne l’année dernière comme un puits pour sortir de ma zone de confort et comme une personne créative pour partager ce que j’aime, ce que je déteste et consort. Une autre raison était de promouvoir le fait que je suis burundaise parce qu’à cette époque je ne trouvais personne qui faisait la même chose.

Je suis en train de créer un programme qui vise à permettre aux jeunes chômeurs burundais d’acquérir des compétences pour non seulement décrocher les meilleurs emplois possibles, mais aussi être en mesure de créer leurs propres rêves.

Akeza.net : Merci beaucoup de nous avoir partagé ton histoire et bon courage dans tes projets

Lydia : Merci beaucoup à vous !

Propos recueillis par Miranda Akim’

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