La zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC) : Une opportunité d’affaires pour le Burundi ?

La zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC) : Une opportunité d’affaires pour le Burundi ?

La ZLEC est un projet de zone de libre-échange continental africain en cours de création sur l’ensemble du continent africain. 28 pays ont déjà signé et ratifié l’accord de libre-échange. Dans un Forum National sur la Zone de Libre Echange Continentale Africaine organisé à Bujumbura, Jean Marie Niyokindi, ministre du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme a annoncé que le Burundi prévoit également de s’y intégrer. Les tractations sont en cours pour ratifier les instruments de cet accord.

L’objectif du projet est d’intégrer à terme l’ensemble des 55 États de l’Union africaine au sein de cette zone. Dans sa vision, l’accord prévoit le commerce intra-africain en réduisant les barrières  tarifaires et non tarifaires, et en améliorant les perspectives de diversification des exportations de produits manufacturés pour les pays africains.

Cependant, le Burundi se retrouve avec un secteur secondaire (les industries et les autres unités de transformation) encore embryonnaire. En 2018, il constituait 15% du PIB national derrière le primaire (36,3 %) et le tertiaire (39%). Dans cette configuration, avec un tissu industriel qui se cherche encore, il y a lieu de se demander si l’entrée du Burundi sur le marché de libre échange africain sera bénéfique vu que l’industrie peine à trouver ses marques.

Prosper Niyoboke, économiste et professeur d’université salue l’idée du Burundi d’intégrer cette zone. « Que le Burundi puisse vouloir appartenir à la zone de libre échange est une bonne chose car la libre circulation des biens et services  donnera aux opérateurs économiques burundais les possibilités d’exercer sans beaucoup de difficultés (suppression de barrières tarifaires et non tarifaires,…). Ainsi, ils pourront acquérir de l’expérience et harmoniser leurs produits aux standards du marché, ce qui créera de la compétitivité ».

Mr Niyoboke précise qu’il faut d’abord consolider l’intégration dans les blocs commerciaux qui sont construits au niveau des régions de l’Afrique (EAC, COMESA, CPGEL,…) ; et évaluer l’état d’avancement dans l’intégration et leur réussite respective.

Néanmoins, l’économiste manifeste des inquiétudes. « Le fait de chercher à appartenir à beaucoup de communautés nécessite une forte mobilisation en terme de coûts, d’exigences au niveau institutionnel (niveau d’adhésion, les reformes juridiques,..) ». Et d’ajouter : « Il faudra bien voir si cette intégration n’enlise pas les initiatives déjà engagées par rapport à certaines avancées au niveau de l’intégration régionale parce que le Burundi qui est encore une petite économie cherchera à répondre aux exigences de différents niveaux et en même temps à ceux des groupements régionaux, ce qui peut peser sur ses capacités ».

Mr Niyoboke donne des suggestions pour une bonne intégration. « Il faudrait que les pays les plus nantis puissent tirer les ficelles pour remorquer les petites économies afin de trouver un point d’équilibre qui permet les échanges. Le Burundi devra adopter une stratégie qui cherche à stimuler les initiatives locales à la base parce que la logique gain ici n’est pas ce que l’on va récolter sur ce marché mais ce que l’on aura à proposer ».

 

Janvier CISHAHAYO

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