La saga Kessia et Marvella : Papy Jamaica , réalisateur de « Yoronimu » partage ses souvenirs

La saga Kessia et Marvella : Papy Jamaica , réalisateur de « Yoronimu » partage ses souvenirs

Papy Jamaica dans son bureau © Akeza.net

Lorsque nous arrivons à son bureau, son visage affiche de la fatigue mais il reste bienveillant. Il a beaucoup à faire, ça se voit.  Il envoie un mail super urgent, puis s’excuse de nous avoir fait attendre. L’entretien commence dès qu’il détourne le regard de son ordinateur portable.

Amani Papy , plus connu sous le nom de Papy Jamaica est l’un des précurseurs dans la production de vidéos modernes au Burundi et sans doute une figure emblématique dans son domaine. Il garde un très bon souvenir de « YORONIMU »*, qui est l’une de ses premières réalisations  vidéo. Il partage avec nous ce succès national, un succès qu’il relate avec beaucoup d’émotions, de rires et d’anecdotes. Nous nous sommes entretenus  avec le « bon vieux Papy » comme il aime bien le dire. Entretien autour de cette vidéo  qui a  fait le plus grand plaisir des petits comme des adultes.

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Akeza.net : Une petite présentation pour ceux qui ne te connaissent pas encore?

Papy Jamaica : Je m’appelle Amani Papy, le directeur exécutif et co-fondateur du Burundi Film Center (BFC). Je dirige une petite boite de production dans le secteur privé , c’est elle qui héberge BFC.

Akeza.net : Quel souvenir gardes-tu de la production de « YORONIMU » ?

Papy Jamaica : Je garde un très bon souvenir de ce tournage. Tourner un clip vidéo avec des enfants c’était difficile. Tu pouvais leur dire de répéter et elles te disaient  qu’elles étaient fatiguées ou qu’elles ne veulent pas le faire. Mais ce sont vraiment des enfants exceptionnels.

Je me souviens surtout que c’était mes débuts. J’étais encore étudiant et j’étais vraiment passionné par les vidéos. J’utilisais le système analogique, l’ancien système  des VHS. J’ai produit la toute première chanson de Lolilo. Ensuite j’ai acheté le système numérique. Avec la carte numérique, j’ai produit la chanson « Iwacu » de Kidum. J’ai produit « URAMURERA » du club Higa Folk-as, ils ont vu que c’était bon. C’est par après que le club est revenu pour YORONIMU.

Editeur de vidéo © Akeza.net

Akeza.net : Quelle a été l’influence de la chanson « YORONIMU » sur ta carrière de producteur ?

Papy Jamaica : La chanson YORONIMU  a eu un impact sur ma vie professionnelle et personnelle. Lors de sa nomination au Kora Awards, j’ai accompagné le club Higa en Afrique du Sud et j’ai pu rencontrer des stars comme Kessia et Marvella l’ont évoqué dans leur interview. On a rencontré Shaggy, Missy Elliot, Koffi Olomide. J’ai aussi fait des connaissances qui m’ont été d’une grande aide. On m’a fait des remarques sur la vidéo, des normes que je n’avais pas respecté, comment je pouvais m’améliorer, ainsi de suite. Ça m’a aidé à connaitre ma position. Je me souviens que quand je suis revenu, j’étais très sollicité.

Akeza.net : 13 ans après la sortie de « YORONIMU » , où en es-tu?

Papy Jamaica : Après YORONIMU, j’ai produit d’autres clips vidéo que je ne saurais même dire le nombre. Après un certain temps, on passe à autre chose. J’ai fait les clips ensuite les mariages maintenant je suis dans la production de films/séries. C’est là où je consacre toute mon énergie.

Akeza.net : Si tu avais un conseil à donner aux jeunes producteurs, ce serait?

Papy Jamaica : Il faut savoir bien gérer son succès (une fois qu’on l’a). Je regarde d’où je viens, je travaillais dans ma chambrette à Bwiza et j’utilisais un pentium 4. Aujourd’hui je travaille sur une plateforme Mac. Mes employés ont en un chacun, je m’assure d’un bon matériel pour satisfaire mes clients. Si je vois mon parcours, je viens de très loin. Ce qui fait que quelqu’un ait du succès et reste en haut de la liste c’est le courage et la détermination.

La caméra que Papy Jamaica a utilisé pour ses toutes premières réalisations vidéo  © Akeza.net

Akeza.net : Un dernier mot ?

Papy Jamaica : Je remercie à tout co-auteur de mon parcours. J’ajouterais aussi que la clé du succès c’est la gestion du temps. Comme l’adage le dit « le temps c’est de l’argent ». Quand tu dors, tu fais dormir l’argent. Je dors 6h par jour. Les heures qui restent, c’est pour travailler et pour ma famille. La dernière chose, je dirais que l’humilité compte dans le business. Peu importe l’argent qui dort sur votre compte bancaire, soyez humble.

 

Quand l’entretien touche à sa fin, d’un ton humble, il nous propose de regarder quelques extraits des séquences tournées en Afrique du Sud lors du Kora Awards. Après visionnage, on finira par monter d’une vidéo des séquences prises en 2004 et d’autres en 2005. L’on ne tardera pas à remarquer dès la première seconde Kessia et Marvella descendant d’un avion pour fouler le sol Sud-Africain. On vous laisse découvrir la suite ici: Tubembereze de Higa Folk-as

 

*« YORONIMU » est une chanson  du folklore burundais  dont la reprise par 2 magnifiques petites filles Kessia et Marvella a séduit tout un peuple il y a 13ans.

 

Propos recueillis par Miranda Akim’

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