La première fois que je suis venue à Bujumbura, Godeliève se raconte (1ère partie)

La première fois que je suis venue à Bujumbura, Godeliève  se raconte (1ère partie)

 

Les voyages c’est toujours excitant ; pour certains en tout cas, découvrir un nouvel endroit, croiser de nouveaux gens et vivre de nouvelles expériences est au départ ce que l’on a en tête quand on s’en va pour une destination nouvelle. Mais alors la réalité s’avère parfois choquante, époustouflante voire même embarrassante. Godeliève Ntakarutimana nous  partage ses souvenirs d’il y a plus de 25 ans.

Ma première fois à Bujumbura, la capitale de mon pays, souvent entendue mais que je n’avais jamais vu de mes propres yeux. A cette époque, l’usage des réseaux sociaux n’existaient pas dans notre mode de vie, tout devait être stocké dans la mémoire. Les histoires qu’on te racontait ne suffisaient pas, il fallait voir par soi-même.

La première fois que je suis venue à Bujumbura, c’était en 1972 au mois de février. Je ne me rappelle pas de la date mais je me souviens très bien que c’était un jeudi!

Depuis que je suis toute petite, j’ai des problèmes de vue. Alors mon père a décidé de me faire soigner à Bujumbura, la grande et belle ville. J’étais excitée comme une puce. Une enfant de Rutana qui allait voir les «lumières» de la ville.

Moi et mon père avons alors pris un camion (oui, on prenait des camions et non des bus pour voyager) appelé « tugezehe? » (Où sommes-nous?). Il était appelé  ainsi en raison de son conteneur en planches de bois, qui ne permettait pas de voir à l’extérieur. Il y avait des tentes (en cas de pluie)  qui faisaient office de toiture. On voyageait comme des vaches (rires).Il n’y avait pas de sièges, pas même de barre de maintien bien évidement. Avec une route en piteux état, bonjour les secousses.On se rentrait dedans, j’attrapais les vestes des autres voyageurs.

On faisait 14h de route (maintenant deux bonnes heures suffisent largement) pour arriver à Bujumbura. 14heures de route pénibles, 14h de route sans m’asseoir, un vrai calvaire.

Quand j’arrive à Bujumbura, c’est un tout autre monde que je découvre. Une famille qui habitait à Bwiza nous avait accueillis. Trois choses m’ont marqué; le soir, il y avait beaucoup de moustiques que de gens et une chaleur intense. Deuxième chose, au lieu de dormir, apparemment chez eux la vie commençait. Les lumières et la musique étaient au rendez-vous. Etonnant! Troisième chose, les toilettes à l’intérieur de la maison. Plus question d’aller à l’extérieur au milieu de la nuit.

Le lendemain, je suis allée chez le docteur, qui m’a prescrit des médicaments. Le soir venu, mon père et moi et la famille qui nous accueillis, nous sommes allés manger dans « un hôtel », c’était au fait un restaurant mais on disait un hôtel pour je ne sais quelle raison.

Le jour suivant, on a rebroussé chemin et avons pris le « tugezehe » pour rentrer chez nous. Ce n’est qu’après quelques années que je suis revenue dans la capitale pour une simple visite et que j’ai fait pas mal de bêtises ou disons erreur de débutant que je vous raconterais dans la partie suivante….

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