La modernisation du Kirundi, une affaire de tous

La modernisation du Kirundi, une affaire de tous

Gaspard Banyankimbona, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ©Akeza.net

Sous le haut patronage du Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique Monsieur Gaspard Banyankimbona, une conférence-débat sur la modernisation du « Kirundi »  a été animée par les centres de lecture  CELAB et CEBULAC. La conférence a pris place dans la salle amphithéâtre de l’Université du Burundi Campus Mutanga ce 7 janvier 2019.  A cette conférence-débat, l’attention a été portée sur la langue nationale et ses défis. Le jeune Edmond Aimé Nkinzo Kabushemeye a présenté le projet du clavier numérique en Kirundi.

 

Dans son allocution, le Ministre Gaspard Banyankimbona a tenu à remercier les deux centres CELAB et CEBULAC qui sont à l’origine de cette conférence. Il a également remercié ces chercheurs fondateurs des bases solides qui sous-tendent la langue nationale jusqu’aujourd’hui. Il a notamment cité l’Abbé Jean Baptiste Ntahokaja et Ntahombaye Philippe. Selon lui, il faudrait protéger le Kirundi  de ces autres langues avec lesquelles on la confond. A titre d’exemple, il a donné les langues comme Igiha, Ikinyankore, Ikinyarwanda etc.

Pour ce faire, le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique indique que le gouvernement du Burundi est prêt à soutenir tout écrivain  qui pourra écrire  sur différents aspects du pays ou sur lui-même en langue nationale. «Une maison d’édition conforme aux normes internationales sera ouverte prochainement  pour accompagner ces écrivains », a-t-il ajouté.

 

De l’influence aux nouvelles approches 

Dans son exposé, Jean Bosco  Nzigamiye, Directeur du centre CEBULAC, a montré que le Kirundi comme d’autres langues a été influencé par des langues étrangères. « Un individu possède 6% de connaissance d’une langue si celle-ci n’est pas sa langue maternelle, si c’est dans le cas contraire l’individu pourra l’intégrer qu’à 30 % seulement » a-t-il expliqué. Cependant, le Kirundi devrait être repris par les burundais eux-mêmes. « La langue demande à être bien nourri », a-t-il ajouté. Sinon elle pourrait disparaitre comme certaines langues dans le monde.

Patrice Ntafatiro, chercheur burundais et animateur de l’émission ikirundi c’abarundi, quant à lui,  a voulu améliorer le Kirundi en y apportant les noms aux différents accents utilisés. A titre d’exemple en prononçant le mot « Umutāma » l’accent utilisé serait appelé « Karenge » vu sa forme qui correspond à celle du pied.

 

L’évolution du Kirundi  dans le monde des TIC

L’ambassadeur Willy Nyamitwe étant également chargé des fonds de service  universel des TIC en prenant la parole  a expliqué en quoi consistait ce service. Il s’agit de faire tout ce qui est possible pour que même le citoyen au fin fond du pays puisse profiter des nouvelles technologies d’information et de communication à un prix abordable. Toutefois, le Kirundi devrait  avoir une place notamment dans les logiciels ou dans les navigateurs tels que Google. « D’où la nécessité que nos chercheurs apportent ces mots en Kirundi pour les faire passer dans la base de données de Google » a-t-il précisé.

Toujours dans le domaine des TIC, Edmond-Aime Nkinzo Kabushemeye, jeune burundais habitant au Canada et programmeur de profession qui a longtemps essayé d’écrire en bon kirundi avec son clavier a réussi à créer un clavier qui permettra aux burundais d’écrire le Kirundi avec des  accents de la langue. « J’ai réussi à créer une disposition du clavier favorable à notre langue maternelle. J’espère qu’avec cela  encouragera   la transmission de l’histoire et d’autres œuvres des écrivains burundais  aux autres générations  dont je fais partie qui ont du mal à utiliser le Kirundi  en ce moment  » a-t-il dit. Pour Edmond, il n’est plus qu’une question de temps pour que ceux qui le désirent intègrent ce clavier sur leurs machines ou même sur les téléphones mobiles.

 

La conférence s’est terminée sur des idées relevées par certains professeurs des universités au Burundi pour que le Kirundi puisse être sauvé et bien être sauvegardé. Des idées qui méritent d’être soutenu. Notons que des danseurs et chanteurs du club Amagaba étaient présents  pour embellir le moment et vulgariser encore plus le Kirundi à travers la culture.

 

Huguette IZOBIMPA

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