La marque Margaux Wong : l’incarnation du glamour et de l’élégance

La marque Margaux Wong : l’incarnation du glamour et de l’élégance

Margaux Wong ©DR

D’origine guyanaise, Margaux W. RUSITA est une créatrice du mode qui fait sensation en ce moment à Bujumbura par ses bijoux artisanaux uniques et originaux. En véritable mordue de l’art, elle se passionne dès son jeune âge pour la mode et décide d’en faire son métier en tant que conceptrice de textiles et créatrices de bijoux. Mariée à un burundais et mère de quatre magnifiques enfants, elle se penche actuellement sur des créations en matériaux durables comme les cornes de vaches. Akeza.net est parti à la rencontre de cette artiste d’exception.

Akeza.net : D’où tirez-vous la passion de l’art?

Margaux : Etant fille unique, j’ai grandi avec ma mère et mes grands-parents en Guyane. Ma mère est une grande artiste qui n’a jamais pu exprimer son talent à cause de ses problèmes de santé mais j’ai beaucoup appris en la regardant créer de très beaux objets artistiques. Mon grand-père était aussi passionné d’art ; je dirai donc que je viens d’une longue lignée d’artisans. La passion de l’art m’est venue naturellement très jeune.

Akeza.net : Racontez-nous un peu vos débuts en tant qu’artiste et créatrice de mode

Margaux : A l’adolescence, j’ai été mise en pensionnat et c’est là où j’ai fait la rencontre d’une artiste textile hors pair qui était en fait mon professeur d’art. Durant mon temps libre ou même pendant la nuit, alors que les autres dormaient, je la rejoignais et l’aidais dans son laboratoire où elle peignait des vêtements qu’elle vendait à des particuliers. C’est ainsi que j’ai appris et devenue une artiste textile. Je me suis alors mise à fabriquer mes propres vêtements et une fois à l’université j’ai continué car je voulais me démarquer des autres. J’ai aussi commencé à fabriquer des bijoux avec tout ce qui me tombait sous la main que ce soit du bois, du métal etc. A l’âge de 22ans, j’ai laissé tout derrière moi en allant m’installer en Angleterre. J’ai fait donc mes débuts dans la mode aux côtés de la grande Catherine WALKER qui fut l’une des stylistes préférées de la regrettée Princesse Diana. Travailler avec elle fut une expérience unique et gratifiante qui me sert encore aujourd’hui.

Akeza.net : Pourquoi avez-vous choisi votre nom pour nommer votre marque ?

Margaux : Margaux Wong était en effet mon nom de jeune fille avant de me marier et à l’âge de 17 ans quand j’ai commencé à fabriquer des bijoux et des vêtements, j’ai nommé ma marque à mon nom parce que je ne pouvais trouver un nom plus approprié pour décrire mon expression personnelle de l’art qui était à l’intérieur de moi d’où la marque « Margaux Wong ».

Akeza.net : Comment avez-vous réussi à lancer votre marque au Burundi ?

Margaux : En 2009, moi et mon mari avec nos jumeaux sommes venus nous installer au Burundi avec beaucoup d’espoir d’y prospérer et d’y servir Dieu. Au début ; j’ai passé deux années sans créer, je m’occupais de ma famille, je visitais le Burundi et m’intégrais par la même occasion. Un ami de la famille m’a ensuite envoyé un sac de perles et un kit pour fabriquer des bijoux. Je me suis remise à créer des bijoux et des amies de l’église passaient voir à la maison mes créations. Beaucoup de gens ont commencé à aimer mes bijoux et six mois plus tard j’ouvrais une petite boutique à Kigobe dans laquelle je vendais mes œuvres.

Akeza.net : Quelles ont été vos plus grandes difficultés rencontrées depuis vos débuts sur le sol burundais ?

Margaux : Etant une artiste qui crée à base de matériaux durables, la première difficulté fut celle de trouver les matériaux durables localement. Au début j’ai dû voyager un peu partout dans la sous-région pour trouver la matière première avant de découvrir que je pouvais travailler avec des cornes et des fils de cuivre. L’autre difficulté majeure fut de trouver des artisans qui soient capables de fabriquer des bijoux à partir des cornes de vaches. Mais heureusement, j’ai fini par en trouver qui travaillaient déjà sur l’ivoire. Aussi, le fait que la plupart des burundais ne comprennent pas la valeur de notre art est un problème auquel je me suis heurté. Tout le processus de création est tellement dur et sophistiqué qu’il est tout à fait normal que nos produits aient une certaine valeur sur le marché.

Akeza.net : A présent, jusqu’ où est la marque Margaux Wong est-elle allé ?

Margaux : Dans mon pays natal, j’ai fait beaucoup d’expositions de mon travail avant d’avoir 22ans. Au Burundi, j’ai aussi réalisé pas mal de défilés de mode pour montrer mes créations au grand public, mais j’ai vite réalisé que ce n’était pas vraiment rentable pour le business. Au début de cette année, j’ai participé à une grande exposition internationale à New York où plus de 3000 artisans du monde entier se sont retrouvés pour faire connaître leur art. Ce fut vraiment très bénéfique pour la marque Margaux Wong. Au niveau national, je prépare une foire-exposition ce weekend à Buja Café en compagnie d’autres artisans burundais.
Akeza.net : Quels sont vos projets d’avenir ?
Margaux : On prévoit d’exporter la marque à l’international et conquérir les Etats Unis et le Canada. Je désire aussi m’investir beaucoup plus dans des formations des personnes qui aimeraient apprendre notre art. On compte impacter positivement l’économie nationale et africaine en apprenant les artisans à créer des pièces uniques et pouvoir ainsi vivre de leur art. Certes c’est une grande vision mais on y arrivera doucement en commençant avec les moyens dont on dispose.
Actuellement les créations de la marque Margaux Wong se retrouvent à Kigali, à Londres et à Paris. Localement, elles sont disponibles à Buja Café et à l’Hôtel Source du Nil.

 

 

Propos recueillis par Inès IRAKOZE

ban

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