La femme artiste burundaise a encore un grand chemin à parcourir dans la création musicale

La femme artiste burundaise a encore un grand chemin à parcourir dans la création musicale

La performance de la chanteuse Esther Nish durant l’atelier.©Akezanet

Ce jeudi 05 décembre, l’Amicale des Musiciens du Burundi (AMB) a organisé un « atelier de réflexion sur le rôle de la femme artiste dans la lutte pour les droits de la femme » à l’endroit des femmes artistes burundaises. Placé sous le haut patronage du Ministère de la Culture et des Sports et avec un soutien financier de l’Ambassade de France au Burundi, cet atelier a eu lieu à Kadesh.

Même si les femmes artistes restent encore moins nombreuses, cet atelier a vu la participation de différentes chanteuses et musiciennes notamment Chany Queen, Esther Nish, Bernice the Bell, Pamy Queen, Rachly Nish et d’autres.  Elles sont originaires de cinq provinces : Ngozi, Gitega, Cibitoke, Rumonge et Bujumbura Mairie.

 

La femme burundaise dans la création musicale

Le représentant de l’Amicale des Musiciens du Burundi (AMB), Monsieur Freddy Kwizera alias Botchum, revient sur la conception d’une femme artiste au Burundi dans le temps. « Auparavant une femme burundaise qui osait prendre le micro et monter sur scène pour chanter était mal conçue. On la considérait comme une indisciplinée (en kirundi « ishirasoni ») », déplore-t-il.

Émile Havyarimana, Conseiller à la Direction Générale de la Culture et des Arts, est très heureux de voir la femme burundaise s’intéresser à la musique actuellement. « Autrefois, on croyait que la musique était pour les hommes seulement. Pour le moment, on constate que la femme est aussi représentée », s’enthousiasme-t-il.

Férue de l’art musical depuis les années 1980 et auteure des chansons « Kunda tubane », « Ntuzomporana » et d’autres, Marie Thérèse Ciza, revient sur l’historique de la Burundaise dans la musique à leur époque. « A notre époque, rares étaient les femmes artistes. Nous enregistrions nos morceaux sur une seule piste à la RTNB et souvent nous rentrions à 22h voire 23h », révèle-t-elle.

Tout en évoquant les progrès technologiques dont la femme artiste devrait profiter aujourd’hui, la chanteuse Marie Thérèse conseille aux chanteuses burundaises de ne pas se sous-estimer. « Aujourd’hui, vous êtes chanceuses. Vous pouvez faire mieux que les hommes. Seulement, ayez confiance en vous !», indique-t-elle. Et pour renchérir, elle recommande de s’inspirer toujours de ce qui se passe dans la société et de puiser dans la culture burundaise pour peaufiner leurs œuvres.

 

L’importance de l’atelier 

Bernice Irumva, connue sous le nom de Bernice The Bell, nous parle de l’utilité de l’atelier : « cet atelier m’a appris ce que je ne savais pas en rapport avec le développement de la femme en protégeant ses droits. Nous nous sommes rendus compte qu’une femme artiste devrait être fière d’elle-même tout en luttant pour ses droits et sa tranquillité », confie-t-elle.

 

Pour la chanteuse Ariane La Rochelle Nishimwe alias Rachly Nish, l’atelier lui ouvre les yeux sur comment produire des chansons touchant beaucoup de personnes. « J’ai appris que nous, les femmes artistes, devrions comprendre que nous sommes capables de produire de belles œuvres pouvant conseiller, animer, fortifier, enseigner et divertir », indique-t-elle.

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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