La fabuleuse histoire de Claudine Nimubona : mère de trois enfants, ancienne taxi-moto, désormais “taxiwoman” à Bujumbura !

La fabuleuse histoire de Claudine Nimubona : mère de trois enfants, ancienne taxi-moto, désormais  “taxiwoman” à Bujumbura !

Mariée et mère de trois enfants (deux filles et un garçon), Claudine Nimbona est chauffeur de taxi-voiture dans la ville de Bujumbura depuis six mois. Cette «taxiwoman »  de 33 ans force l’admiration des passagers et du public qui la voient faire la navette au centre-ville (parking en face d’ONATEL), ou au parking de la 9ème avenue à Bwiza.

 

De taxi-moto à taxi-voiture!

Claudine Nimbona habite à Gatumba, Kumushasha 1 (en commune Mutimbuzi). Au départ, elle désire trouver une source de revenus pour avoir facilement de quoi nourrir ses enfants. Audacieuse, elle prend son courage à deux mains et apprend à conduire une moto. Pour cela, elle fait appel aux motards du centre de Gatumba qui l’initient. C’est alors qu’elle commence à faire le déplacement des personnes au moyen d’une moto du centre Gatumba à la frontière Burundo-congolaise et vice-versa.

«Apprendre à conduire une moto n’a pas été facile. Je payais 500FBu ou 1000FBu aux motards de Gatumba qui m’apprenaient comment conduire une moto. Je développais mes capacités au fur et à mesure que je m’exerçais. Un jour, un certain motard m’a laissée seule conduire jusqu’à la frontière. J’ai eu deux clients qui m’ont payé 2000FB alors que je  n’avais payé que 1000FBu au motard. Ce jour là, j’ai constaté que je pourrai trouver de quoi nourrir mes enfants en devenant une motarde. J’ai continué à faire de même jusqu’à ce que quelqu’un me donne sa moto à conduire. J’ai, maintes fois, emmené pas mal de clients au marché Chez Sion et à Kamenge».

Madame Nimbona exerce le métier de motard cinq ans durant (2014-2019). Au cours de ces cinq ans, elle apprend à conduire une voiture grâce aux taximen avec qui elle partage le parking à Gatumba. Elle nous raconte : « Pendant que j’étais motarde, j’ai eu un permis de conduire de niveau A, juste après une année. Un peu après, j’ai pensé à avoir un niveau supérieur. Je donnais 5000FBu ou 10 000FBu aux taximen pour qu’ils m’apprennent à conduire une voiture. J’ai, par après, cherché un permis de conduire de niveau B parce que j’avais l’ambition de devenir un chauffeur de taxi-voiture». Il faudra attendre septembre 2019, pour que son rêve devienne une réalité.

 

La trentenaire a le droit de parking au centre-ville, tout près de l’entreprise de télécommunication ONATEL, et à la 9ème avenue de Bwiza. Isaac Akimana, chef-adjoint du parking à la 9ème avenue de Bwiza nous raconte comment Madame Claudine Nimbona est venue à leur parking. «Une personne est venue me demander si Madame Claudine pouvait être accueillie à notre parking entant que « taxiwoman ». Quand j’ai parlé avec les autres taximen, ils n’ont pas accepté directement. Ils ont d’abord voulu voir son permis de conduire. Elle a alors apporté son permis de conduire. Comme il n’y a aucune loi interdisant les femmes à être chauffeurs de taxis-voitures, nous l’avons accueillie à bras ouverts », atteste-t-il.

 

Une femme fière !

Madame Claudine se réjouit : « Présentement, je suis fière d’exercer ce métier de taxi-woman. Après avoir payé le versement journalier au propriétaire du véhicule, il me reste une certaine somme qui me permet de subvenir aux besoins de ma famille. Je suis surtout heureuse et à l’aise quand je rentre à la maison après une journée de travail et que mes enfants obtiennent de quoi à mettre sous la dent. Je me regarde dans un miroir et je suis content de savoir que tout ça est généré par mon labeur ».

« Parfois, je me demande si, à cette heure, j’étais en train de mendier dans les rues, combien gagnerai-je ? » dit-elle encore.

D’emblée, elle fait un clin d’œil aux autres femmes: « Il ne faut pas se faire des illusions que tel ou tel autre travail est réservé aux hommes uniquement. Si, moi je suis chauffeur de taxi pour le moment, c’est que d’autres femmes peuvent le devenir aussi. Nous devrons donc être des touche-à-tout pour avoir accès à tous les métiers en montrant notre dynamisme pour le triomphe de notre honneur. Une chose dont je suis sûre, c’est que nous sommes capables de faire certaines choses comme les hommes»

Madame Claudine Nimbona déplore qu’elle n’ait pas encore eu quelqu’un qui pourrait lui confier sa voiture pour une longue durée. Lorsque nous l’avons rencontrée, elle avait un taxi-voiture qu’elle devait remettre dans trois jours. Heureusement que grâce à ses connections, elle trouve toujours quelqu’un pour lui confier une voiture au moins pour quelques heures. En attendant mieux…

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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