La Chronique Spéciale du Vagabond : « Pourquoi je ne chanterai pas ! »

La Chronique Spéciale du Vagabond : « Pourquoi je ne chanterai pas ! »

Coucou tout le monde ! J’espère vous pétez la forme. Moi je suis top comme toujours. Tellement au top que j’ai envie de parler de ce qui nous met tous de bonne humeur. Je vais parler de musique et précisément d’une espèce de fausse polémique que certains « artistes » burundais ont tenté de lancer. Je dis tenter parce qu’en vrai tout le monde s’en fout un peu. Et comme j’aime bien déranger, je vais les titiller. Il faut bien que quelqu’un s’y mette. Alors ne perdons pas de temps. C’est parti !

 

L’histoire

Tout commence il y a quelques mois, lorsqu’un des DJs, parmi les plus connus de Bujumbura décide de sortir son propre morceau. Je ne vais pas citer son nom, vous connaissez tous DJ Philbyte. Oups ! Mon Dieu ! Comment on a dansé sur « Oloha », un truc de ouf ! Dansant, entrainant, bien fait, c’était un vrai club banger. Seulement, pendant que l’on s’amusait à « Oloher » dans la joie et la bonne humeur, certaines personnes ne l’ont pas très bien prit qu’un DJ, sensé jouer la musique des autres, réussisse à faire danser les « towners » sur sa propre musique. Mais comme le phénomène n’est pas très grand, ils n’ont pas fait de bruit. Ce qu’ils étaient loin d’imaginer, c’est que le phénomène allait prendre une autre dimension. Après Philbyte, ce fût le tour de DJ Paulin qui va sortir « Doda ». Le pire c’est qu’il le fait avec les artistes les plus en vogue à moment-là. B-Face et MB Data. La vague est violente, le « towner » va « Doder » à tort et à travers. On l’entendait partout.

Ce nouveau club banger va être suivi d’autres morceaux qui vont chacun connaître un succès. Pendant ce temps, le cœur de certains se gonfle, on dirait ballon de football. Les gars n’en peuvent plus. Les DJs dérangent et ce n’est pas bon pour le business. Et pendant que les gars préparent leur réplique, l’animateur radio et MC, Ami Pro va mettre le feu aux poudres en sortant son « Shuha ». Comme s’il savait ce que ça allait créer parce qu’un petit feu va s’allumer.

Qu’un DJ se mette à faire des chansons, ça passe. Mais si les gars de la radio s’y mettent à leur tour, c’est trop. On est où là ? On est au Burundi Papa. Waruzi ?

Non, mais je te dis hein ? Depuis quand on n’a plus le droit de faire ce qui nous plait ?

D’accord, j’avoue que c’est quand même curieux qu’un animateur radio se mette à faire de la musique, ou qu’une youtubeuse décide de se faire un petit kiff. Mais pourquoi ça dérange les artistes ? Pendant que les autres essayent de prouver qu’ils sont capables de mobiliser les foules et de produire des morceaux d’anthologie, nos chers « Stars » ont décidé de se plaindre que des inconnus au bataillon décident de se faire plaisir. Soit ils n’ont rien à faire, soit ils doivent avoir peur de perdre des fans. Ce qui dans ce cas voudrait dire que l’ « indasie » – comprenez industrie musicale – locale va très mal.

Pourtant ce n’est pas nouveau. Partout dans le monde, les gens se font plaisir et sortent des musiques. Tony Parker, Claudi Siar, Kevin Prince Boateng, Hugh Laurie (Dr House), autant de personnes qui ont sorti des chansons sans devenir l’équivalent de Nicky Minaj ou de Jay-Z. On se fait son kiff et la vie continue. A les entendre on a l’impression que la musique est une sorte de chasse gardée, réservée à une certaine catégorie de personnes et à personne d’autre. Si au moins ces personnes étaient tous des génies à la Steve Wonder, on comprendrait. Mais il faut se dire la vérité, la majorité n’arrivent même pas à faire danser, la moitié de leur rue et ils se revendiquent dépositaires exclusifs d’un art qu’ils sont loin de maitriser. Oh pardonnez ! Les autres chantent, ça vous pique où ?

Et d’ailleurs, on a tous le droit de chanter et de faire la musique comme cela nous chante. On tentera quand même de ne pas froisser la loi sinon on sait ce qui arrive (Une pensée pour toi Délégué Général). Ces « musiciens » qui se plaignent que la musique soit devenu un foure tout, n’ont pas demandé la permission pour faire des chansons. Ils en ont fait et nous l’ont présenté comme l’herbe qui pousse au milieu d’un jardin. On les accepte ou pas mais ils ont fait comme ils le sentaient. Alors, qu’ils laissent les autres se faire plaisir et le peuple jugera. Mais entre nous et à voix basse, le public n’est pas prêt de les rejeter. Façon ils nous font danser, « Bazoramba ».

Alors un petit conseil, faite votre musique, prouver leur et au public que c’est vous les vrais stars et puis on va avancer. En attendant moi je vais écouter « Nshaka » de Mo’w Kanzie et passer une belle soirée.

 

Sur ce, prenez soin de vous et passez un bon week-end

 

Le Vagabond

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