La Burundian Young Lawyers Association « BYLA » veut porter des avocats entreprenants

La Burundian Young Lawyers Association « BYLA » veut porter des avocats entreprenants

La Burundian Young Lawyers Association ‘’BYLA’’ a débuté ses activités fin décembre 2018. Dans une conférence-débat avec les jeunes avocats le vendredi 3 juillet  , Maitre Diane KAGWIZA, présidente de BYLA, sensibilise ses confrères jeunes avocats à travailler en association et à entreprendre pour construire petit à petit leur nom.

” Nous avons voulu être plus indépendants et ne plus être obligé de demander la permission aux conseils d’ordre des avocats auxquels nous appartenons afin d’étudier nos questions spécifiques “, explique Maitre Diane KAGWIZA, présidente et représentante légale de l’association des jeunes avocats burundais “BYLA”.

©Photo de famille des jeunes avocats participant à la conférence-débat de BYLA

En 2019, l’association BYLA s’est mise à confectionner son plan stratégique, le règlement d’ordre intérieur et les statuts. Elle a intégré la Fédération Africaine et Union des Jeunes Avocats ‘’ FA-UJA’’. Dans son exposé,Maitre Diane KAGWIZA indique que l’année 2020 doit être une année d’activités malgré le peu de moyen dont dispose l’association.

Dans les interventions qui ont suivi son exposé, les jeunes avocats dans l’audience ont souhaité qu’il y ait beaucoup de formations pour eux car le droit est vaste et touche beaucoup de domaines. Sur ce, Maître Diane KAGWIZA a promis d’inviter des avocats seniors dans la prochaine conférence-débat pour que ces derniers partagent leur expérience et sagesse dans le traitement des dossiers des clients.

Au cours du deuxième exposé, Maître Happy NTWARI a rappelé à ses confrères pourquoi ils ont choisi le métier d’avocat. ‘’ Vous êtes entré sur le terrain de la loi et vous ne retournerez plus en arrière’’, leur a-t-il dit. « Osez entreprendre en mettant en place un plan d’affaires, étudiez le marché et faites la prospection», ajoute-il.

Selon cette même logique, Maître Eliane KAZENEZA raconte qu’elle s’est spécialisée en droit pénal. ‘’ Mais je continue de travailler avec les avocats spécialistes dans d’autres domaines juridiques pour satisfaire tous les clients qui sollicitent mes services’’, dit-elle. Maître Happy NTWARI rebondit sur ce sujet et indique qu’un avocat spécialiste dans un domaine est plus rapide que celui qui ne l’est pas.

De son côté, Maître Rodrigue MAJAMBERE, chargé de la communication chez BYLA, compare le plan d’affaires ou business plan à un tableau de bord. ‘’ Cela vous permettra d’élaborer les objectifs à atteindre une fois installé dans votre bureau’’,précise-t-il.

Maître Tony TUNEZERWE déplore de sa part qu’il y ait de jeunes avocats qui n’ont pas de bureau et qui désorientent les clients. Ainsi Maître Happy NTWARI trouve impératif que l’avocat puisse entreprendre pour s’équiper et soigner son image. Même son de cloche chez Maître Elaine KAZENEZA :« un avocat doit être organisé, intègre, garder la dignité et la confidentialité ». Et Maître Happy NTWARI de conclure : « un avocat doit savoir épargner une partie de ses honoraires pour pouvoir entreprendre et s’équiper davantage afin de pouvoir migrer vers l’avocat entreprenant ou moderne ».

Il en faut de la patience aux jeunes avocats pour pouvoir toucher les premiers honoraires. ‘’ J’ai attendu 4 ans dans un cabinet avant de pouvoir empocher mes premiers honoraires’’, raconte Maître Tony TUNEZERWE qui conseille aux jeunes avocats de faire preuve de persévérance.

Partageant son expérience, Maître Kelly REMESHA, fille du bâtonnier NTAKIYICA, raconte comment elle croyait pouvoir hériter du cabinet de son illustre père qu’elle admirait beaucoup. Très vite elle a embrasse la faculté de droit mais son père décède en 2012 deux ans avant qu’elle n’obtienne sa licence en droit. Lorsqu’elle prête serment en 2014, Maître KIYUKU (un ami de son père) lui explique qu’elle ne peut pas reprendre le cabinet de son père avec les dossiers des clients. ‘’ Tu dois te faire un nom et ce sont les clients qui viendront vers toi ’’, explique Maître KIYUKU à un jeune avocat désemparé. Maître Kelly REMESHA finira par se chercher un mentor compétent pour l’accoutumer dans le métier d’avocat. Et une aventure venait de commencer. Une aventure qui continue, toujours, dans les traces de son père.

Olivier BIZIMANA

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