Kent-P : Du slam à la réalisation de clips vidéo

Kent-P : Du  slam à la réalisation de clips vidéo

Kent-P ©Design by Akeza.net

Too Much, Ntundekure, Your Vodo ou encore Urambabaza, tous ces clips vidéos ont un point commun : ils ont tous été réalisé par Kent-P le jeune réalisateur qui casse les codes de la réalisation de clips au Burundi. Avec une vidéographie dont il peut être fier, le jeune réalisateur est parti pour devenir une référence dans le domaine au Burundi.

« Au départ je voulais devenir infirmier »

Kent-P est surement le réalisateur le plus en vue du Burundi, pourtant devenir réalisateur était loin d’être le rêve d’enfance de ce natif de Kinama. Né NZEYIMANA Ismaël, le jeune Kent-P avait d’autres projet pour son futur. « Au départ je voulais devenir infirmier, mais le monde des arts m’a attiré et j’ai fini par changer d’avis ».

C’est dans les années 2000 que Kent s’intéresse à l’univers des arts et de la culture. « J’étais élève au Centre Scolaire Congolais et à l’époque je faisais du slam et j’étais dans les équipes de génies en herbes. Le slam me plaisait beaucoup et j’ai commencé à enregistrer quelques morceaux slam ».

C’est en voulant faire des clips pour ces morceaux qu’il commence à s’intéresser à la réalisation vidéo. Cela pour pouvoir un jour le faire seul, puisque les réalisateurs de l’époque étaient lents. « Ils te faisaient (les réalisateurs) attendre 3 semaines ou un moins avant de te livrer le clip. Je me suis donc dis que je devrais apprendre à le faire moi-même » raconte-t-il.

Your Vodo (Best Life Music), réalisé par Kent-P

En fréquentant les studios d’enregistrements, le jeune slammeur rencontre d’autres jeunes musiciens qui lui proposent de mettre ses textes en musique. Il enregistre donc avec le groupe Lion-G le morceau « Chanzo Cha u Star » en 2009. Non satisfait de la réalisation, Kent va décider de s’y coller lui- même et de refaire intégralement le montage du clip, qui va sonner les débuts du jeune slammeur dans la réalisation vidéo.

Si pour Kent-P cela lui ouvre les portes d’un nouveau monde, sa famille ne verra pas cela d’un bon œil qui décidera de l’exiler en quelque sorte, histoire de l’éloigner de l’univers des artistes. « Pour ma famille la vie d’artiste n’était pas une bonne chose. Elle voulait que je me concentre sur mes études. Ils ont donc décidé de m’envoyer à Lubumbashi (R.D Congo) pour que j’y poursuive mes études et surtout pour m’éloigner de monde des artiste ». Mais cet exil plus ou moins forcé n’a pas eu de grand effet sur les ambitions artistique du jeune homme. En effet à Lubumbashi, il s’intéresse encore plus au monde de la vidéo et particulièrement à l’animation 3D.

Revenu au pays en 2011, après 1 an passé en R.D Congo, Kent-P est plus que jamais décidé à devenir réalisateur. Il convainc sa mère du bien-fondé de sa démarche et celle-ci deviendra son premier soutien dans sa carrière. C’est elle qui va lui acheter son premier ordinateur et lui payer des formations.

 

Un travail de longue haleine

Entre son premier clip complètement amateur et ses dernières réalisations, Kent-P a fait du chemin. Cela est le fruit d’un travail de longue haleine. Un travail qui a demandé de la passion, de la persévérance et l’amour du métier. « Si j’ai réussi à évoluer, c’est parce qu’à la base j’aime vraiment ce travail et j’avais une vision. Je me disais que dans les 3 ou 4 années qui viennent, je dois devenir un très bon. Pour mes amis cela paraissait comme une blague, mais aujourd’hui cela commence à se concrétiser ». Et comme tout jeune qui se lance dans un métier, Kent-P  a été inspiré par d’autres réalisateurs et beaucoup plus par le réalisateur nigérian Clarence E. Peter.

Devenir un bon réalisateur demande également de la créativité. Pour Kent-P tout se joue sur la capacité à innover, à proposer aux artistes et au public quelque chose de nouveau, d’artistiquement beau, qu’ils n’ont jamais vu faire au Burundi. Et c’est ce souci de la nouveauté qui a toujours guidé le jeune réalisateur. « Je travaille toujours avec l’idée de faire nouvelle chose, d’apporter du neuf et surtout d’éviter que les vidéos se ressemblent. C’est le seul moyen de faire avancer la profession au Burundi ».

Too Much (Sat-B), réaliser par Kent-P

Ce long travail sur la qualité a fini par payer, puisque Kent-P enregistre aujourd’hui les meilleurs clips vidéo de l’industrie musicale burundaise. Il a travaillé avec la plus part des stars de la scène burundaise, aussi bien des anciens que des jeunes, dont Sat-B (Too Much), Big Fizzo (Urambabaza), Lolilo, MasterLand(Ntundekure) ou encore les groupe Peace and Love (Nta bundi Buhinga) et Best Life Music (Your Vodo). Des clips de très bonne qualité qui lui valent aujourd’hui la reconnaissance de ses paires.

 

Des rêves de grandeur

Kent-P nourrit de grande ambition pour son avenir et pour l’avenir du métier de réalisateur au Burundi. En effet, l’un de ses grands rêves est celui de voir les clips vidéo burundais être aussi compétitif que le sont les vidéos d’autres pays. « L’objectif est de faire rayonner le Burundi au niveau international. Faire en sorte que l’on sache qu’il y a du talent au Burundi et que l’on est capable d’accomplir de grande chose. Pas uniquement moi, mais toute la profession ». Personnellement, voir des vidéos telles que Your Vodo (Best Life Music) et Ivyo Bintu (Sat-B feat Magic Washington) se retrouver sur des chaines internationales est déjà un rêve qui se réalise. Et pour Kent-P, le meilleur est à venir.

Avoir des ambitions et des rêves plein la tête, Kent-P veut conquérir le monde et il sait qu’à force de travailler dur et avec beaucoup de volonté, son travail traversera le monde.

 

Moïse MAZYAMBO

Comments

comments